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15 octobre 2025
Face aux politiques de ce gouvernement, le Campo que Alimenta dit stop !
Ce jeudi 16 octobre à 11 heures, sur la place de Mayo, la Mesa Agroalimentaria Argentina (MAA) organisera un Alimentazo (une grande action de distribution de nourriture) au cours duquel seront distribuées 20 000 kilos d’aliments frais, produits par des familles de petit·e·s et moyen·ne·s producteur·rice·s de tout le pays. Il y aura des fruits, légumes, yerba mate (infusion traditionnelle sud-américaine), lait en poudre et d’autres produits issus du travail paysan et coopératif.
Face aux politiques du gouvernement national de Javier Milei, qui favorisent les grands groupes exportateurs, les compagnies pétrolières et les pools de semences (grands regroupements agricoles à grande échelle), laissant dans la précarité celles et ceux qui produisent la nourriture quotidienne, le « Campo que Alimenta » se mobilise pour dire STOP.
Le modèle économique mis en place par le gouvernement de Javier Milei touche tous les aspects du secteur agricole. Depuis les territoires, nous le constatons chaque jour : beaucoup d’entre nous ont dû abandonner une partie de leur production parce qu’il n’y avait ni prix juste ni marché, tandis que des milliers de familles argentines n’ont pas assez à manger. Les producteur·rice·s de yerba mate de Misiones dénoncent que le prix reçu est bien en dessous de leurs coûts. Dans la région de l’Alto Valle, la production de pommes et de poires s’effondre, tandis que le fracking progresse sur nos parcelles, mettant en danger les sols et l’eau. Dans les ceintures maraîchères autour des grandes villes, la volatilité des intrants et des loyers des terres nous conduit à un endettement chronique. La baisse de la consommation de vin a entraîné un surstock de plus de 11 mois, provoquant une chute du prix du raisin à des niveaux insoutenables pour les vigneron·ne·s. Quant aux tomates de nos parcelles, elles sont payées moins cher que l’an dernier.
La consommation intérieure s’effondre également : la viande bovine a atteint son niveau le plus bas en un siècle, et les fruits et légumes enregistrent des baisses allant jusqu’à 40 %, tandis que le lait et les produits laitiers deviennent inaccessibles pour une grande partie de la population. À cela s’ajoute l’ouverture des importations de produits subventionnés dans leurs pays d’origine.
La situation frappe aussi les producteur·rice·s de taille moyenne de céréales, qui voient que la baisse de la consommation intérieure les laisse avec des silos pleins et sans possibilité de vendre à un prix juste. Beaucoup ont déjà perdu une partie de leur production et savent qu’iels ne pourront pas lancer la prochaine campagne faute de moyens économiques suffisants.
Parallèlement, l’inflation et le dollar lié aux intrants font augmenter tous les coûts : engrais, gasoil, semences et transports suivent le dollar, mais les prix reçus par les petit·e·s et moyen·ne·s producteur·rice·s restent stagnants. Ce sont eux qui absorbent les pertes, tandis que d’autres réalisent des profits millionnaires.
À cela s’ajoute le démantèlement des politiques publiques fondamentales : les fonds de l’INTA sont réduits, les programmes de soutien à l’agriculture familiale supprimés, et les initiatives garantissant assistance technique, financement et semences sont paralysées. En parallèle, le gouvernement favorise les grandes exportatrices de céréales et d’aliments — principalement des multinationales — avec des avantages extraordinaires : accès à des dollars préférentiels, allègements fiscaux et transactions consolidant leur pouvoir. Le résultat est un modèle qui concentre terres et richesse entre peu de mains, tandis que des millions de producteur·rice·s et de consommateur·rice·s voient leur droit de produire et de se nourrir violé.
Avec cet Alimentazo (une grande action de distribution de nourriture) organisé par la MAA, nous dénonçons l’orientation politique et économique qui concentre la terre, démantèle les outils publics et pousse à la pauvreté tant les producteur·rice·s que les consommateur·rice·s. Face à cela, nous proposons un modèle souverain, juste et durable, basé sur la production d’aliments sains à des prix accessibles, avec des politiques qui renforcent le secteur agricole qui nourrit.
source : https://viacampesina.org/fr/argentine-rassemblement-alimentaire-sur-la-place-de-mayo-contre-les-politiques-du-gouvernement-national/
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