PCF
VENDREDI, 17 JUIN, 2016
HUMANITE.FR
Le 13 juin dernier, un tribunal du Qatar a condamné à un an de prison une jeune néerlandaise pour adultère… Parce qu'elle a subi un viol après avoir été droguée et avoir porté plainte.
Si la mobilisation internationale a permis son extradition rapide, le procès a vu des institutions judiciaires et médiatiques considérables mettre en scène la culpabilité de la victime et la souffrance de son agresseur, et dire à la face du pays qu'il ne coûte pas bien cher de commettre un viol mais qu'y résister, par contre, est passible de prison.
La même démarche animait, au début du mois de juin, le juge qui a instruit le cas Brock Turner, un étudiant de l'université américaine de Stanford. Il avait agressé une autre étudiante alors qu'elle était inconsciente à l'occasion d'une fête organisée sur le campus. Stupeur : il était condamné à six mois de prison, dont trois fermes, bien qu'il ait reconnu tous les faits. Le juge et la défense ont voulu que le verdict ne gâche pas l'avenir du jeune homme, par ailleurs sportif. Ils ont scandalisé l'opinion publique en cherchant à montrer que 20 ans de sa vie seraient détruits « pour 20 minutes d'action » dues à l'insouciance de la victime. La victime elle, a raconté ce qu'était devenue sa vie à elle, faite de cauchemars, d'angoisses, de dégoût de son propre corps, mais aussi de résistance face aux méthodes de harcèlement mobilisées par la défense, qui l'a traînée dans la boue durant des mois pour montrer sa culpabilité ou son « ambiguïté ».
Comme au Qatar, les forces patriarcales n'ont fait l'économie d'aucune méthode pour protéger le criminel et pour punir celle qui a eu l'insolence de dénoncer son calvaire.
Là aussi, la mobilisation a permis de briser l'entre-soi dans lequel ces vestiges d'un autre siècle comptaient instruire l'affaire : les femmes et le peuple américain, des personnalités publiques, des forces internationales se sont aussitôt mobilisées en faveur de la jeune femme, obtenant d'ores et déjà la prise de position du vice-président des États-Unis et le retrait du juge de ce genre d'affaires.
La culture du viol, loin d'être l'apanage de certains pays est au centre de l'ensemble des sociétés contemporaines.
Partout, nous devons nous mobiliser pour condamner avec la plus grande fermeté les agresseurs et rendre justice à toutes les femmes, celles qui font la « Une » comme celles qui subissent ces crimes en silence.
source: http://www.humanite.fr/qatarviolences-coupables-davoir-subi-un-viol-pcf-609920
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