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BALAI CITOYEN : « NOTRE RÊVE POUR LE BURKINA »

BALAI CITOYEN : « NOTRE RÊVE POUR LE BURKINA »

Durant de nombreuses années, une bonne partie du peuple burkinabè a nourri le rêve commun de voir le président du Faso changer. Ce rêve est devenu réalité, ou presque, avec le départ du pouvoir, le 31 octobre dernier, de Blaise Compaoré qui n’a pas pu résister à l’insurrection populaire. Ce qui devait être un soulagement n’en est pas encore un du fait que les Burkinabè ne sont pas encore parvenus à une véritable alternance démocratique – on cherche encore l’organe de la transition et ses dirigeants – et de ce fait, un ‘’nouveau’’ rêve se dessine à l’horizon pour ce peuple.

Pour définir la coloration de ce nouveau rêve, Burkina 24 est allé à la rencontre de certains participants à la recherche de l’organe de transition. Nous vous proposons pour commencer, le rêve pour le Burkina de deux membres du mouvement le Balai Citoyen, notamment Me Guy Hervé Kam et Serge Bambara dit Smockey. Ils étaient, ce mercredi après-midi, de ceux qui attendaient de pouvoir discuter de l’avant-projet de la charte de transition, dans la salle de Conférence de l’Autorité du Liptako-Gourma.

Me Kam Guy Hervé, avocat à la Cour, porte-parole du mouvement le Balai Citoyen.

Mon rêve pour le Burkina Faso est très simple : c’est d’avoir au Burkina Faso des institutions fortes pour que plus jamais on n’ait des ‘’hommes forts au Burkina’’.

Burkina 24 : Que comptez-vous faire pour que ce rêve se réalise ?

Me K.G.H : Pour atteindre ce rêve, il faut que l’ensemble des composantes qui se sont battues pour que nous assistions à l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre se disent que nous ne sommes qu’au début de la lutte. Nous n’avons pas encore fêté la victoire parce que pour nous la victoire définitive ça sera le jour où le pouvoir sera transmis à un président démocratiquement élu sur la base d’institutions fortes.

Et même dans ce cadre-là, il faudrait que chaque partie prenante joue son rôle, et notamment les Organisations de la Société Civile, y compris le Balai Citoyen, continuent à rester des sentinelles pour que le Burkina Faso ne soit plus le Burkina Faso de la mal gouvernance, de la division, de la mauvaise gestion politique.

B24 : Malgré votre dévouement pour la mobilisation de la jeunesse, vous avez eu de nombreux détracteurs depuis le 31 octobre. Qu’en dites-vous ?

Me K.G.H. : Nous disons que probablement le seul jugement qui est sans appel c’est celui de l’histoire. On nous a reproché notamment d’avoir donné le pouvoir aux militaires, comme si nous en avions la capacité.

Mais nous posons la question de savoir si le Burkina aurait pu rester dans cette situation de tergiversation qu’on a actuellement depuis le 31 octobre à maintenant. La réponse est assurément non. Comme nous l’avions dit depuis le départ, il fallait que le pays ait un répondant et la seule institution de l’Etat, organisée, qui pouvait fournir ce répondant était l’armée.

Ce que les gens oublient c’est que le Balai Citoyen n’a pas été le premier à appeler l’armée au pouvoir. Lorsque le peuple appelait l’armée au secours, nous nous sommes joints à cet appel-là et nous avons demandé à l’armée de prendre ses responsabilités.

Et aujourd’hui plus que jamais on se rend compte que c’était une nécessité car tout le temps qu’on met pour préparer les institutions de la transition, naturellement, le pays n’aurait pas pu rester sans un guide au sommet de l’Etat jusqu’à aujourd’hui. Et de ce point de vue, je pense que seule l’histoire va nous donner raison.

Smockey, artiste musicien et accessoirement porte-parole du Balai Citoyen

Je rêve d’un pays qui retrouve la normalité après 27 ans de dictature et de règne sans partage, que le pays puisse enfin avoir des institutions qui fonctionnent normalement et que le citoyen lambda puisse enfin rêver d’un possible développement et d’une vraie émergence, au contraire de ce qu’on nous a vendu pendant des années alors que la triste réalité était la pauvreté d’un grand nombre.

B24 : Que comptez-vous faire pour que ce rêve se réalise ?

S. : Pour réaliser ce rêve, nous avons décidé de nous engager déjà, de devenir des activistes tant et si bien que nous avons même hérité de l’étiquette politique. Si c’est ce petit sacrifice qu’il faut consentir pour arriver à avoir un droit de regard sur la gestion de la chose publique, nous sommes prêts pour ça.

Pour atteindre ce rêve, nous sommes prêts à devenir des sentinelles et nous assurer que les règles d’une démocratie convenable vont bien être appliquées et ne pas profiter qu’à un clan.

B24 : Que pensez-vous de la proposition de l’armée de retirer certaines branches de l’organe de transition ?

S. : Pour le moment, je pense que nous sommes au stade des propositions. Que chaque partie fasse ses propositions. Nous préférons rester dans nos principes de veille citoyenne, en s’assurant que les contrats qui vont être conclus profiteront largement au peuple.

S’il y a de petites concessions qui sont faites de part et d’autres, nous ne devons pas perdre de vue que l’essentiel doit être là : que le pouvoir soit rendu au civils.

Tag(s) : #afrique

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