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Le Morro, phare et guide de l'entrée maritime de la capitale. Photo: José Manuel Correa

Nous l'avons dit des milliers de fois : nous ne vivons pas dans une société parfaite. Faite par des femmes et des hommes, comme dirait le poète trovador Pablo Milanés : « (...) celui qui l’a fait changer et non périr, n’est pas satisfait de toutes les choses, mais pour cela il donne désormais sa vie. »
Il est vrai que nous avons des problèmes d'approvisionnement, que nous devons faire de longues files d'attente ou acheter à des prix excessifs des aliments et d'autres produits de première nécessité ; il est vrai que la vie à Cuba devient difficile, que les transports semblent se dégrader de jour en jour et que les insupportables coupures de courant surviennent à chaque instant ; il est vrai qu'il y a des gens submergés par les problèmes, des gens qui décident de chercher fortune sur d'autres rivages.

Tout cela est vrai.

Mais il est également vrai que ce petit pays subit depuis plus d'un demi-siècle une guerre sans trêve ni merci, que nous sommes soumis à un blocus économique génocidaire sans équivalent dans l'histoire moderne, que nous sommes la cible d'un bombardement médiatique impitoyable.
Quant aux révolutionnaires, nous qui sommes engagés envers ce processus au-delà des pénuries et de la précarité, nous qui continuons à croire aux idéaux du socialisme, il nous reste à résister, à perfectionner, à changer tout ce qui doit être changé. C'est aussi ce que signifie ne rien donner à l'impérialisme « pas même un tout petit peu, comme ça », comme le disait cet autre poète appelé Ernesto Guevara.
Les moments difficiles ne disparaîtront pas d'un coup, et ils ne cesseront pas non plus d'apparaître sur notre chemin. Dans la chanson Cuba va, avec la voix de Silvio, nous continuons à entendre ces vers impérissables : « Peut-être qu'une machette s’est prise  dans les broussailles, peut-être que certaines nuits les étoiles ne veulent pas sortir. Peut-être devrons-nous ouvrir la jungle avec nos bras (...). »
L'histoire a démontré que l'ennemi ne fera pas de quartier, même au milieu d'une pandémie. Au contraire, il est probable que lorsque nous traverserons les circonstances les plus complexes, il intensifiera ses attaques et augmentera son agressivité. L'histoire a aussi démontré, cependant, que le fait d’être toujours ici, en ce point de la carte géopolitique que nous avons gagné à feu et à sang, ne dépend pas de l'ennemi. En dernier ressort, nous sommes les seuls à pouvoir détruire ce que nous avons créé.
Par chance, de nombreuses années se sont écoulées et nous n'avons toujours pas appris à nous rendre. Têtus, récalcitrants, éternellement insatisfaits, nous, les révolutionnaires, invoquons chaque jour un principe de Marti qui est, en même temps, une sorte de mantra : «  L'homme véritable ne regarde pas de quel côté on vit le mieux, mais de quel côté se trouve le devoir. »
Et même, si le jour venait pour nous d’être minoritaires, même si nous étions vaincus, nous continuerions à garder jalousement cette graine d'espoir qui a germé sur notre Île. Elle est très populaire cette expression qui évoque ceux d'entre nous qui allons rester pour « éteindre le [phare du] Morro », ceux d'entre nous qui sommes censés nous morfondre lorsque les autres auront abandonné le navire. Et même, si nous n'étions qu'une poignée, nous ne laisserions pas s'éteindre cette lumière.

source : https://fr.granma.cu/cuba/2022-04-11/eteindre-le-phare-du-morro

Tag(s) : #Cuba

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