8 mai 1945-8 mai 2015 : L'idéal de paix et de développement humain reste à conquérir
Le 8 mai prochain, nous célèbrerons le 70e anniversaire de l’armistice et de la victoire sur la barbarie nazie marquant la fin de la Seconde Guerre mondiale.
La Résistance et la Libération de notre pays furent le fruit de l'action convergente de tout ce que la France comptait de forces démocratiques et républicaines parmi lesquelles de nombreux hommes et femmes réfugiés en France pour échapper à la mort en Espagne, en Arménie, en Pologne, en Allemagne, et qui participèrent activement à la lutte contre l'Occupant et contre le régime collaborationniste de Vichy.
Mai 1945 fut la victoire des forces de la vie, de la justice et de l'espoir contre celles, destructrices, du nazisme et du fascisme qui dévastèrent l'Europe, étendant le théâtre des hostilités au Maghreb, à l'Afrique et à l'Asie, et envoyèrent à la mort des millions de civils dans les camps d'extermination et de concentration.
La libération des camps par les forces alliées révélèrent toute l'ampleur de la terrifiante entreprise d'élimination systématique des juifs d'Europe, ainsi que des tsiganes et des populations slaves mais aussi les tortures subies par des Antillais et Africains déportés. Et la victoire sur le nazisme eut un impact considérable sur les peuples et les forces qui luttaient contre le colonialisme.
En France, le programme du Conseil national de la résistance – qui reste le cauchemar du MEDEF – a, lui, ouvert la voie à la reconstruction de la France, fondée sur des exigences de progrès et de justice sociale, de solidarité et de paix, et des conquêtes sociales rendues possibles par les luttes des travailleurs et salariés de notre pays.
Le Parti communiste français prit une part essentiel et incontournables à la Résistance, en payant le pris dans la mort et la déportation, à la Libération et à la reconstruction de la France par sa détermination, son travail de rassemblement et son audace à mobiliser notre peuple à la conquête de droits nouveaux tels que le droit de vote des femmes et la création de la Sécurité sociale.
70 ans plus tard, l'idéal d'une Europe de paix et de développement humain, social et solidaire a été piétiné. Ancrée dans la mondialisation capitaliste qui a fait exploser les inégalités sociales et économiques, la construction européenne, ultralibérale, et sa crise ont non seulement aggravé les conditions de vie et de travail des Européens avec des politiques d'austérité forcenée mais elle favorise aujourd'hui le retour de l'extrême-droite et des populistes prônant le repli sur soi, le chacun pour soi, la xénophobie, l'autoritarisme et les surenchères militaristes.
Avec le déclenchement du conflit en Ukraine, l'Europe abrite à nouveau en son sein une crise aux conséquences mondiales. L'UE ne peut s'enfermer dans le déni auto-satisfait en fermant les yeux sur les surenchères nationalistes et les forces d'extrême droite sur lesquelles le pouvoir de Kiev s'appuie, en cherchant à humilier et à étrangler financièrement la Russie, en livrant des armes et en faisant pression pour la mise en application d'un accord de coopération et de libre-échange avec une Ukraine exsangue, application qui remettrait en cause l'application de l'accord Minsk 2.
Au contraire, sans en rabattre sur l'exigence démocratique avec quelque dirigeant européen que ce soit, l'UE devrait d'abord chercher à construire un cadre de sécurité et de coopération communes incluant la Russie et permettant à des pays comme l'Ukraine de développer leurs échanges tant avec l'Est qu'avec l'Ouest du continent.
L'interdépendance qui caractérise notre époque peut et doit être le socle de solidarités nouvelles comme y invite la Charte des Nations unies qui n'a rien perdu de sa force et de sa pertinence.
Se souvenir du 8 mai 1945, honorer les Résistants, les morts au combat et les déportés c'est, 70 ans plus tard, faire nôtre leur engagement pour un monde plus juste de développement humain, social et écologique partagé où chacune et chacun, à égalité, a le droit à une vie digne et décente, à l'éducation, à la culture, au travail, à la santé, à l'énergie, où chacune et chacun doit avoir le droit de se déplacer, libre de ses convictions philosophiques, politiques et religieuses, chacune et chacun libéré de toute discrimination, de toute violence, de toute domination, de toute exploitation, des guerres et des humiliations.
Les forces existent dans notre pays pour ouvrir un nouveau chapitre de justice sociale, de partage et de liberté, pour une Europe et un monde de solidarité, de développement et de paix. Celles et ceux qui font la France d'aujourd'hui aspirent à un avenir et des Jours heureux. Le PCF s'y consacre pleinement.
Parti communiste français,
Paris le 6 mai 2015
source: facebook
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