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Édité par Francisco Rodríguez Aranega
2022-04-04 18:29:39

      


Auteur : Guillermo Alvarado


Il y a quelques jours, le président brésilien Jair Bolsonaro a une nouvelle fois fait étalage de sa nostalgie éternelle de la dictature militaire. Celle qui a imposé pendant 21 ans un régime de terreur au géant sud-américain. Celle qui a fait des milliers de victimes, dont des meurtres, des disparus, des torturés et des prisonniers politiques.

En utilisant des propos que certains pourraient attribuer à une sorte d'amnésie, mais qui en réalité frisent le cynisme, le chef de l'État brésilien a affirmé, lors de la présentation de sa nouvelle équipe gouvernementale, qu'entre 1964 et 1985, tout le monde avait le droit de circuler librement, de quitter le pays, de travailler, de fonder une famille ou d'étudier.

En ce sens, il partage l’avis de l'actuel ministre de la Défense, et son possible colistier pour les prochaines élections, le général Walter Braga Netto. Ce dernier a publié sur son site web que «le mouvement du 31 mars 1964 est un jalon historique dans l'évolution de la politique brésilienne».

Le chef militaire a ajouté que ce jour-là, les familles, l'église, les hommes d'affaires, les politiciens, la presse et l'armée ont uni leurs forces et sont descendus dans la rue pour rétablir l'ordre.

Pas un seul mot sur tous les excès perpétrés par le régime putschiste, dûment pris en compte par la Commission de la Vérité, qui a commencé ses jugements en mai 2012, soit 48 ans après le coup d'État contre le président Joao Goulart.

Selon les chiffres officiels, les militaires brésiliens seraient responsables de 475 meurtres et disparitions, de l’incarcération et la torture de 20 000 personnes et de la persécution de 35 000 opposants au régime, dont beaucoup ont dû abandonner le Brésil.

Les chiffres sont sans aucun doute beaucoup plus élevés car les forces armées ont refusé de collaborer avec les enquêteurs, sous couvert d'une loi d'amnistie promulguée en 1979 garantissant l'impunité à tous les tortionnaires, indépendamment du crime commis.

Il s'agit d'un document juridique adopté dans les dernières années de la dictature et qui viole plusieurs conventions internationales, notamment celles  établissant que les violations graves des droits de l'homme, comme la torture et les disparitions forcées, sont imprescriptibles et font l'objet de poursuites obligatoires.

Depuis que Bolsonaro a pris ses fonctions, la date du putsch est commémorée et le président lui-même a présenté des excuses à ce sujet. Parmi ses personnages préférés figure l'ancien chef de la police secrète, Carlos Brilhante Ustra, l'un des responsables de l'emprisonnement et de la torture de Dilma Rousseff.

Il s'agit sans aucun doute de précédents dangereux que les citoyens brésiliens devraient prendre en compte maintenant qu'ils sont à l'approche des présidentielles et de réfléchir à celui qu’ils voudraient voir à la tête d’un pays  d’une si grande influence sur notre continent.  

 

source : https://www.radiohc.cu/fr/especiales/comentarios/291068-une-nostalgie-dangereuse

Tag(s) : #brésil, #Bolsonaro

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