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La criminalisation politique déployée en Amérique latine et dans les Caraïbes depuis plusieurs années est une stratégie géopolitique des États-Unis visant à s'assurer le contrôle de ce qu'ils appellent de façon méprisante leur « arrière-cour »

Auteur: Milagros Pichardo | internet@granma.cu

1er septembre 2022 08:09:30


Des centaines d'Argentins demeurent devant le domicile de Cristina Fernandez pour lui exprimer leur soutien, malgré la répression policière. Photo: La Nación
La criminalisation politique déployée en Amérique latine et dans les Caraïbes depuis plusieurs années est une stratégie géopolitique des États-Unis visant à s'assurer le contrôle de ce qu'ils appellent de façon méprisante leur « arrière-cour ».
Face à la montée croissante des gouvernements progressistes et de gauche dans la région, les États-Unis et leurs acolytes dans chaque pays mettent en place un mécanisme de discrédit et de poursuites, qui inclut la collaboration de l'industrie des médias et de fractions du pouvoir judiciaire.
Le discours est axé sur « la lutte contre la corruption », « la défense des droits de l'Homme » et « la criminalisation des leaders populaires ».
Il existe plusieurs exemples de politiciens victimes de cette machinerie : Manuel Zelaya (Honduras), Evo Morales (Bolivie), Fernando Lugo (Paraguay), au Brésil les anciens présidents Dilma Rousseff et Luiz Inacio Lula da Silva ; bien que ce dernier, malgré les accusations, soit actuellement en tête des sondages pour les élections présidentielles dans le géant sud-américain.
La vice-présidente de l'Argentine, Cristina Fernandez de Kirchner, est actuellement dans le collimateur de l'une de ces fausses poursuites, bien que ce ne soit pas la première fois qu'elle fasse l'objet d'une persécution judiciaire et médiatique.
Au cours de son mandat présidentiel (2007-2015), elle avait été accusée d'irrégularités dans son administration - même sans preuves, sur la seule base de présomptions propagées par la presse.
Ensuite, sous le gouvernement de Mauricio Macri (2015), une douzaine d'affaires judiciaires ont été ouvertes ; mais elle a réussi à surmonter les fausses accusations, et en 2019, elle a accompagné l'actuel président Alberto Fernández en tant que colistière.
Aujourd'hui, elle doit faire face aux accusations du procureur Diego Luciani, qui a requis une peine de 12 ans de prison contre la sénatrice, et une disqualification politique perpétuelle pour l'affaire Vialidad, dans laquelle elle est accusée d'avoir « fraudé l'État lorsqu'elle était présidente ».
Mais pourquoi livrer maintenant la guerre juridique contre la dirigeante péroniste ? N'oublions pas que, bien que les élections présidentielles argentines aient lieu en octobre prochain, c'est précisément pendant cette période que les candidats se forment et se renforcent. Selon un récent sondage d'Opinia - qui avait mesuré les primaires présidentielles pour 2023 - Cristina Fernandez est donnée gagnante au sein du Frente de Todos (Front de tous), la coalition au pouvoir.
 A la question : « Si dimanche prochain il y avait un vote pour élire le président de la nation et que les listes et candidatures suivantes étaient présentées, pour qui voteriez-vous ? », les personnes interrogées ont placé Cristina parmi leurs favoris.
La guerre juridique vise à détruire l'image publique et à disqualifier un adversaire politique, qui plus est de taille, comme Cristina Fernandez le montre aujourd'hui. Cette persécution se combine à des actions apparemment « légales » pour faire pression sur l'accusée et son entourage. Le but : lui faire perdre son soutien populaire.
Dans ce cas, c'est le contraire qui s'est produit. Plus de dix jours après l'accusation, des centaines d'Argentines et d’Argentins organisent des concentrations devant son domicile pour lui exprimer leur soutien, malgré la répression policière ordonnée par le chef du gouvernement de Buenos Aires, Horacio Rodriguez Larreta, qui a également refusé d'enlever les clôtures autour de la maison de l'anciene présidente.
Selon plusieurs spécialistes, la persécution de Cristina Fernandez vise, en premier lieu, sa condamnation et sa proscription ; la rupture de sa représentativité, fondée sur ses liens étroits avec les secteurs les plus dépossédés de la société ; et les tentatives d'effacer les traces du péronisme et de liquider le pluralisme politique.

source : https://fr.granma.cu/mundo/2022-09-01/un-nouveau-cas-de-judiciarisation-politique-en-amerique-latine

Tag(s) : #Argentine, #Fernandez

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