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PTB:Le gouvernement craint le nouveau plan d’action des syndicats

Le gouvernement craint le nouveau plan d’action des syndicats

9 Janvier 2015

auteur:

Joris Van Gorp

Le 15 janvier, le gouvernement, les employeurs et les syndicats se rencontreront dans le cadre d’une discussion sur la destination de l’enveloppe bien-être, sur la problématique de la fin de carrière et sur la création d’emplois. Au-dessus des têtes plane de spectre de nouvelles actions syndicales.

D’où vient cet empressement soudain du gouvernement et des employeurs à vouloir mettre des réunions sur pied ? Au cours des mois précédents, on n’entendait quasiment dans leurs parages que des discours musclés : toutes les propositions de concertation ou d’alternatives étaient chaque fois balayées de la table avec le même leitmotiv : « Cela ne figure pas dans l’accord de gouvernement ». Après une grande manifestation, trois journées provinciales de grève et une autre journée nationale de grève, le ton du gouvernement et des employeurs a changé.

Un gouvernement dans ses petits souliers

À une question que lui posait un journaliste sur ses perspectives, durant les congés de fin d’année, Bart De Wever avait répondu : « Que la situation se calme un peu. Que nous créons enfin un mouvement de soutien dans l’opinion. Que la politique retombe un peu sur ses rails. Que nous puissions arriver au bout du tunnel. Que les perspectives reviennent. Les gens peuvent avoir beaucoup, du moment qu’ils sont convaincus qu’il y a un arc-en-ciel à la fin du voyage. »[1]

Bart De Wever et le gouvernement ont été effrayés par l’ampleur et la dureté des grèves et de la résistance sociale. Ils craignent de voir les grèves reprendre. Car, dans ce cas, le gouvernement devrait amender fondamentalement sa politique ou l’abandonner. Le gouvernement se rend compte aussi que les grèves ont une assise de plus en plus large au sein de l’opinion publique. À Bruxelles, en Wallonie et en Flandre. Cela, le Premier ministre de l’ombre, Bart De Wever, n’aurait jamais imaginé que ce soit possible. Et il y a autre chose : le mouvement citoyen Hart boven Hard, qui était né en guise de réaction contre l’austérité du gouvernement flamand, a pris dès septembre les devants en vue de créer une base à la résistance sociale. Dans un même temps, Hart boven Hard a été imité dans la partie sud de notre pays, avec l’apparition du mouvement citoyen francophone Tout autre chose. Tout cela renforce la base de la protestation et sape encore un peu plus la base de soutien à la politique gouvernementale.

« Que les perspectives reviennent » : Bart De Wever est « surtout effrayé par le TGV de la désinformation » [2]. En d’autres termes, c’est la résistance sociale qui a pu marquer des points dans l’opinion publique avec ses critiques contre les mesures du gouvernement. « Le grand problème, c’est que le gouvernement a particulièrement mal communiqué »[3], dit également Eric Van Rompuy, du CD&V.

La N-VA aussi mal mise

Bart De Wever constate aussi que la résistance sociale a su mettre à l’ordre du jour la fiscalité injuste : « L’esprit est sorti de la bouteille et on ne parvient plus à l’y faire rentrer. » Avec l’affaire Luxleaks, avec Marc Coucke qui a vendu son entreprise en réalisant un bénéfice faramineux, De Wever dit qu’ « on a tout confondu » et qu’on en a tiré la mauvaise conclusion que « les riches ne paient pas. »[4]

Bart De Wever constate également avec appréhension comment, de ce fait, son parti (la N-VA) perd des plumes aux yeux de l’opinion publique : « Mais le clou a bien été enfoncé : cette affaire des super-riches qui échappent à tout et surtout que c’est également ce que veut cette coalition. Et certainement la N-VA. Parce que ce serait un parti qui ratisse 30 %, mais qui ne pend la défense que de 1 %. »[5] C'est pourquoi sur beaucoup de fronts Bart De Wever lance une offensive médiatique en ce début d'année pour reprendre la main.

Division au sein du gouvernement et des patrons

La résistance sociale a accru les contradictions dans le gouvernement, d’une part entre la N-VA et l’OpenVLD et, d’autre part entre le CD&V et le MR. La N-VA et l’OpenVLD ne voulaient d’abord rien savoir du mini-accord[6], avec une addition de plus de 100 millions, mais le gouvernement l’a quand même approuvé de crainte, sinon, de voir le CD&V laisser tomber le gouvernement. Le vice-Premier Jan Jambon (N-VA) a admis que son parti avait négocié un virage : « Nous prenons aujourd’hui un léger virage pour finalement atteindre le but proposé dans l’accord de gouvernement. »[7]. Toutes ces choses montrent que les contradictions au sein du gouvernement s’accroissent.

Et, du côté des employeurs aussi, les contradictions se sont accrues. Il ne se passe pas un jour sans que l’un ou l’autre employeur ne s’exprime dans un journal contre le saut d’index, parce que « cela met les syndicats en rogne ». De Tijd écrit : « La grogne au sein du monde des entreprises jette un froid de plus au sein du gouvernement. Celui-ci gémit depuis des mois sous les coups répétés des syndicats et de l’opposition qui prétendent qu’il fait saigner la classe moyenne afin de distribuer des cadeaux aux riches et aux entreprises. Maintenant que les entreprises sont également au pied du mur des lamentations, le gouvernement semble ne plus pouvoir rien faire de bien pour personne. »[8]

Cinq atouts forts et un super atout

Ces derniers mois, la lutte sociale a disposé de six atouts puissants. La solidarité interprofessionnelle, l’unité autour des aspirations centrales, l’unité nationale entre Flamands, Wallons et Bruxellois, le front commun syndical et une importante assise parmi la population. Ces atouts ont convergé pour en former un sixième : un plan d’action enthousiasmant. Le plan d’action a organisé la solidarité interprofessionnelle, nationale, syndicale et publique en une lutte pour les aspirations centrales : retrait du saut d’index, pas de relèvement de l’âge de la pension, halte au démantèlement des services publics et introduction d'un impôt sur les fortunes.

Ces puissants atouts ont déjà plongé ce gouvernement dans de graves problèmes, quelques mois à peine après son accession au pouvoir. C’est pourquoi il met tout en œuvre pour éviter de nouvelles grèves. Via la concertation, via la communication, via le jeu de pouvoir prétendant que « les grèves n’aboutissent de toute façon à rien »... Tout cela doit servir à empêcher un nouveau plan d’action similaire au précédent. Car le gouvernement se rend compte qu’un tel nouveau plan d’action va l’obliger à faire des concessions sérieuses, voire très sérieuses.

[1] http://m.newsmonkey.be/article/27421

[2] http://m.newsmonkey.be/article/27421

[3] De Tijd, 30 décembre 2014.

[4] http://m.newsmonkey.be/article/27421

[5] http://m.newsmonkey.be/article/27421

[6] Pour plus d'infos sur ce mini-accord, voir zie http://pvda.be/artikels/geen-enkele-belangrijke-toegeving-van-regering-o...

[7] De Standaard, 24 décembre 2014.

[8] De Tijd, 30 décembre 2014.

source;http://ptb.be/articles/le-gouvernement-craint-le-nouveau-plan-d-action-des-syndicats

Tag(s) : #europe

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