Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Parti communiste brésilien, Accord Mercosur-UE : Une bouée de sauvetage pour la classe dirigeante

2/2/26, 11:24

 

Accord Mercosur-UE : Une bouée de sauvetage pour la classe dirigeante

Note politique du Parti communiste brésilien (PCB)

Depuis le début du XXIe siècle, la politique économique brésilienne est axée sur la spécialisation productive et le secteur primaire d'exportation. D'un pays relativement industrialisé, produisant des biens allant des biens de consommation courante aux biens d'équipement, le Brésil a vu sa « vocation » s'imposer sous l'impulsion de la bourgeoisie nationale : comme l'affirmait Eugênio Gudin (1886-1986), sans doute le premier néolibéral brésilien, visionnaire pour son époque, le libre-échange est la meilleure politique pour garantir l'« avantage comparatif » d'un pays riche en terres et en ressources naturelles, en soleil et en eau.

L'accord Mercosur-Union européenne crée la plus grande zone de libre-échange au monde et consolide la stratégie économique de l'agro-industrie brésilienne. Il convient de rappeler que ce secteur, fervent défenseur du libéralisme, ne renonce pourtant pas à d'importantes subventions publiques.

En tant que pays en développement, les pays du Mercosur, selon les règles de l'OMC, ont le droit d'établir des droits de douane pour « protéger » leurs économies nationales de la concurrence des puissances économiques qui bénéficient d'avantages historiques en matière de développement. L'accord limite la capacité des gouvernements à utiliser cette prérogative pour mener à bien un projet de développement autonome et stratégique.

D'un point de vue commercial, l'accord creusera le déficit commercial du Mercosur avec l'Europe. La balance commerciale est favorable à l'UE : en 2025, le bloc sud-américain a exporté pour 49,8 milliards de dollars et importé pour 50,3 milliards. Parallèlement, la presse brésilienne se réjouit des baisses de prix potentielles pour l'huile d'olive, le vin et le chocolat ! Cependant, toujours dans le secteur primaire, du côté européen, le bœuf et l'éthanol bénéficieront de quotas d'exemption de droits de douane. Tout excédent sera taxé.

Le secteur industriel sera sans aucun doute le plus touché. Avec la désindustrialisation progressive de la région, alimentée par les politiques néolibérales depuis les années 1990, ce qui reste de l'industrie nationale sera impacté par l'afflux de biens de consommation et d'équipement en provenance d'Europe.

Moins évoqué par les médias dominants, le joyau de l'accord réside dans les marchés publics. Représentant des milliards de dollars garantis chaque année par l'État, les achats publics ont toujours été une priorité pour les pays du cœur du système économique européen. Des médicaments aux engins lourds tels que les tracteurs, les véhicules de transport, les trains, les bus, le matériel de forage souterrain, en passant par toutes sortes de produits, des fournitures chirurgicales aux matériels pédagogiques, ce secteur était soumis à certaines restrictions en matière d'approvisionnement international. Grâce à l'Accord, un marché gigantesque s'ouvre aux entreprises européennes pour accéder à ces achats.

Les pays qui se sont opposés à l'accord – la France, la Pologne, l'Irlande, l'Autriche, la Hongrie et la Belgique – l'ont fait sous la pression interne des agriculteurs. Pendant des années, Paris a été le théâtre de manifestations de ces segments de la société, avec des défilés de tracteurs sur les Champs-Élysées et des blocages d'autoroutes dans tout le pays.

En revanche, la signature de cet accord renforcera l'extrême droite en Europe. Les agriculteurs, notamment les agriculteurs familiaux et les petits exploitants, constituent un socle politique solide pour les partis néofascistes européens. Le Rassemblement National, le parti de Marine Le Pen en France, s'oppose à l'accord et a apporté son soutien aux agriculteurs (qui l'ont soutenu également). On observe le même mouvement politique en Pologne, en Hongrie et en Belgique.

Que cet accord favorise l'agro-industrie et que les gouvernements du Mercosur ne présentent aucun projet alternatif pour contrer la re-primarisation de l'économie régionale ne nous surprend guère, nous qui dénonçons ce processus depuis des années. Les conséquences de cet accord impacteront les droits de tous les travailleurs, en particulier dans le secteur industriel. Plusieurs organisations patronales de ce secteur militent déjà pour des « réformes structurelles » afin d'atténuer l'impact de l'accord sur l'industrie et, à cette fin, colportent une fois de plus le mensonge habituel du « coût brésilien », c'est-à-dire le prétendu coût interne des droits des travailleurs.

Alors que le taux d'emploi au Brésil est en hausse, malgré les restrictions notoires des droits et des revenus des travailleurs observées ces dernières années, la bourgeoisie brésilienne souhaite aggraver encore la précarité de la classe ouvrière, en plus des aides gouvernementales historiques accordées à ses entreprises.

Non à l'accord Mercosur-UE !

Pour une politique économique qui réponde aux besoins de la classe ouvrière !

Pour le pouvoir du peuple sur la voie du socialisme !

Parti communiste brésilien

Comité central

Commission politique nationale

source : https://www.solidnet.org/article/Brazilian-CP-Mercosur-EU-Agreement-A-Lifeline-for-the-Ruling-Class/

Tag(s) : #PCB, #MERCOSUR

Partager cet article

Repost1
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :