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60 ans après la disparition de César Burguillos : Le maître réduit au silence à Cachipo
17 août 2025
Tribuna Popular

Tribuna Popular. - Soixante ans se sont écoulés depuis que César Burguillos, enseignant et membre du Parti communiste vénézuélien (PCV), a été enlevé de son domicile et de ses salles de classe, pour ne plus jamais y retourner. Le 17 août 1965, sous le gouvernement de Raúl Leoni, Burguillos a été arrêté à Carúpano, dans l'État de Sucre, par des agents de la Direction générale de la police (DIGEPOL), en compagnie de membres du Service de renseignement des forces armées (SIFA). Depuis, son nom est devenu synonyme de disparition forcée au Venezuela.

Né le 12 mars 1932 à San José de Río Chico, Miranda, Burguillos a consacré sa vie à l'enseignement et à l'alphabétisation. Son engagement politique l'a conduit à adhérer au PCV.

La dernière trace à Carúpano
La dernière fois que son épouse, Carla María Finí de Burguillos, l'a vu vivant, c'était dans une cellule de la mairie de Carúpano, où il était détenu avec quatre camarades communistes. Il a ensuite été transféré au camp anti-guérilla TO3 de Cachipo, Monagas, un lieu qui, au fil des ans, a gagné le surnom sinistre de « Camp de la Mort ».

C'est là, selon des témoignages ultérieurs, qu'il a été emprisonné dans la redoutable Tente de la Vérité, torturé, puis fusillé à Caño Cruz, Sucre.

Témoignages d'une recherche inlassable
Carla María Finí de Burguillos a fouillé les bureaux, les casernes et les camps militaires à la recherche de nouvelles de son mari. En octobre 1965, lors d'une comparution volontaire devant le tribunal militaire de Maturín, elle rapporta :

« …Mon mari, César Augusto Burguillos, a été arrêté à Carúpano et emmené dans un sous-sol près de la mairie, où il est resté détenu pendant vingt jours. Plus tard, on m'a informée qu'il avait été emmené à Cachipo, mais chaque fois que j'ai essayé de le voir, on m'a répondu qu'il n'y était pas. Un lieutenant nommé Sarmiento m'a avoué qu'il y était, mais au secret… »

Cinq ans plus tard, en 1970, Carla comparut à nouveau, racontant plus en détail l'enchaînement de dénégations, de tromperies et de contradictions des autorités. La DIGEPOL, l'armée et même la cinquième division d'infanterie de Maturín se sont renvoyé la balle, tandis qu'elle accumulait les huis clos et le silence.

« …J’ai visité de nombreux endroits pour obtenir des informations sur son sort (…). J’ai hâte de savoir si mon mari est toujours détenu, où il se trouve et d’avoir la possibilité de le voir », avait-elle déclaré à l’époque.

Une disparition signalée au Parlement
L’affaire Burguillos n’est pas passée inaperçue. Le 24 novembre 1965, le journaliste et défenseur des droits humains José Vicente Rangel a dénoncé la disparition forcée de plusieurs citoyens, dont l’enseignant communiste, à la Chambre des députés :

« Je dénonce la disparition de César Burguillos, enseignant de 34 ans (…). Il a été arrêté à Carúpano le 17 août par des agents de la DIGEPOL. Vingt jours plus tard, selon les informations de sa famille, il a été transféré à Cachipo. Là, les autorités militaires ont déclaré sa disparition.»

Il s’est élevé contre ce qu’il a décrit comme « le mécanisme kafkaïen de la police du régime ».

Échos des exécutions
D'autres témoignages d'anciens combattants et de membres de sa famille indiquent que Burguillos a été exécuté à Cachipo, en même temps que le guérillero communiste Donato Carmona, arrêté à Caracas et également transféré au camp. La mémoire populaire des années 1960 était hantée par la rumeur persistante selon laquelle les deux hommes auraient été abattus après des interrogatoires brutaux et auraient refusé de creuser leur propre tombe.

Justice tardive, mais pas close
L'affaire de César Burguillos a été classée en 1998, lorsque le tribunal militaire l'a déclarée prescrite. Cependant, en juin 2022, la Chambre constitutionnelle de la Cour suprême de justice a annulé cette décision et ordonné au ministère public de rouvrir l'enquête.

La Cour suprême a jugé que la disparition de Burguillos constituait un crime contre l'humanité et, à ce titre, imprescriptible. Cette décision exige l'identification des responsables au sein de la DIGEPOL, de l'armée et des chaînes de commandement en place à Cachipo.

Soixante ans d'absence
Aujourd'hui, 17 août 2025, 60 ans après son arrestation et sa disparition, la figure de César Burguillos demeure un symbole pour les victimes de la répression politique au Venezuela entre 1958 et 1998. Son dossier reste ouvert, sa famille attend justice et son nom rejoint celui de centaines de militants qui ne sont jamais revenus des cellules clandestines de l'État.

Se souvenir du militant communiste César Burguillos, c'est se rappeler que la vérité et la justice sont éternelles.

 

source : https://prensapcv.wordpress.com/2025/08/17/60-anos-de-la-desaparicion-de-cesar-burguillos-el-maestro-alfabetizador-silenciado-en-cachipo/

Tag(s) : #PCV

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