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Discours de Paulo Raimundo, secrétaire général du PCP, Marche nationale du CGTP-IN contre le projet de loi sur le travail
Marche nationale du CGTP-IN contre le projet de loi sur le travail
11 novembre 2025, Lisbonne
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« L’opposition du PCP à ce projet de loi gouvernemental est bien connue, mais comment avez-vous réagi à la déclaration du Premier ministre concernant la possibilité d’une grève générale, son appel aux syndicats à la responsabilité et son affirmation que les intérêts des travailleurs ne doivent pas être instrumentalisés par les partis ? »
« Franchement, il faut du culot ! Un gouvernement et un Premier ministre dont l’objectif est d’aggraver la précarité, déjà très présente et qui touche déjà des milliers de personnes, en déréglementant totalement le temps de travail, en obligeant les travailleurs à travailler encore plus longtemps, sans être payés, un gouvernement qui veut autoriser les licenciements abusifs, qui veut bafouer les droits, qui veut anéantir tout espoir d’avenir pour les jeunes, les contraignant à travailler toute leur vie dans des conditions précaires et avec des contrats à durée déterminée interminables. » Il faut beaucoup de courage pour tenir ce genre de propos. C'est une démonstration éloquente, une parfaite illustration de ce que nous affirmons depuis le début. La politique et les choix politiques doivent servir ceux qui font travailler le pays, ceux qui créent la richesse. Tous ces travailleurs, en particulier les jeunes et les femmes, sont également la cible de cette attaque brutale du projet de loi sur le travail, notamment à travers ses atteintes à la parentalité et à la maternité. C'est ce problème qu'il faut régler une fois pour toutes. Tout le reste n'est que distraction et, j'oserais dire, pour nous faire parler. Nous ne nous laisserons pas berner. Ce projet de loi sur le travail doit être rejeté, vaincu et retiré. Ce dont nous avons besoin, ce n'est pas plus de précarité ni une déréglementation accrue du temps de travail. Ce dont nous avons besoin, c'est de stabilité, de salaires plus élevés, de plus de temps pour vivre et pour nos enfants, et surtout pour nous en occuper.
Hier, le Monténégro a également critiqué les partis associés à ces manifestations et les syndicats, les accusant d'être instrumentalisés par des partis comme le PCP et le Bloco, qui participent à ces manifestations. Pensez-vous que ces propos soient encore pertinents alors que des négociations de dialogue social sont en cours ?
Nous avons un gouvernement, une coalition de quatre partis – PSD, CDS, Chega et Iniciativa Liberal – entièrement sous l'emprise de grands groupes économiques. Il suffit d'examiner le budget de l'État, les avantages fiscaux, la baisse des impôts sur les bénéfices, pour constater qui est à la solde de qui. Ce sont le gouvernement et les partis au pouvoir qui sont aux mains des grandes entreprises. Ceux qui font tourner le pays, qui font tourner l'économie, qui créent la richesse, ne sont soumis à rien d'autre qu'à leur force, leur détermination et leur désir d'une vie meilleure, un droit à une vie meilleure. C'est pour cela qu'ils sont là : dire non au projet de loi sur les droits des travailleurs, dire non à la précarité, dire non à la déréglementation du temps de travail, dire non aux licenciements abusifs, dire oui au respect, à la dignité, aux salaires, à la stabilité et à la vie meilleure à laquelle ils ont droit. Voilà l'enjeu majeur.
S'agira-t-il de la première grève générale depuis 2013 ?
Voyez, cette grande démonstration de force, faisant suite aux précédentes, avec une grande détermination, une grande participation et une grande volonté de stopper le pacte salarial, mais aussi d'ouvrir la voie nécessaire, celle des salaires et de la stabilité, cette grande force doit se poursuivre. Or, pour qu'elle se poursuive, il appartient aux travailleurs et à leurs instances représentatives de définir cette continuité, et nous verrons bien.
Je voudrais vous demander si vous pensez que nous vivons une période comparable à celle de la troïka ?
L'histoire ne se répète pas, mais j'aurais tendance à dire qu'il y a des signes avant-coureurs. Ça sent la troïka. Ça sent la troïka, mais pas seulement maintenant. Ça sent la troïka dans le budget, ça sent la troïka dans le démantèlement du système national de santé, ça sent la troïka dans l'éducation et les frais de scolarité. Ça sent la troïka dans le droit du travail. Oh oui, ça sent la troïka.
source : https://www.pcp.pt/en/national-march-cgtp-against-labour-package
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