le 28 novembre 2015
Hier, le journaliste Can Dündar, rédacteur en chef du quotidien Cumhuriyet, a été arrêté pour avoir diffusé en une du journal des photographies de camions affrétés par l'Etat turc transportant des armes en direction de la Syrie. Il s’agissait d’armer des brigades islamistes lors de la bataille de Kobane. Cette attaque judiciaire contre un journal historique du pays n’est pas anodine. Il s’agit dans le même temps de camoufler la réalité de la politique étrangère menée par Erdogan, mais aussi d’attaquer l’un des symboles de la défense de la laïcité dans le pays.
Nous apprenons en plus qu’aujourd'hui, le bâtonnier du barreau de Diyarbakir dans l’Est de la Turquie et principale ville du Kurdistan turc a été assassiné. Tahir Elci, figure emblématique de la lutte pour les droits politiques sociaux et culturels avait auparavant été arrêté pour apologie du terrorisme. Lors d'une émission télévisée, il avait indiqué que le PKK était un groupe politique armé et non simplement un groupe terroriste. Interdit de quitter le territoire et sous contrôle judiciaire, son procès devait avoir lieu le 19 avril 2016. Nous exprimons toutes nos condoléances à la famille de la victime et aux militants des droits et des libertés qui ont perdu leur collègue.
L'état actuel de la Turquie est très inquiétant. L'état de droit reculant de plus en plus faisant place à une dictature s’un homme et d’un parti. La répression politique s’accompagne d’un capitalisme débridé, reposant sur une belle spéculative, l’AKP ayant participé à la liquidation des entreprises publiques par de vastes programmes de privatisation. L’équation de la politique de l’AKP pourrait être résumée comme suit : la Turquie soutien à mots couverts Daesch, c’est le pays qui détient les deux tristes records mondiaux de l’emprisonnement de journalistes et du nombre d’accidents du travail.
Les évènements de ces derniers jours doivent être mis en lien avec les répressions des mouvements syndicaux, des mouvements politiques, des minorités ethniques et religieuses, des mouvements étudiants et de la casse de tous les acquis laïcs et progressistes de la République ou encore les dures répressions des manifestations dites de Gezi et de la mise en Etat de siège de plusieurs villes de l’est du pays.
Nous jeunes communistes de France demandons : La libération des jeunes et étudiants prisonniers politiques. La libération des acteurs politiques de Turquie, la sortie du PKK de la liste des organisations terroristes, La reconnaissance des droits et libertés des minorités, le respect des droits syndicaux et sociaux, le respect de la liberté de la presse indépendante et la fin des accords policiers entre la France et la Turquie.
Nous le disions lors du résultat des dernières élections : les progressistes de Turquie vont avoir besoin de toute notre solidarité, cela est chaque jour toujours plus vrai.
source: http://www.jeunes-communistes.org/2015/11/28-gouvernement-turc-l%E2%80%99akp-contre-droits-et-libert%C3%A9s-population-turquie-12618?utm_source=dlvr.it&utm_medium=facebook
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