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Combien de fois ai-je lu ou écouté dire « Etre maire est le plus beau des mandats » et, dans le contexte de rejet des institutions, « Le maire reste l’élu le plus apprécié des citoyens »... Malheureusement, aujourd’hui, le message relayé est davantage celui de maires fatigués, usés par les charges de leur mandat et quelquefois découragés par les agressions dont ils ont été victimes, toujours montées en épingle.
Ce mandat, ou plutôt cette mission, je l’ai assuré pendant 27 ans dans mon petit village de 500 habitants. Être maire, c’est une présence de tous les instants, une charge mentale permanente, un quotidien grignoté par des soucis aux causes multiples. Mais aussi, et surtout, une vie faite de bouffées de satisfaction et même de grands moments de fierté. C’est tout cela le beau mandat de maire, qu’il soit maire des champs ou maire de ville. Parce qu’il n’existe pas de « grands » ou de « petits » maires !
Ce mandat, c’est sans doute ce qu’il nous reste de plus beau dans notre République où les champs de débris l’emportent si souvent sur les champs de semences. Mais pour que les semences prennent, encore faut-il bien sélectionner et doser les intrants et avoir conscience que l’investissement personnel et le dévouement ne seront jamais suffisants. Mon expérience de briscard, toujours élu municipal depuis 1977 et adjoint depuis mon départ de l’Assemblée, m’a imprégné de quelques exigences que je me permets de livrer dans ce papier… au risque d’être donneur de leçon.
Tout d’abord, même en campagne électorale, ne pas laisser croire que la réussite de l’action municipale tient aux seuls individus qui la conduisent. Il me semble indispensable de faire le lien en permanence avec les politiques nationales et les conséquences qu’elles ont sur la mise en œuvre des politiques locales. Comme on le dit, « faisons de la politique ». Tranquillement, sans en rajouter, mais pour imprégner les consciences et ne pas porter au final la responsabilité d’un bilan insuffisant.
La deuxième priorité, selon moi, c’est le travail d’équipe qui conditionne le bon déroulement du mandat. En premier lieu en mobilisant l’ensemble du conseil municipal dans le respect des possibilités de chacun, ce que nous négligeons parfois avec des conséquences sur la réussite du mandat. Faire équipe, faire du commun, c’est aussi impliquer la population sous des formes les plus diverses.
Enfin, je pense qu’il faut être attentif à ne pas se laisser avaler par une intercommunalité boulimique de pouvoir. Les communistes ont toujours été les défenseurs de la commune, pilier de notre République, et se sont opposés aux réformes institutionnelles qui l’ont dépouillée de multiples compétences. Aussi, la résistance au rouleau compresseur imposé par quelques barons de nos territoires est un combat à ne pas négliger, notamment quand les instances se mettent en place dans la précipitation en début de mandature.
Bonne chance à nos candidats dans cette période décisive pour le devenir de nos territoires.
André Chassaigne
Article publié dans CommunisteS, numéro 1070 du 21 janvier 2026.
source : https://www.pcf.fr/le_mandat_de_maire
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