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Photo: Estudios Revolución

« Nous pouvons et nous devons construire de meilleures relations, plus justes, plus équilibrées, plus solidaires et plus coopératives », a déclaré Diaz-Canel. Photo : Studios Revolucion
(Traduction de la version sténographique de la présidence de la République)


Vos excellences chefs d'État et de gouvernement,

Excellences,

En 1999, avec de grandes attentes, nous avons convenu d'avancer vers un Partenariat stratégique entre l'Amérique latine, les Caraïbes et l'Europe.  Une évaluation honnête conclurait aujourd'hui que, en dehors des discours et des rêves, un tel partenariat stratégique n'existe pratiquement pas.
Pendant tout ce temps, l'Amérique latine et les Caraïbes n'ont pas été une véritable priorité pour l'Union européenne, comme en témoignent les huit années qui se sont écoulées sans qu'aucun sommet n'ait eu lieu.
Aujourd'hui, nous vivons de profonds changements au niveau mondial, de grands risques et de grands défis, mais aussi d’opportunités.  Je suis fermement convaincu que nous pouvons et que nous devons construire de meilleures relations, plus justes, plus équilibrées, plus solidaires et plus coopératives afin d'améliorer la vie de nos peuples.
L'Amérique latine et les Caraïbes ne sont plus l'arrière-cour des États-Unis. Nous ne sommes pas non plus d'anciennes colonies qui ont besoin de conseils, et nous n'accepterons pas d'être traités comme de simples fournisseurs de matières premières.
Nous sommes des pays indépendants et souverains avec une vision commune de l'avenir.  Nous avons construit la Communauté des États d'Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), comme une voix unifiée et représentative de notre unité dans la diversité.
Le pillage colonial et la déprédation capitaliste ont transformé l'Europe en créancière et  l'Amérique latine et les Caraïbes en débitrices.
Les politiques financières de l'Union européenne continuent d'imposer des barrières au développement de notre région.  Il est nécessaire – comme plusieurs l’ont soulevé ici – de procéder à une réforme complète de l'architecture financière héritée de la Guerre froide et de Bretton Woods et de chercher des solutions au grave problème de la dette extérieure, que nous avons payée plusieurs fois.
Nous devons discuter en profondeur des questions relatives à la migration. La prolifération des discours de haine, l'intolérance, les politiques d'exclusion et de xénophobie pour faire face au flux croissant de migrants en provenance des pays du Sud sont inquiétants.
Nous sommes préoccupés par l'insistance à remplacer l'engagement envers la Charte des Nations unies et le Droit international par un soi-disant ordre international « basé sur des règles » qui n'ont pas été négociées, et encore moins acceptées par tous les États.
Les principes d'égalité souveraine et de non-ingérence dans les affaires intérieures des États doivent être respectés en toutes circonstances.  Le respect du droit inaliénable de chaque pays à décider de son propre système politique, économique et social, sans imposition de prétendus paradigmes culturels, démocratiques et de droits humains, doit prévaloir dans nos relations.
La seule alternative au désordre international actuel est un ordre mondial plus coopératif, plus juste et plus solidaire.

Mesdames et Messieurs les participants,

Une relation entre égaux doit être basée sur le dialogue respectueux et honnête, laissant de côté les menaces et les impositions.
Nous réunir aujourd'hui est une étape positive qui doit se traduire par des actions concrètes visant à revitaliser et à renforcer nos liens dans des domaines hautement prioritaires tels que la lutte contre le changement climatique, la sécurité alimentaire, le financement du développement, les transferts de technologie, les énergies renouvelables, la transformation numérique, la recherche scientifique et l'innovation, le commerce et l'investissement.
Nous saluons la position ferme de notre région et de l'Union européenne qui rejettent le blocus intensifié imposé par les États-Unis à notre pays depuis plus de 60 ans et l'inclusion de Cuba dans la liste frauduleuse et unilatérale de pays qui, prétendument, soutiennent le terrorisme.
La mise en œuvre positive de l'Accord de dialogue politique et de coopération entre l'Union européenne et Cuba nous confirme que, sur des bases de réciprocité et sans ingérences, il est possible de construire des espaces de bénéfice commun, dans le respect de nos différences.
Nous espérons également qu'une déclaration résultera de ce sommet.
Nous nous souvenons de José Marti et de son magnifique avertissement sur Notre Amérique :
« Ni le livre européen ni le livre yankee ne donnait la clef de l’énigme hispano-américaine. On essaya la haine, et les pays ne cessaient de déchoir au fil des années. Las de la haine inutile (…) on en arriva, comme sans le savoir, à essayer l’amour. »
Nous souhaitons sincèrement que les résultats de ce 3e Sommet contribueront au renforcement nécessaire des relations bi-régionales, en nous concentrant sur ce qui nous unit afin de construire un avenir meilleur pour nos peuples.
Je vous remercie (Applaudissements).

source : https://fr.granma.cu/mundo/2023-07-19/la-seule-alternative-un-ordre-mondial-plus-cooperatif-plus-juste-et-plus-solidaire

Tag(s) : #Cuba, #CELAC

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