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Publié le 03 décembre 2025
Jeudi 20 novembre, la commission culture de la fédération du Rhône et la section de Villeurbanne ont accueilli Alain Ruscio, chercheur et historien spécialiste de la colonisation française en Indochine et en Algérie. Il a mené, au Palais du travail de Villeurbanne, une conférence sur son dernier ouvrage : La première guerre d’Algérie : une histoire de conquête et de résistance, 1830-1852. Livre publié chez La Découverte en 2024. Cet échange s’inscrit dans le cycle de conférences organisées par la commission pour enrichir nos débats militants. Intervenant à la suite de Sylvestre Huet, venu défricher le rapport du Giec, et de Stéphanie Roza, venue présenter son ouvrage Marx contre les GAFAM.
Le besoin de réactualiser nos connaissances sur la conquête de l’Algérie est souligné par la polémique récente sur les crimes de guerre commis par l’armée française. On peut parler des enfumages des grottes du Dahra, que le roman national tente de passer sous silence. C’est donc devant une salle comble qu’Alain Ruscio nous a fait le récit historique de cette guerre, moins connue que les « événements d’Algérie » de 1954 à 1962. Il s’agit, pour lui, d’une histoire qui doit être comprise comme un tout, et qui remonte à la prise d’Alger en 1830. On ne peut en effet comprendre l’histoire de la résistance du peuple algérien sans comprendre la première guerre de la conquête de l’Algérie.
Alain Ruscio commence par évoquer les raisons de la guerre, il en nomme trois principales. La première est le choc entre les différentes puissances impérialistes de l’époque, dont la France qui lutte pour reprendre le contrôle de la Méditerranée aux Anglais et aux Ottomans. La seconde est la volonté de mener une mission civilisatrice de l’Europe à l’égard de territoires africains considérés comme « barbares ». Une idéologie qui cherche à excuser l’impérialisme des colons, au prétexte qu’ils le feraient pour un intérêt supérieur.
En plus du racisme, cette guerre sert un intérêt de classe, ainsi que le démontre Alain Ruscio. La colonisation servant à éloigner les classes laborieuses de la métropole qui souffrent d’une grande misère dans ce début de révolution industrielle. On promet alors des terres algériennes à des milliers de familles pauvres que l’on envoie par bateau. On les dévoie ainsi de la tentation du socialisme naissant comme réponse à la misère. Ils ne trouveront pas en Algérie l’Eldorado tant espéré et, abandonnés par la métropole, souffriront eux aussi de la famine.
En ce qui concerne le contexte politique, très peu de figures d’États s’opposent à la conquête de l’Algérie, y compris sur les bancs de la gauche. Ces derniers vantant la mission civilisatrice. Ainsi les seules voix qui s’élèvent, chez les libéraux, le font seulement par calcul économique.
L’auteur évoque ensuite le déroulement de la guerre. Après la prise rapide d’Alger, l’armée française s’enlise dans la guérilla contre les résistants algériens menés par Abd el-Kader. Le maréchal Bugeaud est alors nommé à la tête du corps expéditionnaire et se lance dans une lutte sanglante contre la résistance. Les crimes systématiques de l’armée française, qui cible autant les civils que les résistants, sont nombreux et très documentés par les militaires : razzias systématiques et pillages des villages, viols et mutilations…
Margaux Thomas et Louis Chamayou
Article publié dans CommunisteS, numéro 1065 du 3 décembre 2025.
source : https://www.pcf.fr/algerie_histoire_de_la_colonisation
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