Le 8 mars, journée des droits des femmes, une date symbolique à ne pas banaliser, mais ô combien solitaire sur nos calendriers. Et pourtant que de luttes dans notre histoire pour l'émancipation des femmes.
Que de combats menés pour l'égalité salariale hommes/femmes, pour la reconnaissance des femmes dans l'entreprise, pour la disparition de la double journée de travail, pour la reconnaissance pleine et entière de la maîtrise de leur propre corps, pour les services publics et la démocratie qui le permettent…
Et des victoires aussi, parce que les luttes engendrent des victoires : le planning familial, la pilule et l'avortement, un début de reconnaissance salariale dans l'entreprise, la mise en place de services publics, le droit de vote et l'autonomie civile…
Mais des victoires fragiles. Le nombre de mortes sous les coups de conjoints nous le rappelle chaque année. Tout comme le nombre de travailleuses précaires dans le pays. On ne compte plus les régressions sociales et humaines subies par les femmes pour cause de réduction de la dette publique ou de soutien aux logiques du capital.
Au fond, si elles ont dû parfois se battre pour imposer leurs aspirations émancipatrices, y compris dans le mouvement syndical et politique progressiste, la lutte pour l'émancipation des femmes est autant une singularité des luttes d'émancipation humaine qu'une facette et un prolongement des luttes sociales où hommes et femmes sont au coude-à-coude, solidaires dans un combat commun. Toute l'histoire du mouvement social le montre.
C'est ce qu'illustre avec force l'ouvrage d'Alexandra Mikhaïlovna Kollontaï que nous vous proposons à la lecture cette semaine. Ou encore celui de Pagù, véritable ovni de la lutte féministe, qui tisse les liens sociaux entre le corps et le désir féminin. Enfin, l'anthologie Femmes poètes de la Chine recueille des poèmes de plus de cent-vingt femmes poètes, voix rarement entendues datant de l'époque la plus reculée de la poésie lyrique chinoise jusqu'à nos jours.
L'équipe du Temps des Cerises