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Le Parti communiste sud-africain (SACP) condamne les attaques et menaces xénophobes et appelle à l'unité et à la solidarité de la classe ouvrière

06/05/2026, 15h42

 

Parti communiste sud-africain

Le SACP condamne les attaques et menaces xénophobes et appelle à l'unité et à la solidarité de la classe ouvrière

Vendredi 5 juin 2026 : Le Parti communiste sud-africain (SACP) rejette et condamne fermement les violences et menaces de violence xénophobes à l'encontre des immigrés. Rien ne justifie les mauvais traitements infligés à un migrant, quel que soit son statut légal.

Le SACP appelle à l'unité, et non à la division de la classe ouvrière et des plus démunis. Nous appelons à la paix, et non à la violence ou à la vengeance. Nous avons besoin de plus de solidarité entre les travailleurs, et non d'élimination mutuelle, et non de destruction. Nous appelons également à la mise en œuvre d'une politique migratoire saine et humaine, et non à des chasses aux sorcières arbitraires et à des abus.

Le Parti communiste sud-africain (SACP) reconnaît, bien entendu, la crise généralisée de l'immigration clandestine comme un problème politique légitime pour l'Afrique du Sud, les autorités étatiques s'étant montrées incapables, au fil du temps, de la gérer efficacement. Nous appelons donc à la mise en place de mécanismes étatiques proactifs et efficaces pour traiter cette question dans le respect du droit.

La migration constitue un défi persistant, resurgissant parfois à des moments clés et restant parfois latente, mais toujours présente. Or, à aucun moment, l'État n'a apporté de réponse politique globale, prévisible, mesurable, efficace et cohérente pour y faire face, ni même pour la comprendre pleinement. Les interventions mises en œuvre se sont avérées incohérentes, non structurées et mal adaptées, donnant une vision déformée de la nature et de la gravité du problème. Pour le citoyen lambda issu de la classe ouvrière et vivant dans des zones à forte concentration de migrants pauvres, cette crise était vouée à surgir et à dégénérer en une catastrophe incontrôlable.

À ce moment critique de l'histoire de l'Afrique du Sud, marqué par une crise capitaliste transversale ayant engendré chômage de masse, pauvreté et un appareil d'État fortement affaibli, incapable de répondre efficacement aux migrations et à la misère, nous sommes contraints de trouver des solutions là où le système étatique a failli. L'incapacité de l'État à répondre de manière cohérente à la crise de la pauvreté et des migrations découle de problèmes systémiques de capacités qui préexistaient à la flambée de violence actuelle. La classe ouvrière, qu'elle soit migrante ou citoyenne, est objectivement confrontée aux plus graves difficultés économiques, qui se manifestent de diverses manières dans son quotidien.

Fondamentalement, il s'agit donc d'une manifestation de l'échec du système capitaliste dans un pays affichant parmi les taux de chômage les plus élevés et les plus inégalitaires au monde. Ces défis ne sont pas le fruit du hasard, mais découlent des lois qui régissent le capitalisme mondial. L'impérialisme et l'héritage colonial ont engendré un développement extrêmement inégal sur le continent africain. Les guerres, l'instabilité économique et la pauvreté dans les pays voisins poussent des travailleurs et des familles désespérés à chercher des opportunités hors de leurs frontières. Au sein même de nos frontières, le capitalisme crée une immense armée de réserve de main-d'œuvre, instrumentalisant la concurrence pour comprimer les salaires et dégrader les conditions de travail.

L'économie sud-africaine, ancrée dans une trajectoire néolibérale, se révèle objectivement incapable de créer davantage d'emplois, notamment en raison de son incapacité à s'industrialiser. Ces limitations économiques se manifestent par des affrontements entre membres d'une même classe ouvrière, dans un contexte de raréfaction des ressources, de diminution des opportunités d'emploi et de perspectives économiques quasi inexistantes. Accuser uniquement les travailleurs africains de ces problèmes systémiques ne fait que servir les intérêts de la classe dirigeante et détourner l'attention des véritables ennemis de la classe ouvrière : le capital monopolistique, la corruption et les politiques qui privilégient le profit au détriment des personnes. La guerre entre travailleurs en situation régulière et travailleurs en situation irrégulière est injustifiée.

La solution réside dans une approche multidisciplinaire fondée sur une solidarité ouvrière profonde, plutôt que sur des attaques violentes et autres actes d'agression qui déshumanisent les migrants. Nous appelons à l'élaboration et à la mise en œuvre d'une politique et d'un système migratoires complets et efficaces, fondés sur des mesures d'application appropriées et efficaces, tout en renforçant la capacité de l'État à gérer les migrations de manière durable et en instaurant un système rigoureux d'application du droit du travail par le biais du développement du ministère du Travail.

---- PUBLIÉ PAR LE PARTI COMMUNISTE SUD-AFRICAIN,

FONDÉ EN 1921 SOUS LE NOM DE PARTI COMMUNISTE D'AFRIQUE DU SUD

source : https://www.solidnet.org/article/South-African-CP-SACP-condemns-xenophobic-attacks-and-threats-and-calls-for-working-class-unity-and-solidarity/

Tag(s) : #SACP

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