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Publié le 11 mars 2026
Le maire, c’est l’élu qu’on croise, qu’on interpelle, qu’on peut contredire. Celui qui est comptable, chaque jour, de décisions très concrètes : ouvrir une école, maintenir et développer un centre de santé, loger des familles, réparer une rue, soutenir une association. Si la confiance locale tient, c’est parce que la commune travaille à partir du réel : la vie quotidienne, l’expérience des habitants. Elle transforme concrètement la vie des gens.

Cette confiance s’explique aussi par contraste. Depuis plusieurs années, Emmanuel Macron a fragilisé la vie démocratique du pays. À force de contournements, d’artifices institutionnels, de verticalité assumée et de passages en force, le pouvoir national est devenu un facteur d’instabilité et de défiance plutôt qu’un point d’appui collectif. La parole publique s’est abîmée et les citoyens se sont éloignés des institutions nationales. Dans ce contexte, la politique locale apparaît comme un refuge de stabilité et de continuité.

Pouvoir d’achat, insécurité, santé, logement : ce sont ces questions qui arrivent en premier dans nos permanences. Et on ne peut pas y répondre par des slogans. Le pouvoir d’achat, ce n’est pas une abstraction : c’est le prix du repas à la cantine, l’accès à une alimentation digne, la possibilité de se soigner sans avance de frais, de se déplacer sans s’endetter. À Montreuil, nous avons investi dans des services publics locaux solides : centres municipaux de santé, mutuelle communale, restauration collective publique, solidarité alimentaire.

Le logement est au cœur de tout. Sans toit stable, rien ne tient. Nous défendons le logement social comme un bien commun, et non comme une variable d’ajustement : plus de 40 % du parc est social à Montreuil et nous imposons des quotas élevés dans les programmes neufs. Mais les communes ne peuvent pas, seules, réparer les dégâts de décennies de désengagement national. Quant à la sécurité, elle ne se résume pas à l’empilement répressif : elle se construit par la présence humaine, l’école, le sport, la prévention, la culture, la santé, l’urbanisme — bref, par une République qui tient sa promesse d’égalité, partout.

Les logiques austéritaires poussent les communes à tenir à bout de bras. À Montreuil, nous avons assaini les finances sans renoncer à l’essentiel : écoles, espace public, mobilités douces, transition écologique. Or, face au dérèglement climatique, ce sont les villes qui agissent en première ligne : planter des arbres, désimperméabiliser, créer des îlots de fraîcheur, préserver l’eau, renforcer les espaces verts. Accuser ensuite les collectivités de creuser le déficit est injuste et irresponsable.

Pour renforcer les biens communs, nous faisons le pari de la coopération en nous appuyant aussi sur la force de Montreuil : son tissu associatif. Dans quelques mois, nous ouvrirons la première maison de naissance de Seine-Saint-Denis au sein de notre hôpital : sans reste à charge, dans un environnement bienveillant et sécurisé, adossé à une maternité. L’eau est revenue en régie publique, la restauration collective est un service municipal, l’alimentation solidaire est pensée comme un droit. Et nous investissons dans l’éducation, la lecture, l’accès au livre, parce que l’émancipation commence là.

Tout cela dessine une ville qui refuse la résignation. À l’heure où l’extrême droite prospère sur les fractures et les colères abandonnées, notre responsabilité est claire : réparer, relier, protéger, et prouver, par l’action, qu’un autre avenir est déjà en construction.

Patrice Bessac
Maire de Montreuil

Article publié dans CommunisteS, numéro 1077 du 11 mars 2026.

source : https://www.pcf.fr/montreuil_ville_qui_refuse_resignation

Tag(s) : #PCF

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