Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publié le 04 février 2026

Le carré rouge (série) - Le Mur (2)

En quelques épisodes nous allons vous accompagner pour découvrir le cimetière du Père-Lachaise. Enfin, y prétendre serait présomptueux, aussi au travers d’un aperçu rapide de son histoire, nous nous dirigerons plus particulièrement vers un espace que l’on nommera le « Carré rouge ».

C’est un trou de verdure où chaque dernier week-end de mai chante le Paris républicain, accrochant au « Mur » des couronnes, déposant gerbes et œillets rouges à son pied. Sur le « Mur » une plaque : « Aux morts de la Commune 21-28 mai 1871 » (76e division). Comme le symbole d’un printemps accompli, s’élève alors « Le temps des cerises » de Jean-Baptiste Clément (76e division), puis montent à l’assaut du ciel les couplets de l’Internationale, œuvre emblématique d’Eugène Pottier (95e division).

Ici, le 27 mai 1871, acculés par les Versaillais de Thiers, les derniers combattants de la Commune sont massacrés. Le 28, dernier jour de la semaine sanglante, 147 prisonniers sont alignés sur ce mur, fusillés et jetés dans une fosse à son pied.

Tous les ans, depuis mai 1880, a lieu « la montée au Mur ». Le nombre de participants fluctue au gré du contexte politique, de la qualité de l’union des forces organisatrices et des préfets de police.

Dans ce cimetière, 50 communards y sont inhumés. Le 6 avril 1871, Gustave Flourens (66e division), général chargé de la défense de Paris. À partir de 1876 sa sépulture devient le premier point de rassemblements politiques. Se succèdent ainsi, les obsèques de Blanqui en 1881 (91e division avec un gisant de Dalou), 100 000 personnes y assistent ; Delescluze en 1883 (49e division) ; Eugène Pottier en 1887, 10 000 personnes y sont présentes ; Eudes en 1888 (91e division), le cortège est pris dans un guet-apens policier (plus de 100 blessés femmes et enfants), devant la sépulture, Louise Michel prendra la parole. Celles de Jules Vallès en 1885 (66e division) suivies par 100 000 personnes, Vaillant et Longuet y prendront la parole. En 1903 Jean-Baptiste Clément, 5 000 personnes assistent à ses obsèques.

D’autres républicains y furent également inhumés : Ivan Salmon, dit Victor Noir (92e division). Ses obsèques ont lieu le 12 janvier 1870 à Neuilly, et donnent lieu à un rassemblement de 200 000 personnes exigeant son inhumation au Père-Lachaise, ce sera chose faite le 21 mai 1891 avec un gisant réalisé par Dalou ; François-Vincent Raspail (18e division). Le 13 janvier 1878, 400 000 personnes accompagnent, d’Arcueil au Père-Lachaise, le républicain de juillet 1830, de 1848 et de la proclamation de la deuxième République, celui qui votera contre la déclaration de guerre en 1870 et pour l’amnistie des communardes. En 1853, alors qu’il est en prison, sa femme, Henriette Adélaïde Troussot, décède, 50 000 personnes assisteront à ses obsèques. Le caveau réalisé par Antoine Étex représente sa femme voilée, telle un spectre, la main posée sur les barreaux d’une prison.

Le Mur des fédérés est classé monument historique en 1983 et, avec lui, la mémoire révolutionnaire ouvrière française et internationale, porteuse d’un idéal de paix, de justice sociale et d’émancipation.

D’un simple lieu de repos, le Père-Lachaise deviendra un espace de commémoration politique, de transmission de la mémoire, de manifestations et d’identification des mouvements anarchistes, francs-maçons, socialistes et communistes français ; à partir de 1935, intellectuels, résistant·es, dirigeant·es du PCF seront inhumé·es face au « Mur », lieu que les communistes appellent le carré du Parti.

Gérard Pellois

Article publié dans CommunisteS, numéro 1072 du 4 février 2026.

source : https://www.pcf.fr/serie_carre_rouge_2

Tag(s) : #PCF

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :