Suite à l’amende record de l’Etat américain à l’encontre de BNP-Paribas et l’absence de toute intervention de l’Etat belge – pourtant actionnaire principal – dans cette affaire, plusieurs partis plaident pour revendre la participation de l’Etat dans BNP-Paribas. Le PTB plaide au contraire pour la reprise sous contrôle public des filiales belges de BNP-Paribas.
L’actionnaire principal (à hauteur de 10 %), l’Etat belge a été aux abonnés absents dans toute l’affaire BNP-Paribas. Il a investi un capital considérable dans BNP-Paribas lors de la revente de Fortis mais visiblement, il ne surveille pas, il ne contrôle pas ce qu’on fait avec l’argent du contribuable belge. Personne au Parlement ne semble savoir ce que les représentants belges au Conseil d’administration de BNP-Paribas ont su, dit ou fait.
Pire, l’Etat belge n’a rien à dire au Conseil d’administration de BNP, il n’a pas de voix au Conseil d’administration. Il y a deux administrateurs qui sont belges : Michel Tilmant et Emiel Van Broekhoven. On apprend ce mardi matin que s’ils ont été présentés par le gouvernement belge, ils ont été élus comme administrateurs indépendants par les actionnaires de BNP Paribas. « Nous ne rapportons donc pas à la SFPI (le bras financier de l’État), et pas plus au ministre des Finances ou à qui que ce soit d’autre. Les choses qui ne sont pas rendues publiques, nous ne pouvons pas les partager », affirme Emiel Van Broekhoven à l’Echo.
Marco Van Hees, spécialiste banques au service d’étude du PTB et député fédéral : « C’est vraiment incroyable ! L’Etat devrait savoir ce qu’on fait avec l’argent des épargnants belges qui ont leur compte à la BNP-Paribas Fortis. Il devrait savoir ce qu’on fait avec les actions qu’il détient équivalents à des milliards d’euros. Or maintenant, tout est opaque et est laissé dans les mains de banquiers privés. Depuis 2008, le gouvernement affirme qu’il fait tout pour contrôler réellement les banques, il a même adopté en grande pompe une réforme bancaire il y a quelques mois. Mais quand il est lui-même actionnaire d’une banque, il n’a visiblement même pas un droit de regard sur des opérations bancaires de grande envergure. Et même ces représentants au Conseil d’administration ne doivent pas lui rendre des comptes. »
« Le gouvernement belge doit étudier toutes les possibilités de reprendre le contrôle sur les filiales belges de BNP Paribas, avance Marco Van Hees. Les responsables du fait que l’Etat belge n’a aucun contrôle dans BNP-Paribas, même via ses administrateurs désignés, doivent être sanctionnés. Nous continuons d’avancer la nécessité d’une banque publique, d’un service public bancaire, d’une CGER du 21e siècle. C’est la seule garantie que l’Etat belge reprenne le contrôle dans les banques où il a des intérêts. L’Etat doit faire en sorte que l’argent du petit épargnant soit protégé de toute spéculation (et autre transaction douteuse), et que des prêts bon marché puissent être accordés aux citoyens. »
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