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A l’occasion du 110e Anniversaire de la naissance du Général Giap (25/8/1911 -25/8/2021) – le héros de la bataille de Dien Bien Phu
Le Général Giap : La vie et carrière révolutionnaire
Général Giap (1911-2013)
I. RESUME DE LA BIOGRAPHIE DU GENERAL VO NGUYÊN GIAP ET DE SES ACTIVITES REVOLUTIONNAIRES
Le général Vo Nguyên Giap, alias Van, est né Vo Giap le 25 août 1911 dans le village de An Xa, commune de Lôc Thuy, district de Lê Thuy, province de Quang Binh, dans une famille de lettrés patriotes peu fortunés.
Vo Nguyên Giap militait dans les milieux estudiantins à Huê de 1925 à 1926, puis adhéra en 1927 au Parti révolutionnaire Tân Viêt (un mouvement prédécesseur du Parti communiste indochinois actuellement Parti communiste vietnamien) avant d'être arrêté puis condamné à 2 ans de prison. Libéré, Giap reprenait ses activités de propagande et mettait sur pied des bases révolutionnaires dans les milieux estudiantins. En 1936, il militait à Hanoi dans le mouvement semi-légal du Parti, rédigeait des articles dans ses journaux tels que Notre Voix, En Avant, Rassemblement, Times, Dépêches…, s'activait dans le Rassemblement d'Indochine (Đông Dương Đại hội) et accéda à la présidence du Comité de presse du Tonkin de ce mouvement.
Vo Nguyên Giap a été admis dans les rangs du Parti communiste indochinois en juin 1940 et dépêché en Chine à la rencontre du leader Nguyên Ai Quôc
Après avoir regagné le pays en 1941, Giap participait dans le maquis Cao-Bac-Lang aux préparatifs de l'insurrection armée. Il était en 1942 responsable de la Section de volontaires pour le Sud et se lançait dans le travail de sensibilisation auprès des populations et la mise sur pied des réseaux de communication reliant Cao Bang à Thai Nguyên.
Vo Nguyên Giap s'est vu confier en décembre 1944 par le chef suprême Nguyên Ai Quôc la mission de mettre en place la Brigade de propagande armée pour la libération du Vietnam, le première groupe armé régulier de l'Armée populaire vietnamienne.
A la conférence militaire révolutionnaire du Tonkin en avril 1945, Vo Nguyên Giap faisant son entrée dans le Comité militaire révolutionnaire du Tonkin. Il assumait, depuis le mois de mai 1945, les fonctions de commandant en chef des nouvelles forces armées révolutionnaires réunies en l'Armée de libération du Vietnam; puis était chargé par Nguyên Ai Quôc de constituer le Comité provisoire de direction des Régions libérées de Viêt Bac.
En août 1945, Vo Nguyên Giap était entré dans le Comité central du Parti communiste indochinois, puis le Comité permanent dudit comité lors de la Conférence nationale du Parti et dans le Comité national de l'insurrection, ensuite dans le Comité national pour la libération du Vietnam lors du Congrès national de Tân Trào. Le général Giap s'est vu confier le poste de Ministre de l'Intérieur du Gouvernement provisoire de la République démocratique et populaire du Vietnam (actuellement République socialiste du Vietnam) et a été désigné pour participer à la permanence du Comité central du Parti.
Vo Nguyên Giap a été élu en janvier 1946 député à l'Assemblée nationale (1ère législature) et assumait diverses fonctions : président de la Commission militaire, membre du Gouvernement de coalition, chef de l'organisation du Parti dans l'armée suite à la constitution de cette instance dirigeante, ministre de la Défense nationale (en octobre 1946). Le Président Hô Chi Minh lui a donné mandat d'assumer les fonctions de commandant en chef de l'Armée populaire et des Milices d'auto-défense du Vietnam (le général Giap était ministre de la Défense d'octobre 1946 à août 1947, puis d'août 1948 à décembre 1979).
Janvier 1948 : général quatre étoiles, commandant en chef de l'Armée populaire vietnamienne;
Février 1951 : entrée au Comité central du Parti lors de son IIe congrès national, puis dans son Bureau politique;
De septembre 1955 à décembre 1979 : vice-Premier ministre et ministre de la Défense;
Septembre 1960 : accès au Comité central du Parti lors de son IIIe congrès national, puis à son politburo;
Décembre 1976 : entrée dans le Comité central du Parti lors de son IVe congrès national, puis dans son politburo;
Entrée dans le Comité central du Parti lors de ses Ve et VIe congrès nationaux;
A partir de janvier 1980 : vice-Premier ministre permanent, puis d'avril 1981 à décembre 1986, vice-Président du Conseil des ministres (actuellement vice-Premier ministre);
Député à l'Assemblée nationale de la 1ère à la VIIe législature.
Vo Nguyên Giap est décédé le 4 octobre 2013, à 18h09, à l'Hôpital central de l'armée 108, à l'âge de 103 ans.
Pour ses contributions grandioses à la cause révolutionnaire du Parti et de la nation du Vietnam et le grand prestige dont il jouit aussi dans le pays qu'à l'extérieur, le général Giap s'est vu décerner par le Parti communiste et l'Etat du Vietnam l'Ordre de l'Etoile d'Or, l'Ordre Hô Chi Minh, l'Insigne des 70 ans dans les rangs du Parti ainsi que de nombreux autres médailles et distinctions honorifiques, du Vietnam et d'autres pays.
II. LES SERVICES GRANDIOSES ET PARTICULIEREMENT REMARQUABLES DU GENERAL GIAP A LA CAUSE REVOLUTIONNAIRE DU PARTI ET DU PEUPLE DU VIETNAM
1. Le général Giap, un révolutionnaire fidèle et persévérant, un élève excellent et proche du Président Hô Chi Minh
Le patriotisme transmis de génération en génération du pays où il est né et les actes de répression et d'oppression de la part des colonialistes et leurs hommes vis-à-vis de ses compatriotes ont réveillé en Vo Nguyên Giap la ferme volonté de se soulever pour rendre l'indépendance à son peuple. En 1925, les pensées révolutionnaires de Nguyên Ai Quôc dont il s'était imprégné alors qu'il était sur les bancs de l'école ont exhorté Giap à se lancer dans les mouvements de lutte et de grève scolaire à l'école Quôc Hoc de Huê. Il a rejoint en 1927 le Parti révolutionnaire Tân Viêt et militait dans les Soulèvements des Soviêts de Nghê Tinh, avant d'être arrêté en 1930 puis incarcéré à la prison Thua Phu à Huê par les colonialistes français. Il n'a été libéré en fin de 1931 qu'après l'intervention de la Section française du Secours Rouge international. S'étant coupé de son organisation à sa sortie de prison, Giap a regagné Hanoi où il enseignait à l'école privé Thang Long, rédigeait des articles incitant à la constitution des bases révolutionnaires dans les milieux scolaires et de la jeunesse, tout en poursuivant ses études supérieures de droit et d'économie.
En 1940, Vo Nguyên Giap, alias d'alors Duong Hoài Nam, et Pham Van Dông ont été dépêchés en Chine à la rencontre de Nguyên Ai Quôc, leader de la révolution. Giap a regagné Cao Bang en novembre 1941 et se lançait, sous la direction et le guide de Nguyên Ai Quôc et avec ses camarades, dans la mise sur pied des bases révolutionnaires et les activités de sensibilisation auprès des populations ethniques locales pour les exhorter à prendre fait et cause de la révolution. C'était lui qui a mis sur pied la Section de volontaires pour le Sud qu'il dirigeait lui-même et dégageait les voies de communication reliant le maquis de Cao Bang aux provinces du delta.
Vo Nguyên Giap était chargé en décembre 1944 par Hô Chi Minh de mettre sur pied la Brigade de propagande armée pour la libération du Vietnam, prédécesseur de l'Armée populaire vietnamienne, qu'il menait à la victoire dans ses baptêmes du feu à Phai Khat et Nà Ngân. Il a rendu de grands services à l'Insurrection générale de la révolution qui s'est soldée par la victoire en août 1945, en qualité de membre du Comité central du Parti, membre de la permanence du Comité central du Parti communiste indochinois, membre du Comité national pour l'insurrection, membre du Comité national pour la libération du Vietnam, commandant en chef de l'armée populaire de libération du Vietnam.
La guerre de libération contre les colonialistes français a été déclenchée le 19 décembre 1946. Sous la direction du Parti et du Président Hô Chi Minh et avec le Comité central du Parti, Vo Nguyên Giap, en qualité de commandant en chef de l'armée et chef de l'organisation du Parti dans l'armée, conduisait la lutte armée neuf ans contre les agresseurs français (1945-1954) à la victoire. En tant que commandant et chef de l'organisation du Parti dans l'armée, il menait ses troupes au feu dans de nombreuses opérations d'envergure telles campagnes au nord du Bac Bô à proximité de la frontière chinoise en septembre et octobre 1950 (Bataille de la RC 4), des Régions moyennes en décembre 1950, du Delta du fleuve Rouge en mai 1951, de Hoà Binh de décembre 1951 à février 1952, du Tây Bac d'octobre à décembre 1952, des Hautes régions du Laos en avril et mai 1953. Fort de la confiance placée en lui par le Parti et le Président Hô Chi Minh, Giap commandait ses troupes au feu à Diên Biên Phu et y a défait les troupes professionnelles des colonialistes français. La victoire historique de Diên Biên Phu a amené les colonialistes français à signer les Accords de Genève mettant fin à la guerre, rétablissant la paix en Indochine et libérant le Nord-Vietnam de leur joug.
Les Accords de Genève à peine signés, les impérialistes américains ont pris la relève des Français et transformé le Sud-Vietnam en une base militaire colossale dans l'intention de diviser perpétuellement le Vietnam. Dans la conjoncture d'alors, les populations et les forces armées vietnamiennes, sous la direction du Comité central du Parti et du général Giap, mettaient leurs efforts à réaliser les deux tâches stratégiques : édifier et défendre le Nord socialiste et pousser la révolution nationaliste et populaire dans le Sud. Elles ont défait les stratégies militaires américaines et allaient de victoire en victoire avant de déclencher au printemps de 1975 l'ultime Offensive Hô Chi Minh historique libérant tout le Sud-Vietnam, réunifiant le pays et y construisant le socialisme.
Dans le pays réunifié où la paix a été ramenée, le général Giap, en qualité de chef de l'organisation du Parti dans l'armée (jusqu'en 1978), vice-Président du Conseil des ministres et ministre de la Défense, et la Direction du Parti, de l'Etat et de l'Armée dirigeaient la réalisation des deux tâches stratégiques : construire le Vietnam socialiste et le défendre d'une part et procéder au renouveau du pays de l'autre.
Le général Giap s'est acquitté en 1980 de ses fonctions de ministre de la Défense, tout en restant membre du politburo du PC (jusqu'en 1982) et vice-Premier ministre chargé des questions scientifiques et techniques.
Giap a pris la retraite à l'âge de 80 ans. De 1992 à sa mort, le général Giap était directeur des travaux de recherche Les pensées Hô Chi Minh et la Voie de la révolution vietnamienne et conseiller du programme de recherches d'Etat Etudes des pensées Hô Chi Minh, président d'honneur de l'Association des vétérans vietnamiens, de l'Association vietnamienne des sciences historiques, du Fonds vietnamien d'encouragement aux études, du Fonds vietnamien d'assistance aux innovations scientifiques et techniques, de l'Association des anciens enseignants vietnamiens.
Sa vie durant, le général Giap se mettait entièrement au service de la cause révolutionnaire du Parti et de la nation. Se dégageaient de lui les qualités remarquables d'un révolutionnaire fidèle et indomptable ne trahissant jamais la cause révolutionnaire du Parti et se donnant corps et âme aux objectifs et idéaux du communisme. Quelles que soient les situations, sa foie et sa fidélité restaient inébranlables envers le Parti et le peuple, ce qui est reflété dans ce qu'il avait dit de son vivant : "Je travaille pour le pays autant que je reste en vie."
Le général Giap était un disciple brillant et proche du Président Hô Chi Minh. Avant et pendant la Révolution d'Août, durant les neuf ans de la guerre anti-française, il vivait et travaillait à ses côtés, recevait de lui des enseignements et se voyait confier par lui d'importantes charges dans les domaines militaire, politique, diplomatique… Il mettait ses efforts à s'imprégner des pensées du leader génial Hô Chi Minh, de sa volonté, de ses vertus, de sa manière d'être et de son style de vie, et à se perfectionner, à se cultiver et à suivre son exemple.
Durant sa vie de révolutionnaire, le général Giap pensait constamment à tenir compte de la réalité, ce qui lui permettait de s'imprégner des pensées Hô Chi Minh, de ses vertus et de sa manière d'être. Il était un de ceux qui ne tardaient pas à se pencher sur le cas Hô Chi Minh et à écrire des articles sur lui, à étudier ses pensées de façon fondamentale, intégrale et systématique et à apporter d'importantes contributions aux travaux de recherche sur les pensées Hô Chi Minh et à leur matérialisation, notamment à l'établissement des fondations à la hochiminhologie. De par ses travaux de recherche Les pensées Hô Chi Minh et la voie de la révolution vietnamienne, Les pensées militaires Hô Chi Minh et Le monde change, les pensées Hô Chi Minh perdurent, le général Giap a contribué à matérialiser les pensées Hô Chi Minh et à faire d'elles les bases de l'idéologie de tout le Parti, de toute l'armée et de toute la population, et la boussole de leurs actes dans la nouvelle époque.
Etudier les pensées Hô Chi Minh et les matérialiser dans tous les domaines, notamment sur le terrain militaire, servait de fil conducteur au général Giap dans ses activités révolutionnaires. Il disait constamment que suivre à la lettre les pensées Hô Chi Minh jouait un rôle décisif dans leurs études.
2. Le général Giap, le commandant en chef et le combattant aîné de l'Armée populaire vietnamienne qui a apporté d'importantes contributions à l'édification d'une armée puissante, ce qui avait une influence décisive sur la lutte victorieuse contre les colonialistes français et les impérialistes américains agresseurs.
Le général Giap a reçu ses quatre étoiles et est devenu le premier général quatre étoiles de l'Armée populaire vietnamienne. De lourdes charges qui pesaient sur ses épaules de jeune (il avait alors 37 ans) ne l'empêchaient pas de mener à bien ses tâches. Ses recherches, son entraînement et sa volonté lui ont valu la confiance que le Parti, le Président Hô Chi Minh et le peuple vietnamien plaçaient en lui. Les trente ans des charges de commandant en chef de l'Armée populaire vietnamienne et de chef de l'organisation du Parti dans l'armée ont confirmé que Giap était un militaire hors de pair, un dirigeant jouissant d'un grand prestige du Parti, de l'Etat et du peuple du Vietnam, gagnant la confiance et la sympathie des officiers et soldats qui le proclamaient "le combattant aîné" de l'Armée populaire vietnamienne.
Sous la direction du Parti et du Président Hô Chi Minh, le général Vo Nguyên Giap s'est révélé par les grandes contributions qu'il apportait à l'édification d'une Armée populaire vietnamienne puissante, régulière, aguerrie et de plus en plus moderne. La Brigade de propagande armée pour la libération nationale -la première troupe régulière composée de 34 combattants armés de fusils et mousquetons- s'agrandissait au fil des jours pour devenir une véritable armée forte de régiments, de corps d'armée aguerris et munis de volonté d'acier face aux envahisseurs. La victoire de Diên Biên Phu "retentissante de par le monde" a montré que l'armée vietnamienne grandissait et murissait sous la direction clairvoyante du Parti et du Président Hô Chi Minh bien-aimé, et sous le bâton de commandement judicieux du général Giap. C'était pour la première fois dans le monde que l'armée d'une petite colonie d'Asie a vaincu celle d'une puissance européenne.
Durant la guerre de défense contre les impérialistes américains, le général Giap restait à la tête de l'armée et, avec le politburo du Parti, élaborait des politiques stratégiques. Il n'a pas tardé à faire des propositions et avait de grands mérites dans la construction d'une armée populaire régulière et moderne et la mise en place de diverses armes telles Défense aérienne, Armée de l'air, Marine, Forces spéciales, la construction de la Piste Hô Chi Minh sur terre et sur mer en vue de ravitailler les forces combattantes dans le Sud jusqu'à la victoire finale. Particulièrement, quand la fin des atrocités approchait, le général Giap a proposé la constitution des corps d'armée (1, 2, 3 et 4) susceptibles de multiplier la puissance des divisions et de régler les questions posées par la combinaison des diverses forces jetées dans les batailles d'envergure requérant d'énormes puissances de destruction. La Campagne militaire du printemps de 1975 se terminant par l'Offensive Hô Chi Minh historique a confirmé la créativité du général Giap et la pertinence de ses propositions qui, d'une part, ont répondu à la demande de la situation sur le terrain et, de l'autre, satisfait à un besoin de l'extension des forces armées et de régler les questions posées par la guerre de l'époque.
3. Le général Giap, un génie militaire qui, avec le Parti, le peuple et l'armée, allait de victoire en victoire et réalisait des faits d'armes éclatants
Aux tournants historiques de la révolution vietnamienne depuis la Révolution d'Août 1945 et dans toutes les opérations militaires des guerres de résistance contre les colonialistes français et les impérialistes américains, et en combattant sous la bannière triomphante du Parti et du Président Hô Chi Minh, le général Giap a contribué à faire remporter des victoires retentissantes réagissant sur le cours de l'histoire de la nation. Il est devenu un général légendaire, un génie militaire de l'époque… et a soulevé l'admiration d'un grand nombre de chefs d'Etat, d'hommes politiques, d'érudits, d'historiens, de journalistes, d'écrivains et de gens de par le monde et s'est attiré leur respect.
Le général Giap était un spécialiste de premier rang des arts de la guerre par le peuple du mouvement de libération nationale aussi bien dans le pays que le monde. Tantôt il s'agit, pour la partie belligérante faible en nombre et en force, de combats étirés dans le temps dans l'attente d'un changement des forces comparatives; tantôt c'est de saisir l'occasion qui se présente pour gagner une bataille stratégique susceptible de faire changer les conjonctures de la guerre; tantôt c'est aussi la construction des forces armées à trois composantes, leur organisation et leur utilisation destinées à transformer petit à petit les forces naissantes modestes en des armées, des armes, des corps d'armée aguerris capables de gagner des batailles sur le terrain; tantôt la question consiste à prendre l'initiative en matière de stratégies et au niveau d'opérations militaires, à bien analyser et estimer la situation avec la pensée stratégique profonde, à bien envisager les éventualités, à juger vite les intentions et l'action de l'ennemi pour avoir l'initiative en matière de forces, d'organisation des dispositifs de combats et de manière de combattre; tantôt il s'agit d'organiser des réseaux d'approvisionnements stratégiques et des campagnes…
Le général Giap était un chef qui excellait dans l'art de la stratégie et qui était à la fois maître tacticien et maître stratège. Il était un général talentueux, un commandant qui, à tout moment, pesait le pour et le contre quant aux rapports de force, prenait l'initiative de faire faire changer par l'adversaire le plan de bataille à l'avantage des troupes propres à lui en vue de déjouer les calculs tactiques, stratégiques et d'opérations de l'adversaire avant de le mettre K.-O. Un bel exemple en était de passer de la tactique dite d'"attaque-éclair pour prompte victoire" à celle d'"attaque sûre pour avancement sûr" permettant à Giap de défaire les colonialistes français à Diên Biên Phu et de remporter la victoire finale dans la guerre de résistance aux colonialistes français. D'autres exemples confirmant le talent de Giap le stratège : le choix de Buôn Ma Thuôt dans le Tây Nguyên (Hauts-Plateaux du Centre) pour faire une percée dans la ligne de défense ennemie; proposition de faire exécuter avant termes le plan de la libération du Sud-Vietnam en 1975 quand l'occasion s'est présenté; signal d'attaquer donné à temps pour libérer Huê et Dà Nang ainsi que les îles de Truong Sa, accord pour la constitution de la colonne de troupe d'Est et ordre donné à ses troupes d'"Agỉr avec rapidité et avec la rapidité de l'éclair" et d'"Il faut de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace"; ordre donné à la colonne de troupe d'Est de maintenir le rythme des progressions pour atteindre Saigon dans les meilleurs délais sans attendre l'action des quatre autres colonnes dans la Campagne Hô Chi Minh historique victorieuse conduisant à la libération du Sud-Vietnam puis à la réunification du pays. Dans les opérations militaires d'envergure décisives, on a toujours affaire à un général Giap résolu, éclairé et distingué pour sa pensée militaire et tacticienne ainsi que son don pour commander.
Le général Giap a enrichi ses connaissances et formé ses talents dans le domaine militaire en s'inspirant, d'une part, de l'histoire des luttes contre les envahisseurs de sa nation et de l'histoire militaire mondiale, et de l'autre, des batailles qu'avait livrées l'armée vietnamienne. C'est ce qui lui a permis de faire la différence, de forcer l'admiration de par le monde et de se faire reconnaître pour un général célèbre, un des généralissimes sans égal de l'histoire de l'humanité…, un de très peu nombreuses personnes qui puissent faire changer le cours de l'histoire.
4. Le général Giap, celui qui a apporté de grandes contributions à la formation et au développement des doctrines militaires, de la politique de la guerre par le peuple propre au Vietnam de l'époque Hô Chi Minh
Le général Giap était un militaire de génie qui s'occupait lui-même du plan de bataille et de l'ordre de bataille lors des opérations d'envergure et qui a vaincu des généraux de renom français et américains. C'est lui qui apportait sa contribution à la formation et au développement des doctrines militaires vietnamiennes de l'époque Hô Chi Minh traduites dans la guerre par le peuple propre au Vietnam et la devise dite de vaincre la cruauté par l'indulgence. Ces doctrines sont le prolongement et la mise en valeur des leçons tirées de l'histoire des luttes contre les envahisseurs des ancêtres des Vietnamiens.
Selon la ligne du Parti et les doctrines militaires Hô Chi Minh, faire la guerre consiste notamment à faire faire la guerre par le peuple et sur tous les plans; à accepter une guerre longue et compter sur ses propres forces sans négliger un facteur important qu'est les aides de l'extérieur; à mettre sur pied les forces armées à trois composantes (milices, forces militaires supplétives, troupes régulières) dont le noyau est la troisième; déclencher la guérilla à des degrés à déterminer par étapes tout en faisant la guerre conventionnelle; à faire faire la guerre par les populations et par des procédés variés, à lutter contre le fort par le faible, contre le gros par le petit, contre les troupes en grand nombre par les troupes aguerries, à masser et disperser les troupes selon les circonstances, à faire valoir le courage, les ruses de guerre, la discipline et la discrétion, à ne livrer bataille que quand on est sûr de la gagner; à se contenter des petites victoires avant de remporter la victoire finale…
Le général Giap ne se contentait pas d'être pleinement conscient de la politique de la guerre par le peuple et de s'y attacher, il se montrait original, créatif, organisé et efficace dans sa matérialisation. Il prenait en considération la mise en place des organisations du Parti "saines et efficaces" au sein des forces armées, se préoccupait de la formation non seulement du caractère politique et combatif, du sens de la tactique et de la capacité de combat des officiers et soldats de l'Armée populaire vietnamienne, mais aussi de l'inculcation des qualités d'un "soldat de l'Oncle Hô" chez eux.
En vue de réussir et dans la lutte contre les envahisseurs et dans la construction nationale, le général Giap prenait le soin d'associer la lutte armée à celle sur les plans politique, diplomatique, idéologique, culturel; de lier les questions de la défense nationale à celles de l'économie, de la sécurité…
Sous la direction du Bureau politique du Parti dirigé par le Président Hô Chi Minh, le général Giap a, avec l'armée et les populations héroïques, fait parvenir la lutte sacrée du peuple vietnamien à un haut degré de l'art militaire. La conduite judicieuse de la guerre par le peuple, sur tous les plans et pour un temps non déterminé est venue à bout de la stratégie de guerre-éclair et d'autres des plus puissants impérialistes (français et américains) dans le XXe siècle. C'était inédit dans l'histoire de l'art militaire mondiale.
5. Le général Giap, un homme de culture de prestige qui apportait de grandes contributions aux domaines de l'éducation, de la presse, de la diplomatie, de l'histoire… et au mouvement révolutionnaire mondial
Giap était non seulement un militaire brillant, mais également un des grands hommes de culture vietnamiens. Il a mis d'énormes efforts à rédiger des mémoires et des ouvrages d'histoire. Par ses œuvres telles Le peuple nous fait naître, Les jours inoubliables, Combattre encerclés, Diên Biên Phu le rendez-vous historique, Le Quartier général les jours du Printemps victorieux, Les pensées Hô Chi Minh et la voie de la révolution vietnamienne…, le général Giap a donné aux lecteurs, tant à intérieur qu'à l'extérieur du pays, une vision plus claire sur le cachet du peuple vietnamien, ses traditions culturelles et la source de sa puissance, lesquels les aidaient à aimer, à admirer davantage le Vietnam et ses habitants.
Non seulement Giap était un général vietnamien célèbre, mais rendait aussi d'énormes services à d'autres domaines tels éducation-formation, sciences-techniques, presse, diplomatie, culture, histoire… C'était un personnage talentueux et respectueux, politiquement et militairement éminent.
En donnant des cours d'histoire à l'école primaire privée Thang Long à Hanoi (en mai 1939), Vo Nguyên Giap l'instituteur, animé par sa sève pour la révolution, et ses collègues ont transmis à leurs élèves le patriotisme et l'amour pour le peuple, réveillé en eux le zèle et le sens de responsabilité pour soi-même, le pays et la nation. Dans la situation où le pays accédait à l'économie intellectuelle et à l'intégration mondiale, Vo Nguyên Giap le général a, à plusieurs reprises et du fonds de son cœur, dit son idée dans l'espoir de faire relever l'éducation nationale.
Le général Giap a rendu d'importants services au développement de la science-technique du pays en tant que Vice-président du Conseil des ministres. Très jeune, il était déjà un remarquable reporter en dissertation politique. Les milieux journalistiques d'alors étaient bien impressionnés par son premier article intitulé A bas le petit tyran à l'école Quôc Hoc de Huê ! qu'il a fait paraître dans l'Annam de Me Phan Van Truong du 24 mars 1927 à Saigon. Dans la période où le Front démocratique était en pleine activité de 1936 à 1939, Giap a lancé le journal L'Âme de la Jeunesse. Avec certains de ses camarades, il a fondé et écrivait pour les journaux légaux d'alors tels La Voix du Peuple, Notre Voix, Le Travail, En Avant, Rassemblement… Lui et Truong Chinh ont rédigé Les questions des travailleurs qui servaient de boussole à la direction sur place du Parti. Giap a été élu président du Cercle journalistique du Tonkin au premier congrès des journalistes tonkinois le 24 avril 1937.
Dans le domaine d'études de l'histoire, les écrits du général Giap couvraient le plus de terrains de l'histoire contemporaine du Vietnam. Des articles consacrés aux travailleurs paraissant dans les journaux aux leçons d'histoire qu'il donnait de son estrade à l'école primaire privée Thang Long en passant par des centaines d'articles relatifs à l'histoire qu'il a fait publier à la commémoration des grands hommes ou des événements historiques ou lors des colloques scientifiques… constituent des informations, des documents, des données de grande valeur sur l'histoire. Et les écrits récapitulatifs sur la guerre de Giap et ses ouvrages consacrées aux théories militaires, aux pensées Hô Chi Minh et aux deux guerres de libération des Vietnamiens, particulièrement ses Mémoires réunies, constituent des ouvrages scientifiques relatifs aux événements historiques les plus importants de la deuxième moitié du XXe siècle.
Diplomatiquement parlant, les contributions du général Giap sont également reconnues très importantes. Après le 2 septembre 1945 où le Président Hô Chi Minh proclamait son indépendance, la jeune République démocratique populaire du Vietnam (actuellement la République socialiste du Vietnam) se heurtait à d'innombrables difficultés et la nation vietnamienne semblait se trouver "sur le fil du rasoir", Giap, en sa qualité de ministre de l'Intérieur (des Affaires intérieures et de la Police réunies) se voyait confier par le Président Hô Chi Minh (alors président du Gouvernement et ministre des Affaires étrangères) d'importantes missions diplomatiques : se rapprocher de la nouvelle Mission américaine débarquant à Hanoi avec des Français, aller à la rencontre, dans le grand hall du Palais du Gouverneur à Hanoi, de Jean Sainteny (alors commissaire de la République française pour le Tonkin et l'Annam du Nord) en vue de la signature des Accords du 6 mars 1946, entrer en contact avec le général Leclerc suite à la signature des accords préliminaires, ou les joutes oratoires et celles d'esprit à la Conférence de Dà Lat… Où qu'il soit, Giap n'a laissé filer aucune occasion pour pouvoir parvenir à l'établissement de la paix indispensable à la réalisation de l'ultime objectif : l'indépendance de son pays et son unification.
Le général Giap a aussi rendu de grands services au mouvement révolutionnaire mondial, notamment à la lutte pour la paix, l'indépendance nationale, le progrès social, contre l'oppression et l'injustice dans les pays colonisés d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine. Cela a été confirmé par des personnalités, des forces politiques et sociales de nombreux pays de ces continents.
6. Le général Giap, un dirigeant exemplaire en matière de vertus révolutionnaires et jouissant d'un grand prestige du Parti, du peuple, de l'armée et des amis dans le monde
De par ses 80 ans d'activités révolutionnaires, le général Giap a consacré sa vie à la cause révolutionnaire du Parti, du peuple et de l'Armée du Vietnam. De lui se dégageaient les qualités et la personnalité d'un grand homme de culture, et un exemple typique des vertus révolutionnaires, à savoir : assiduité, économie, probité, honnêteté, équité, impartialité. En Giap étaient réunis aussi les six qualités requises par Hô Chi Minh pour ses généraux : stratagème, courage, personnalité, prestige, probité et fidélité. Il était un exemple de la probité, de la simplicité, de l'indulgence, de la générosité, de la modestie, de la soif de connaissances, de la solidarité, de la fidélité et de l'affection pour ses compatriotes et ses camarades. De l'union de son affection pour l'homme et de son amour pour la Patrie se dégage, aux yeux de ses compatriotes et des amis internationaux, l'image d'un dirigeant généreux et talentueux, d'un militant compétent, d'un révolutionnaire fidèle et indomptable, d'un homme qui s'est donné entièrement à son Parti, à son peuple, à son pays sans aucunement penser à ses propres intérêts.
Giap gravait dans son cœur les enseignements du Président Hô Chi Minh, tels "Les intérêts communs priment tout" ou "Tenir tête à l'inconstance par la constance sans porter préjudice à cette dernière" ou "La révolution est la cause des populations"… qu'il pratiquait à la lettre en tant que sa devise d'être toute sa vie. Non seulement il faisait preuve de l'indépendance et de l'innovation d'un dirigeant de niveau stratégique, mais se montrait également responsable, sérieux et exemplaire en tant qu'organisateur et militant. D'une part, Giap avait un esprit scientifique, des principes ponctués de souplesse, et de l'autre, prônait le rôle du collectif et respectait les décisions d'échelons supérieurs. Il se donnait la peine de tenir compte de la réalité, d'approfondir les choses et d'être à l'écoute des masses, des spécialistes, des scientifiques. Le général Giap avait une foi totale en la puissance du peuple et se mêlait à lui; travaillait d'arrache-pied à l'édification du bloc de grande union nationale; et se consacrait entièrement à la réalisation des travaux qui lui étaient confiés par le Parti, le peuple et l'armée.
Les Vietnamiens témoignent leur respect au général Giap qu'ils nommaient "le général du peuple". Officiers et soldats vietnamiens le proclament "le combattant aîné" de l'armée. Giap est digne d'être "Le commissaire politique des commissaires politiques, le commandant en chef des commandants en chef, le général des généraux" et "le commandant en chef économe du sang de ses soldats". Dans le monde, la personnalité du général Giap et ses vertus lui ont valu d'être le Héros national du peuple vietnamien.
Pour ses 103 ans de vie et plus de 70 ans de communiste, le général Giap a contribué énormément et brillamment à la cause révolutionnaire vietnamienne. Sa vie de révolutionnaire sert d'exemple à ses compatriotes, aux officiers et soldats vietnamiens. Son image et ses contributions à la cause du Parti et du peuple restent vivants à jamais pour la Patrie, le pays et gravés pour toujours dans le cœur des Vietnamiens et d'amis de par le monde. Dans l'oraison funèbre qu'il prononçait lors des funérailles nationales de Vo Nguyên Giap, le secrétaire général du PC vietnamien, Nguyên Phu Trong, a dit : "Le Parti, l'Etat et le peuple du Vietnam apprécient bien les grands mérites du général Vo Nguyên Giap. Officiers et soldats des générations le proclament le combattant aîné de l'Armée populaire vietnamienne. Sa personne, sa personnalité et ses énormes contributions restent gravées dans la mémoire des Vietnamiens et à jamais, il est le général des Vietnamiens et son nom reste éternellement inscrit dans l'histoire nationale." ./.
source : ambassade du Vietnam en Algérie
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