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Photo: Francis Fernández 

Dans l'étroite Quebrada del Yuro, on peut encore sentir l'odeur de la poudre. C'est là, derrière un rocher qui porte les impacts de nombreux coups de feu, que le commandant Ernesto Che Guevara livra son dernier combat en Bolivie et le premier du Guérillero héroïque pour son exemple immortel.
C'était le 8 octobre 1967, alors que 17 combattants cubains, boliviens et péruviens – ce qui restait de l'Armée de libération nationale qui avait commencé la lutte pour la véritable émancipation du peuple bolivien au mois de novembre précédent – défendaient la stratégie conçue par le Che dans son projet politique pour l'Amérique latine et cherchaient à se réorganiser après les lourdes pertes qu'ils avaient subies.
Ils se déplaçaient sans guide à travers les montagnes arides près de La Higuera, dans le but de rechercher des zones plus favorables, d'entamer une période de récupération, d'établir un contact avec la ville, où l'appareil urbain avait également subi de lourdes pertes, d'incorporer de nouveaux membres à la guérilla et de poursuivre la lutte. Mais la Quebrada allait devenir un piège, car il devenait très difficile de sortir de ce site très abrupt, sans végétation ni eau, ce à quoi s'ajoutait la mauvaise condition physique des guérilleros, due au manque de nourriture, aux maladies et à la fatigue après de longues marches pour tenter d'échapper à l'ennemi qui les poursuivait.
Les guérilleros ignoraient que 3 000 soldats de l'armée bolivienne avaient occupé les positions élevées, si bien qu’ils étaient pratiquement encerclés. Lorsqu'ils rencontrèrent les premières patrouilles de l'armée, un combat inégal commença. Le Che donna l’ordre de se retirer tout en continuant de combattre, et de se rendre au point de rencontre convenu en cas d'éventualité.
Selon les survivants, le Che décida alors de diviser le groupe en trois flancs : droit, centre et gauche. Dans l'un, les hommes les plus expérimentés, pour couvrir la zone ayant les meilleures possibilités de sortie ; l'autre, dans un canyon latéral dans le même but, mais avec un feu ennemi moins intense et le centre, dirigé par le Che, afin de couvrir les combattants malades, pour qu'ils puissent sortir de l'encerclement et avancer vers des lieux sûrs, ce qui témoigne de l'humanisme qui l'a toujours caractérisé.
 La confiance du Che dans les combattants les plus expérimentés s’avéra judicieuse, car ce sont eux qui réussirent à percer le siège et seraient les seuls survivants de la guérilla. Le groupe de malades parvint à échapper aux soldats et à s'enfuir de la Quebrada. Ils furent sauvagement massacrés plus tard, alors qu'ils se cachaient, en attendant le moment propice pour se rendre dans un endroit plus sûr.
Dans une position proche se trouvaient les Cubains Orlando Pantoja Tamayo (Olo), René Martinez Tamayo et Alberto Fernandez Montes de Oca, qui tombèrent sous le feu nourri de l'armée. Le Che, blessé à la jambe, fit face à l'avancée ennemie afin de protéger la retraite de ses compagnons.
Envoyé par le Che à la recherche d’autres positions, le Bolivien Aniceto Reinaga fut capturé. Le Bolivien Willy (Simon Cubas) tenta de faire sortir le Che de la Quebrada, alors qu’il était  déjà encerclé, avec son fusil rendu inutilisable par coup de feu et blessé à la jambe. Mais il fut capturé avec le Péruvien Juan Pablo Chang (El Chino), et tous trois emmenés à la petite école de La Higuera, où ils furent lâchement assassinés le lendemain.
« La décision (...) d'assassiner le Che, par le Péruvien Juan Pablo Chang et les Boliviens Simeon Cubas et Aniceto Reinaga a été prise à Washington et imposée au (président) général René Barrientos », expliquent les chercheurs Froilan Gonzalez et Adys Cupull.
Gonzalez a rappelé que les stations de radio diffusèrent la nouvelle de la mort du commandant Guevara le matin du 9 octobre, alors qu'en réalité le crime avait été perpétré à 13h10 dans l'après-midi de ce jour-là, par un sergent qui a dû s'enivrer pour tirer sur lui une rafale, de la poitrine vers le bas, comme le lui avaient ordonné ses supérieurs. Le guérillero blessé se leva de sa chaise et lui ordonna : « Tirez ! car ici, il y a un homme ! »
Ce hameau autrefois inconnu est aujourd'hui visité en permanence par des personnes du monde entier, qui viennent dans ces montagnes pour rendre hommage au Guérillero héroïque et à ses compagnons, et où les habitants déposent des fleurs à celui qu'ils appellent San Ernesto de La Higuera.

source : https://fr.granma.cu/cuba/2022-10-12/le-dernier-combat-du-che-en-bolivie

Tag(s) : #Bolivie, #CheGuevara

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