/image%2F1031403%2F20231204%2Fob_a4414c_2020-10-25-pcv-partido-comunista-de-ve.png)
Parti communiste du Venezuela : La danse ultra-patriotique du gouvernement, de la droite et du patronat
12/4/23 12:27 PM
Venezuela, Parti communiste du Venezuela En Es Amérique du Sud Partis communistes et ouvriers
*Éditorial du TP
La danse ultra-patriotique du gouvernement, de la droite et des milieux d'affaires
Une campagne publicitaire spectaculaire et millionnaire a été lancée pour redorer l'image ternie de Nicolás Maduro, qui jusqu'à présent - avec ou sans son costume de super-héros [auto-marketé à la Capitan America] - a lamentablement échoué dans sa mission de garantir des conditions de vie décentes aux Vénézuéliens.
Dans ce dernier épisode, "Superbigote" [Super-Moustache] tente de récupérer le territoire de l'Essequibo des griffes des sociétés transnationales qui ont découvert de riches gisements de pétrole et de gaz. Ce qui est curieux dans cet affrontement, c'est que, de ce côté-ci du fleuve, il y a aussi des entreprises comme Chevron qui opèrent avec des garanties similaires à celles offertes à l'époque de la dictature de Juan Vicente Gómez.
Tous les regards sont tournés vers le référendum consultatif du 3 décembre. Le chauvinisme est à l'ordre du jour. La plupart des factions de la droite et des forces réactionnaires qui disputent le contrôle de l'Etat au gouvernement-PSUV se sont jointes à l'appel à la "défense" du territoire. Les menaces de "trahison de la patrie" n'ont pas manqué à l'encontre de ceux qui n'ont pas pris le train en marche.
Mais que signifie le prétendu patriotisme de la bourgeoisie ? Pourquoi les ennemis apparents se serrent-ils la main et crient-ils en chœur "l'Essequibo est à nous" ? Pour répondre à ces questions, il faut se frayer un chemin à travers le bruit des festivités ultra-patriotiques et prêter attention aux pas de danse entre le gouvernement et les forces de l'opposition de droite. Nous verrons alors les coutures de l'"unité nationale" tant vantée.
Quelques jours avant la consultation sur le territoire de l'Essequibo, le président Nicolás Maduro a réuni le Conseil national de l'économie productive "dans l'unité nationale", pour annoncer que l'État de Nueva Esparta [île du nord-est du Venezuela] deviendrait une zone économique spéciale. Le parti de centre-droit Accion Democratica a sauté de joie à l'annonce de cette nouvelle. Le législateur Luis Eduardo Martinez a admis que son parti avait fait pression pour que ce décret ne soit pas retardé plus longtemps, ce qui ouvrira la voie à un "régime fiscal, tarifaire et de travail" qui offrira des "facilités" aux investissements privés étrangers. Bravo, Superbigote !
Ce n'est pas la seule bonne nouvelle apportée par le chef de l'État lors de la réunion : il s'avère que le Venezuela est également en pleine croissance. Le pays terminera le mois de novembre 2023 avec neuf trimestres de croissance "harmonieuse".
Ce chiffre contraste avec les six trimestres consécutifs pendant lesquels la classe ouvrière vénézuélienne n'a pas reçu d'augmentation de salaire.
Nous comprenons maintenant pourquoi les chefs d'entreprise sourient et se frottent les mains lorsque le président prédit "une bonne fin d'année". Mais les capitalistes en veulent plus et, avec diligence, le président du Conseil national du commerce et des services (Consecomercio), Gustavo Valecillos, est apparu devant les caméras de télévision pour présenter des "propositions pour le pays". Il s'agit d'un plan en sept points (nous n'en citerons que deux) : "économie de marché" et "adaptation du droit du travail". Le premier est clairement expliqué par la coupole des marchands : "tous les biens et services doivent être échangés à leur prix réel et exact, défini par l'offre et la demande".
Le second point fait l'objet d'une rhétorique trompeuse. Valecillos tente de montrer son désarroi face à la situation précaire des travailleurs face à la destruction des salaires, mais il ne propose pas, même par hasard, des mesures pour récupérer leur pouvoir d'achat. Il ne parle pas d'indexation des salaires, ni de panier de base, mais de "productivité" et, pour cela, il faut modifier la loi (là, les sourires réapparaissent).
Ces coïncidences ne sont pas nouvelles. Depuis longtemps, le gouvernement et les chefs d'entreprise dansent sur le même air alors que [comme le dit le slogan du référendum,] le soleil vénézuélien se lève sur l'Essequibo.
source : http://www.solidnet.org/article/CP-of-Venezuela-TP-Editorial-The-ultra-patriotic-dance-of-the-government-the-right-and-the-business-community/
/image%2F1031403%2F20180510%2Fob_e8c081_movimiento-comunista-internacional-1.jpg)