le 11 juillet 2015
DémocratieEnseignement supérieurInternational
Depuis son élection à la présidence du Mexique en 2012, Enrique Peña Nieto a tout fait pour ne pas se démarquer de ses prédécesseur et continue leur politique répressive à l’égard de la population, déteriorant la situation des droits humains dans le pays. Violences policières, arrestations arbitraires, disparitions, tortures et d’autres crimes d’État se sont multipliés en totale impunité. Les médias non complices et les ONG sont disqualifiés, la justice est entravée, les féminicides se multiplient sans aucune condamnation officielle. Déjà plusieurs liens entre des élus, des forces de police et de l'armée avec les narcotrafiquants ont été confirmés. Quarante mille assassinats ont eu lieu en moins de trois ans, victimes des barons de la drogue, ou bien des autorités aussi corrompues que les politiciens. Un autoritarisme sanglant qui est couplé à des mesures économiques néoliberales, à des privatisations massives (du pétrole à l’eau) qui font des ravages parmi les classes populaires.
Le monde universitaire n’a pas été épargné par la vague répressive. Nous rappelons que le gouvernement de Peña Nieto est responsable de la disparition en septembre dernier de 43 étudiants normaliens de l’Ecole rurale d’Ayotzinapa, qui s'étaient rassemblés pour récolter des fonds pour leur école, afin de pouvoir payer leurs études, de dénoncer les baisses de budgets et les inégalités avec les villes. Il est également responsable des violences policières en mars dernier contre les étudiants de Tixtla qui protestaient contre les dégradations des conditions de vie, et de la répression contre les enseignants d’Acapulco qui exigeaient des améliorations salariales (un enseignant fut tueé lors des affrontements). Ces étudiants et enseignants, leurs proches et leurs familles attendent encore d’obtenir justice et vérité ! Mais le système judiciaire et les pouvoirs politiques mexicains agissent avec une telle lenteur qui met toujours plus en évidence les connivences en place, dans un pays rongé par un pouvoir corrompu qui s'appuie sur les cartels pour réprimer violemment les mouvements populaires.
Au lieu de prendre position en faveur des droits humains mexicains, de réclamer à haute voix la fin de la répression et du bafouement de l’État de droit, le président français François Hollande a préféré adresser à Peña Nieto une invitation officielle pour participer aux commémorations du 14 juillet 2015 à Paris. Une fois de plus, les liens entre la France et le Mexique sont soumis exclusivement aux considérations qui relèvent de la « diplomatie économique ». La société civile mexicaine s’était adressée à la communauté internationale pour réclamer justice, son appel reste sans écoute en France.
L’Union des Étudiants Communistes condamne la présence de Peña Nieto aux commémorations du 14 juillet. Nous demandons au président Hollande de retirer cette invitation et de prendre de mesures de sanction. Nous appelons ainsi à participer à la manifestation du peuple mexicain contre la visite de Peña Nieto le 12 juillet à 15h30 au Trocadéro, à Paris. Nous soutenons les familles mexicaines qui ont vu la disparition de l'un de leurs proches, et tous ceux qui mènent la lutte contre le gouvernement mafieux mis en place et soutenu par les puissances impérialistes. Nous exigeons justice et vérité pour les étudiants et enseignants d’Ayotzinapa, Tixtla et Acapulco ainsi que pour toutes les victimes du pouvoir mexicain.
source:http://www.etudiants-communistes.org/2015/07/11-non-%C3%A0-venue-enrique-pe%C3%B1-nieto-justice-%C3%A9tudiants-d%E2%80%99ayotzinapa-12391#.VaDmKvkd0nM
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