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Parti communiste soudanais : Communiqué sur la proclamation du « gouvernement parallèle »
30/07/2025, 9h47
Communiqué du Bureau politique du Parti communiste soudanais

Sur la proclamation du « gouvernement parallèle »

La récente proclamation d'un prétendu « gouvernement parallèle » sous la direction de Mohamed Hamdan Dagalo (Hemedti) constitue une grave usurpation de légitimité politique, aggravée par le maintien d'une administration tout aussi illégale à Port-Soudan. Cette nouvelle entité n'est pas seulement inconstitutionnelle : elle est la conséquence directe du coup d'État militaire illégitime du 25 octobre 2021, qui a déchiré la Charte constitutionnelle de transition, plongé le pays dans une guerre prolongée et dévastatrice, et déclenché une catastrophe humanitaire marquée par des déplacements massifs, d'innombrables pertes en vies humaines et des atrocités généralisées.

Les deux factions belligérantes portent l'entière responsabilité de crimes odieux, notamment de génocide, de nettoyage ethnique et de violences sexuelles. Ces crimes constituent des violations flagrantes du droit international humanitaire, et toute solution crédible doit être fondée sur le principe de responsabilité. La culture de l'impunité doit être irrévocablement démantelée.

L'existence concomitante de deux gouvernements rivaux met en péril les fondements mêmes de l'intégrité territoriale et de la cohésion politique du Soudan. Comme le dit si bien l'adage : « Deux capitaines font couler un navire.» Cette fragmentation reflète la trajectoire qui a abouti à la sécession du Soudan du Sud, aujourd'hui préfigurée par la clause d'autodétermination inscrite dans le projet de constitution de l'alliance « Ta'sis » – un article qui légitime la sécession en l'absence de gouvernance laïque au niveau national. De telles dispositions ne reflètent pas une affirmation nationale, mais plutôt une érosion croissante de l'État, exposant le Soudan à l'exploitation de puissances régionales et internationales dont les objectifs ne sont ni neutres ni bienveillants.

De plus, cette évolution accroît le risque d'un conflit durable et enraciné et intensifie les souffrances déjà intolérables du peuple soudanais. Une fois de plus, la sécession n'offre aucune solution viable à la crise existentielle du Soudan ; l'expérience douloureuse du Soudan du Sud reste un avertissement. Invoquer l'autodétermination dans de telles conditions n'est pas un acte de libération, mais un acte de désintégration : un abandon de la lutte nationale collective pour la reconquête de la révolution et la construction d'un État soudanais fondé sur la démocratie, l'égalité civique et une véritable émancipation nationale. Tels sont les impératifs exprimés par la Révolution de décembre 2018 et repris dans toutes les régions du pays.

Les questions fondamentales de la structure de l'État, notamment la laïcité, ne doivent pas être imposées par la force ou par des factions, mais plutôt débattues dans le cadre d'une conférence constitutionnelle nationale – un processus politique véritablement souverain.

La mise en place du gouvernement parallèle est manifestement une manœuvre visant à anticiper et à influencer les délibérations de la prochaine réunion du « Quad » du 29 juillet, censée faciliter la cessation des hostilités et un règlement négocié. Cependant, une telle évolution doit être replacée dans son contexte géopolitique plus large : la lutte croissante entre puissances capitalistes rivales pour le contrôle des vastes ressources naturelles du Soudan et de sa géographie stratégique, en particulier le corridor de la mer Rouge et la Corne de l’Afrique.

L’enjeu n’est pas seulement la paix, mais la souveraineté du Soudan et l’avenir du continent africain. La vision de l’ancien président américain Donald Trump de « zones de sécurité » pour garantir un accès sans entrave au capital américain n’est qu’une manifestation d’une architecture mondiale de pillage. Tout accord négocié selon ces conditions peut suspendre temporairement les hostilités, mais en l’absence de transformation structurelle, il ne fera que reproduire la crise, comme l’histoire l’a démontré à maintes reprises au Soudan et ailleurs.

Ce scénario n’est pas anormal ; Elle s'inscrit dans le cadre plus large du projet de « Grand Moyen-Orient », dont la logique stratégique vise à démembrer les unités nationales de la région afin de faciliter l'expropriation impériale. Elle se manifeste aujourd'hui par la liquidation systématique de la cause palestinienne, le génocide et les déplacements forcés du peuple palestinien, la tentative d'effacement de la révolution soudanaise de décembre 2018 et le déclenchement de la guerre infernale qui ravage actuellement le pays.

La bifurcation de la gouvernance soudanaise n'est donc pas une conséquence spontanée, mais le résultat inévitable du coup d'État du 25 octobre 2021, un coup d'État qui a plongé le pays dans les guerres par procuration de puissances impériales concurrentes, exploitant la crise capitaliste mondiale, le conflit russo-ukrainien, la guerre génocidaire à Gaza et les tensions croissantes entre l'Iran et Israël, qui menacent désormais la région d'embrasement.

source : http://www.solidnet.org/article/Sudanese-CP-Communique-on-the-Proclamation-of-the-Parallel-Government/

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