jeudi 26 novembre 2015
25 novembre 2015, à l’issue d’une déclaration du Gouvernement, suivie d’un débat, les sénateurs ont autorisé la prolongation de l’engagement des forces aériennes au-dessus du territoire syrien.
Le groupe CRC s’est abstenu. Explication de Michelle Demessine Sénatrice du Nord :
Alors que la France est encore sous le choc des attentats, nous sommes appelés à autoriser le Gouvernement à prolonger l’intervention en Syrie. Ce n’est pas une formalité juridique. Le principal argument invoqué est qu’elle répond à des menaces directes contre la France et sa population - nous pensons tous très fort aux victimes.
La situation est complexe comme le sont les solutions. Nous nous félicitons qu’il y ait un débat parlementaire sur une question qui touche si lourdement le pays.
Le 15 septembre dernier, nous avons eu un premier débat. Nous avions alors fait part de réserves sur l’efficacité de notre intervention et notre stratégie en vue d’une solution politique. Aujourd’hui, le contexte est nouveau : les circonstances tragiques, les attentats, l’intervention de la Russie en Syrie, les efforts diplomatiques pour réunir une coalition unique, les discussions de Vienne, le changement d’attitude des États-Unis vis-à-vis de l’Iran ont tout changé. Nous bombardions des camps d’entrainement accueillant des djihadistes français, nous frappons aujourd’hui les infrastructures pétrolières de Daech et apportons un appui aérien aux Kurdes.
Le président de la République a donc changé de position diplomatique, ce que nous apprécions. La France a finalement considéré que la destruction de Daech était la priorité, demandant au Conseil de sécurité des Nations unies de voter la résolution 2249, qui ne donne pas formellement le droit d’agir puisque ne relevant pas du chapitre VII, mais qui donne un cadre nécessaire.
Ces frappes peuvent être efficaces ; mais elles devront répondre à des objectifs politiques clairement déterminés par la nouvelle coalition. C’est là qu’est l’urgence. Nous soutenons donc les initiatives du chef de l’État qui rencontre les dirigeants américain, britannique, russe et allemand ces jours-ci. Les questions sensibles ne manquent pas : le calendrier, les modalités de la transition, l’attitude ambiguë du Qatar, de l’Arabie saoudite et de la Turquie - alors que l’incident récent entre ce pays et la Russie pourrait faire obstacle à la mise sur pied de la coalition. C’est dire si le processus diplomatique est fragile.
Il faut assécher les sources du financement de Daech, lutter contre le trafic de pétrole qui l’enrichit considérablement, appuyer les forces démocratiques en Syrie et en Irak, faire cesser la répression turque contre les Kurdes qui se battent pour leur liberté et pour la nôtre, leur livrer des armes, des médicaments, faire lever le blocus imposé par la Turquie entre les Kurdistan syrien et irakien. Notre pays devrait jouer un rôle plus actif à Vienne sur la reconstruction de la région. Nous ne pouvons pas nous exonérer d’un examen des responsabilités historiques, comme celles des États-Unis en Irak.
Pour le groupe communiste républicain et citoyen, le recours à la force militaire ne peut être qu’un dernier recours soumis aux exigences de la légalité internationale, et toujours au service d’une solution politique. Ce n’est pas de l’angélisme, mais être fidèle à nos valeurs et répondre à une exigence de sécurité.
Nous nous abstiendrons.
source:http://www.elunet.org/spip.php?article89786
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