Cuba commémore le 68e anniversaire de l'assassinat du journaliste équatorien Carlos Bastidas
Par Carlos Serpa Maceira
Mise à jour par Carlos Serpa Maceira le 13 mai 2026
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Hommage à Carlos Bastidas
L'Union des journalistes de Cuba (UPEC) a commémoré ce mercredi à La Havane le 68e anniversaire de la mort de Carlos Bastidas Arguello, reporter et révolutionnaire équatorien, assassiné à Cuba le 13 mai 1958 par des hommes de main de la dictature de Batista.
L'hommage a eu lieu au Panthéon des vétérans de la guerre d'indépendance, au cimetière Colón de la capitale cubaine, où repose la dépouille de Bastidas. Parmi les personnes présentes figuraient Bolivia Tamara Cruz, première vice-présidente de l'UPEC, et Tubal Paez Hernandez, président d'honneur de l'UPEC et lauréat du prix national de journalisme José Martí pour l'ensemble de sa carrière, ainsi que d'autres professionnels de la presse cubaine.
Lors de l'hommage rendu à Carlos Bastidas, il a été révélé que, durant une période difficile et tumultueuse, Bastidas était parvenu à se rendre à Cuba et à gravir la Sierra Maestra, à entrer en contact avec les forces de l'Armée rebelle et à interviewer le commandant en chef Fidel Castro.
Étaient également présents à l'hommage Juan Carlos Ramírez Heras, vice-président de l'UPEC (Union des journalistes cubains) ; Juvenal Balan, lauréat du prix José Martí pour l'ensemble de sa carrière ; et Milton Díaz Cánter, président du Cercle des correspondants de guerre.
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Carlos Bastidas, journaliste équatorien.
Utilisant le pseudonyme d'Atahualpa (le dernier empereur inca), il communiquait avec le peuple cubain par le biais de Radio Rebelde, devenant un contributeur important aux premières émissions de la station.
Il avait alors 23 ans, mais possédait déjà une solide expérience journalistique, ayant couvert des événements majeurs pour diverses publications équatoriennes, tels que la chute des dictatures de Rojas Pinilla en Colombie et de Pérez Jiménez au Venezuela.
Dans la nuit du 13 mai, veille de son départ, il se rendit dans un bar de l'avenue du Prado, entre les rues Virtudes et Neptuno, où il devait récupérer des lettres de membres du Mouvement du 26 juillet destinées aux exilés cubains aux États-Unis. De là, il comptait dénoncer les crimes commis par l'aviation de Batista contre les communautés rurales.
Alors qu'il attendait à l'intérieur du bar, un agent secret du régime de Batista, travaillant pour le général Pilar García, chef de la Police nationale, commença à insulter le journaliste équatorien, puis le roua de coups. Il sortit ensuite son revolver et lui tira une balle à bout portant dans la tête, le tuant sur le coup.
Pas un seul article ne parut dans la presse de l'époque, soumise à la censure la plus stricte, concernant ce meurtre brutal, il y a 68 ans. Le corps sans vie de Carlos Bastidas fut transporté à la morgue sur ordre de la police.
Le Collège des journalistes de La Havane fut informé de l'incident et, après de nombreux obstacles, parvint à récupérer sa dépouille trois jours plus tard. Le corps fut exposé au funérarium situé à l'angle des rues Calzada et K, et il fut inhumé le lendemain dans le carré des journalistes du cimetière Colón.
Cet odieux assassinat choqua l'opinion publique en Équateur et dans toute l'Amérique latine. À Cuba, le Collège national des journalistes lui rendit un hommage posthume, et depuis la Sierra Maestra, Fidel Castro écrivit un éditorial qu'il lut à haute voix sur les ondes de la radio rebelle.
« Ceux qui connaissent la gratitude proverbiale des Cubains envers les hommes qui, dans toutes nos épopées de libération, sont venus de contrées lointaines pour donner leur sang et leur vie pour notre patrie comprendront notre douleur », déclara le commandant en chef dans cette allocution.
source : https://www.radiohc.cu/54156-2/
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