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Photo du vidéoclip de Sin fronteras

La chanson Sin fronteras, écrite par Tony Succar, un auteur aux multiples facettes et Diego Giraldo, est sortie récemment. L'un de ses grands attraits est la participation de trois femmes qui représentent plusieurs régions de la salsa au niveau continental et qui, réunies, ont encore enrichi un genre aussi authentique que celui-ci.
Les voix de Mimy Succar, La India et Haila ou, en d'autres termes, du Pérou, de Porto Rico et de Cuba, ont été choisies pour accompagner, à partir de leurs perspectives particulières et de leurs possibilités vocales, une chanson qui dépeint et exalte la femme latine, son  autonomisation et sa force dans une zone géographique marquée fréquemment par des préjugés et des siècles de disparité sociale.
Un peu plus d'un mois après sa sortie, elle a déjà atteint un million de vues sur YouTube, et bénéficie d'une bonne position sur les stations de radio de plusieurs pays, ainsi que d'un accueil critique favorable.  Cependant, à ces chiffres, je pense qu'il faut ajouter quelques nuances qui intéressent particulièrement les Cubains.
En premier lieu, nous trouverons le fait qu'une invitation ait été adressée à une artiste cubaine résidant à Cuba, ce qui pourrait peut-être sembler redondant, mais ne l'est pas. Il se trouve que Tony et Diego ont fait un choix risqué et courageux dans le cas d’Haila, en raison de ce qu'elle symbolise pour notre pays en termes de racines et de musique. La chanteuse, qui a été violemment attaquée pour le simple fait qu'elle vit à Cuba, est depuis de nombreuses années une continuatrice et une rénovatrice du « son », de la timba et de la salsa dans le monde.
Même si l’on a tenté de la soumettre et de l'extorquer à partir de positions extrémistes, son travail continue de consolider son propre style, riche d'influences directes de grandes femmes qu'elle n'a jamais reniées. Dans sa voix, il y a Celina, Celia, Celeste, Freddy, Amelita et bien d'autres, comme des affirmations d'une lignée musicale qui ne doit pas mourir parce que c'est le patrimoine cubain.
Au fait d’avoir été choisie pour la chanson Sin fronteras, nous pouvons ajouter l'empathie manifestée à son égard par Mimy Succar et La India, preuve du respect dont jouit la véritable musique cubaine. La manière dont elles ont réussi à communiquer – chacune à partir de son style d'interprétation particulier – avec le public, marquant de manière créative la saveur musicale latine, fut également le résultat attendu par les créateurs.
La délicatesse visuelle du clip vidéo, dans lequel le langage visuel accompagne de manière cohérente le texte de la chanson, n'est pas moins importante. Il était clair que les scènes de plage stéréotypées, les femmes sur des yachts exposant leur corps plantureux, sirotant du champagne, et des danseuses aux gestes érotiques auraient été de trop pour un clip à thème féminin. Espérons qu'il s'agira d'un outil commun pour les futures campagnes audiovisuelles cubaines, car il nous arrive parfois de placer notre boussole trop au nord, malheureusement.

source : https://fr.granma.cu/cultura/2022-08-03/haila-sans-frontieres

Tag(s) : #Cuba

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