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Des trafiquants de drogue jettent une partie des conteneurs de drogue à la mer lorsqu'ils sont interceptés par les forces cubaines. Photo : Avec l'aimable autorisation des Troupes Garde-frontières 

« Malgré les efforts intensifiés de la communauté internationale, le problème mondial de la drogue continue de mettre gravement en danger la santé, la sécurité publique et le bien-être de l'humanité, en particulier des enfants et des jeunes. Il menace également la sécurité nationale et la souveraineté des États et porte atteinte à la stabilité socio-économique et politique ainsi qu'au développement durable. »
C'est ainsi que l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (Onudc) a évalué la situation actuelle de phénomène, à l'occasion de la Journée internationale contre l'abus et le trafic illicite de drogues, célébrée le 26 juin.
MENACES POST-PANDÉMIQUES
La reprise progressive des vols commerciaux et de la circulation des marchandises par voie terrestre et maritime offre de plus grandes possibilités aux trafiquants de drogue, qui ont accumulé de grandes quantités de substances illicites pendant les années de pandémie et tentent à présent de les distribuer dans le monde entier. Le trafic et les ventes de drogue ont retrouvé très rapidement les niveaux d'avant la pandémie de covid-19, selon les responsables de l'onu.
Europol et l'Onudc s'accordent à dire que les monopoles mondiaux de la cocaïne enregistraient une production de plus de 1 000 tonnes en 2020, qu'ils ont commencé à commercialiser plus fortement à partir de 2021 aux États-Unis et en Europe, de sorte que la drogue a augmenté sa disponibilité sur leurs principaux marchés, ainsi que ses niveaux de pureté.
Le départ en catastrophe des États-Unis et de l'otan d'Afghanistan, occupé militairement pendant près de deux décennies sous prétexte de lutter contre le terrorisme et la drogue, a coïncidé avec des bénéfices records pour l'économie illicite des opiacés dans ce pays, estimés entre 1,8 et 2,7 milliards de dollars en 2021. L'un des commerces illicites les plus lucratifs du monde génère plus de 600 milliards de dollars par an dans le monde.
Tout en dévastant le pays par la guerre, Washington a fait de l'Afghanistan le plus grand fournisseur d'opium au monde, un statut obtenu pendant l'occupation militaire étasunienne, lorsque la culture du pavot a augmenté de 4 000 hectares par an pour atteindre 224 000 hectares en 2020. L'année dernière, plus de 6 000 tonnes d'opium ont été produites en Afghanistan, ce qui pourrait servir à fabriquer jusqu'à 320 tonnes d'héroïne pure.
En plus d'une grande capacité d'adaptation et d'incursion dans de nouvelles dynamiques de camouflage et de canaux de production et de trafic de la drogue, les organisations criminelles internationales augmentent leur activité par le biais de ce que l'on appelle le « dark web » ou web profond dans leurs efforts pour échapper aux forces de l’ordre. Il s'agit de recoins du Web, invisibles au grand public, auxquels on ne peut accéder qu'au moyen de navigateurs spéciaux, selon l'Onudc. Ils sont utilisés pour des ventes ou des « transactions de drogues sans contact », une tendance croissante, tout comme l'utilisation du canal postal pour ces activités illicites.
La pandémie a également entraîné une augmentation du nombre de consommateurs de différents types de nouvelles substances psychoactives dangereuses, d'autres à effet sédatif, comme le cannabis et les benzodiazépines ; l'arrivée d'une nouvelle génération de drogues synthétiques, moins chères mais plus mortelles ; et l'expansion des opioïdes comme le tramadol, l'augmentation de la puissance de ces substances et des consommateurs de marijuana, stimulée par les processus de dépénalisation.
Alors que les pays qui ont légalisé l'usage de la marijuana à diverses fins souffrent d'effets négatifs croissants sur la santé et la société, de nouvelles tendances se dessinent en faveur de la dépénalisation de la cocaïne, de l'héroïne et d'autres drogues, au mépris du Droit international, des accords et des conventions signés par la plupart des pays membres des Nations unies.
Le Canada, qui a enregistré 26 000 décès par overdose entre 2016 et 2021, s’apprête à dépénaliser la possession de petites quantités de substances telles que la cocaïne, l'ecstasy, l'héroïne et le fentanyl dans l'une de ses provinces (Colombie-Britannique) à partir de l'année prochaine.
Le fentanyl est responsable de la majorité des décès au Canada, notamment en Colombie-Britannique (9 400), la région la plus durement touchée par l'épidémie de surdoses, qui frappe également les États-Unis, où 70 000 des 107 000 décès par surdose survenus l'année dernière (soit une augmentation de 15 %) ont été causés par le fentanyl.  Le chiffre record des États-Unis signifie qu'une personne meurt d'une overdose toutes les cinq minutes.
DES SOLUTIONS MULTIFACTORIALES FACE AUX GRANDS DÉFIS
Ce dangereux fléau de la drogue menace aussi Cuba, située à seulement 90 miles des États-Unis, le principal marché mondial de la drogue et la destination de la plupart des cargaisons de stupéfiants qui passent par les routes maritimes et aériennes près de notre pays.
Les États-Unis sont également le point de départ de grandes quantités de substances sophistiquées produites dans leurs laboratoires, ce qui complique l'écheveau d'une région d'Amérique latine et des Caraïbes grande productrice de marijuana, de cocaïne et d'autres substances, si bien que les trafiquants tentent de placer leurs « produits » sur les marchés lucratifs du Nord ou partout où ils trouvent des prix élevés.
Cependant, notre pays n'est jamais resté inactif face à ces menaces, risques et dangers d'un phénomène qui ne peut être négligé une seconde.
Le système de lutte mis en place par les autorités cubaines continue d'agir efficacement contre les tentatives de contrebande ou d'introduction de drogues à travers nos frontières maritimes ou aériennes ; il démantèle les cultures locales de marijuana et neutralise les activités de trafic interne, comme l'a récemment rapporté l’émission télévisé Mesa Redonda (La Table ronde).
La nature multifactorielle de la stratégie cubaine pour affronter et prévenir ce fléau a été affinée et renforcée, avec son expression maximale dans la création en mars 1988 de la Commission nationale des drogues, et restructurée en 1998, caractérisée par une large participation interdisciplinaire, comprenant, entre autres, les ministères de la Justice, de la Santé publique, de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, de la Culture, des Relations extérieures et de l'Intérieur, ainsi que le Bureau du procureur général et la Douane générale de la République.
Le fait de concevoir la prévention et la lutte contre les drogues comme un système intégral a permis à notre pays de garantir la coordination des intérêts et des efforts entre les agences, les organisations politiques, sociales et de masse, ainsi que la collaboration internationale.
La stratégie cubaine vise à immuniser la société en s'appuyant sur les valeurs et l'éducation, ainsi que sur la pratique du sport et des loisirs sains, tout en favorisant une prise en charge médicale rapide des patients souffrant de dépendance et la réinsertion sociale des personnes condamnées pour des délits liés à la drogue.
Cuba est également signataire des principaux instruments juridiques multilatéraux sur les drogues, adoptés par les Nations unies. Notre pays a signé 11 traités d'extradition, 34 traités d'assistance juridique, 42 traités sur les drogues et 31 traités avec d'autres pays sur le transfert de délinquants condamnés.
L'essence préventive de la stratégie cubaine, ainsi que la vigilance et la lutte permanentes à l'intérieur du pays, à nos frontières et dans nos canaux de communication avec le monde extérieur, nous permettent d'accomplir notre volonté politique de tolérance zéro à l'égard des phénomènes complexes associés au fléau des stupéfiants, au milieu des nombreuses batailles que doit livrer le pays contre un criminel blocus économique, commercial et financier, et une politique hostile du gouvernement des États-Unis contre notre peuple, ainsi que l'impact de la pandémie covid-19 et de la crise économique mondiale.
Pour Cuba, la Journée internationale contre l'abus et le trafic illicite de drogues est l'occasion de rendre hommage à tous ceux qui, depuis plus de 60 ans, ont concrétisé la décision de mener une lutte à mort contre les drogues illicites et qui ont accompli le miracle de bannir, à jamais, la véritable cause des fléaux, maux et vices qui régnaient sur l'Île avant 1959 : le capitalisme et ses marchands.

source : https://fr.granma.cu/cuba/2022-07-07/les-reponses-de-cuba-au-fleau-de-la-drogue-sont-integrales

Tag(s) : #Cuba

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