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Par Guillermo Alvarado

Ces derniers jours 15 personnes sont mortes dans deux incidents séparés lorsqu'elles essayaient d'entrer sans papiers aux États-Unis, poussées toutes par le même motif : la pauvreté terrible dans laquelle elles vivent dans leurs pays d'origine et par tous les maux associés à cette situation dont l'abandon dont elles sont victimes de la part des autorités.

Le cas de 10 immigrants qui sont morts par asphyxie à l'intérieur d'un camion de transport de marchandises qui n'avait ni ventilation ni climatisation. Ils voyageaient avec 29 autres personnes qui ont réussi à survivre aux conditions infâmes auxquelles elles ont été soumises par les trafiquants d'êtres humains.

Selon les témoignages de leurs proches, ils ont dû payer aux tristement célèbres « polleros » ou « coyotes » des sommes allant de 3 500 à 7000 dollars. Dans la plupart des cas cet argent est sorti de la vente ou de l'hypothèque de leurs rares biens.

Les médias ont accordé encore moins d'attention à la mort, quelques jours après, de 3 femmes et de deux hommes, qui sont morts noyés dans le fleuve Bravo, à proximité de la ville de Juárez, dans l'état mexicain de Chihuahua.

Dans tous les cas, il s'agit de personnes jeunes dont beaucoup de parents de famille, qui ont quitté leurs foyers à la recherche du mal nommé « rêve américain » qui, dans la plupart des cas tourne au cauchemar où ils sont censés trouver ce qui leur a été refusé dans leur pays et où ils pourront bâtir un avenir pour eux et pour leurs proches et échapper ainsi du fléau de la pauvreté.

Ce sont des victimes de la pauvreté qui touche les pays du Triangle Nord Centraméricain : le Salvador, le Honduras et le Guatemala, ainsi que de vastes zones du Mexique, un pays où cohabitent deux mondes ; l'un marqué par une opulence révoltante et l'autre qui manque de tout ce qui est indispensable.

Leur vie est tellement dure que malgré tous les dangers qu'implique un voyage au cours duquel ils n'ont pour protection que le hasard et des âmes charitables disposées à soulager leurs peines, ils décident de tout abandonner pour prendre d'assaut un monde idyllique qui leur est présenté par le cinéma, la télévision, les revues et la publicité mais auquel l'entrée est sévèrement interdite et, dans bien des cas, la mort est le prix qu'ils doivent payer. 

En plus, maintenant ils doivent faire face aux politiques migratoires du président des États-Unis Donald Trump, marquées par le racisme et la xénophobie ce qui est paradoxal dans un pays qui est né, qui a grandi et qui est devenu une puissance grâce aux vagues d'immigrants qui, à travers l'histoire, sont arrivés pour travailler et générer des richesses.

Ni les murs ni les menaces n'ont réussi à arrêter le moteur d'impulsion qu'est le désespoir. Durant le premier semestre de cette année 104 288 personnes, ont été interceptées à la frontière des États-Unis. L'on ne sait pas combien ont réussi à la traverser et moins encore combien sont mortes en essayant de le faire.

Beaucoup de cadavres d'immigrants gisent sur les sables des déserts, dans les lits des fleuves ou dans des tombes clandestines disséminées sur le territoire mexicain ce qui démontre que la pauvreté est une des formes les plus atroces et révoltantes de violence dont peut souffrir un être humain.

 

 

 

Edité par Reynaldo Henquen
source: http://www.radiohc.cu/fr/especiales/comentarios/136632-la-violence-de-la-pauvrete
Tag(s) : #monde

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