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Publié le 28 janvier 2026

Chaque année, on nous présente Parcoursup comme un simple outil technique, neutre, presque inévitable. Un système qui “régule les flux”, “oriente au mieux”, “fait avec les moyens existants”. Mais posons la seule question qui vaille : à qui profite réellement Parcoursup ?

Car non, la sélection n’existe pas parce que le gouvernement serait “méchant” par nature. Elle existe parce qu’elle sert des intérêts très concrets.

D’abord, Parcoursup organise une école à deux vitesses. Pour une partie de la jeunesse, majoritairement issue des classes populaires, le message est clair : les études longues ne sont pas pour vous. Allez travailler tôt, acceptez n’importe quel emploi, n’importe quelles conditions. Pour le patronat, c’est une aubaine. Des jeunes peu qualifiés, mis en concurrence dès le lycée, plus dociles, plus corvéables, plus faciles à presser. La sélection scolaire devient un outil de gestion de la main-d’œuvre.

Ensuite, Parcoursup est un formidable accélérateur du privé. Moins de places à l’université, des filières saturées, des milliers de jeunes laissés sans proposition satisfaisante : qui récupère ces étudiants ? Les écoles privées, souvent chères, parfois médiocres, mais toujours promptes à vendre des diplômes comme des marchandises. L’État organise la pénurie dans le public et laisse le marché prospérer.

Face à cela, les choix sont violents et profondément inégalitaires. Soit entrer sur le marché du travail sans diplôme, autrement dit partir au combat sans armes. Soit s’inscrire dans le privé et payer pour celles et ceux qui le peuvent ; pour les autres contracter un prêt étudiant, commencer sa vie d’adulte avec une dette sur le dos. Voilà l’horizon que ce système impose à une partie de la jeunesse.

Parcoursup n’est pas un dysfonctionnement. C’est un outil politique. Il trie, il oriente, il assigne. Il transforme l’éducation en marché et la jeunesse en variable d’ajustement budgétaire.

Nous refusons cette logique. L’accès à l’enseignement supérieur doit être un droit garanti par le baccalauréat. Cela suppose des investissements massifs, la fin de la sélection, et un véritable service public de l’orientation.

L’éducation n’est pas un coût. C’est un choix de société. Et aujourd’hui, ce choix se fait contre la jeunesse.

Assan Lakehoul

Article publié dans CommunisteS, numéro 1071 du 28 janvier 2026.

source : https://www.pcf.fr/parcoursup_a_qui_profite_le_crime

Tag(s) : #MJCF

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