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• Il existe une main-d'œuvre au service des plans subversifs parmi la minorité à l'intérieur de l'Île qui n'a pas les scrupules à faire le sale boulot de ceux qui les paient mais les méprisent.

Auteur: Iroel Sanchez | informacion@granmai.cu

12 avril 2022 10:04:15


Il existe une main-d'œuvre au service des plans subversifs parmi la minorité à l'intérieur de l'Île qui n'a pas les scrupules à faire le sale boulot de ceux qui les paient mais les méprisent.
• Il existe une main-d'œuvre au service des plans subversifs parmi la minorité à l'intérieur de l'Île qui n'a pas les scrupules à faire le sale boulot de ceux qui les paient mais les méprisent.
« À toute époque, les idées de la classe dominante sont les idées dominantes... » (Marx et Engels dixit). À l’ère de l'impérialisme, comme chacun sait, ce sont celles de la bourgeoisie, la classe sociale qui détient le pouvoir et l'hégémonie au sein du capitalisme mondialisé, dont les États-Unis sont l'hégémon mondial.
Cette hégémonie se construit et se reproduit par le biais de canaux de consensus social tels que les systèmes éducatifs, les produits de l'industrie culturelle, les médias, les organismes internationaux, les institutions religieuses et gouvernementales et le monde universitaire, dans un processus bien plus complexe que ce que nous pouvons décrire dans cet espace. L'avènement de l'Internet, loin de diminuer, a renforcé les hégémonies préexistantes alors que, en moyenne, les gens passent plus de six heures par jour sur le Net, et l'accès aux ressources technologiques et financières pour y exercer une plus grande influence, ainsi que les quelques entreprises qui contrôlent ces espaces, répondent aux mêmes relations préexistantes de classe, de domination et d'accumulation préexistantes dans le monde physique. La contradiction capitaliste entre le travail (de plus en plus social) et le capital (de plus en plus concentré) s'exprime sur Internet dans son utilisation croissante par des milliards de personnes face à une appropriation de plus en plus concentrée par une poignée d'entreprises des données générées par ces personnes. La brèche numérique (accès) se réduit, tandis que la brèche culturelle (capacité à produire et à positionner des contenus plus influents) se creuse.
À Cuba, la transition socialiste, à contre-courant de cette hégémonie capitaliste, est confrontée à de grands défis et à des désavantages très particuliers par rapport à d'autres pays qui, comme nous, ne partagent pas la permissivité envers la domination étasunienne et/ou développent des projets socialistes : une culture jeune, une indépendance récemment conquise, une population peu nombreuse avec une langue parlée par 540 millions de personnes, dans laquelle l'industrie culturelle de Miami a acquis une influence croissante en tant que productrice de goûts, de modes de vie, de besoins et d'aspirations, surtout parmi les jeunes et les adolescents hispanophones.
La classe bourgeoise dépendante vaincue à Cuba en 1959, et installée dans le sud de la Floride, a profité de ces caractéristiques, en alliance avec les institutions gouvernementales étasuniennes, pour chercher à exercer une influence au sein de la société cubaine, par exemple, avec le contrôle qu'elle exerce depuis là-bas sur la diffusion internationale de la musique latine.
Le fait que sur Internet les frontières s'effacent et que cela facilite ainsi l'entraînement, l'articulation et la rémunération des personnes à l'intérieur du pays a permis à la stratégie de changement de régime qu'ils préconisent de capitaliser les effets sociaux d'un moment particulièrement complexe (pandémie et guerre économique intensifiée) et de trouver la main-d'œuvre nécessaire pour servir ces plans parmi la minorité à l'intérieur de l'Île qui n'a pas les scrupules de refuser de faire le sale boulot au service de ceux qui les paient mais les méprisent.
À cela s'ajoute l'arrivée massive de résidents cubains sur les réseaux sociaux numériques, un scénario auparavant colonisé par les personnes nées ici mais vivant dans d'autres pays, qui sont soumises à un bombardement constant d'informations négatives sur leur pays d'origine. Ils subissent l'impact d'un discours pratiquement unanime des médias hégémoniques, ainsi que l'influence de l'industrie culturelle capitaliste avec son imposition de paradigmes anticommunistes.
À cette situation, déjà très défavorable en soi, se greffe l'articulation sur les réseaux sociaux numériques avec les sites web financés contre Cuba par les États-Unis et leurs collaborateurs sur l'Île. Ce sont les émetteurs d'un message en essence identique, mais dirigé de manière différente vers pratiquement tous les secteurs de la société.
Ce défi ne peut être relevé depuis Cuba qu'en combinant la formation massive d'un récepteur critique et la promotion de compétences pour participer à la création de contenus, ainsi que la diffusion de productions qui, avec des codes contemporains, sont porteuses des valeurs que nous défendons. En ce sens, le déploiement du service de données mobiles, avec l'augmentation de la portée et de l'immédiateté des processus dans l'espace numérique et son impact prévisible sur le monde physique, n'a pas été suffisamment accompagné d'une transformation radicale pour valoriser ces deux aspects.
La révélation en 2011, par Wikileaks, de la dépêche datée du 15 avril 2009 du chef de la Section des intérêts des États-Unis à Cuba, Jonathan Farrar, qui projetait une nouvelle contre-révolution en mettant l'accent sur les jeunes artistes et les blogueurs, avait annoncé vers où se dirigeait le recrutement pour le nouveau scénario. Plusieurs projets ont proliféré sur Internet visant à articuler les
secteurs mentionnés par Farrar, sur la base de valeurs contraires à la Révolution. L'augmentation des médias numériques financés depuis l'étranger ces dernières années n'a pas été confrontée à une croissance minimale des espaces de communication qui auraient abordé systématiquement des aspects de la guerre culturelle et de communication, ni en tant que nouveaux médias, ni en tant que nouveaux espaces au sein des médias traditionnels. Ces questions, en général, ont été abordées jusqu'à la fin de 2020, depuis des blogs et d'autres espaces et non dans les médias de la Révolution.
En conjuguant efficacement, sous le nez des institutions cubaines, des bourses, des événements et des publications, et en profitant de nos lacunes, les États-Unis ont réussi à progresser à Cuba dans la construction d'un consensus dans le discours public sur l'économie, le droit, la communication et le traitement de périodes historiques telles que la république bourgeoise néocoloniale et les premières années de la Révolution. Leurs projets sur le web ont donné un masque apparemment théorique au discours contre-révolutionnaire, et ils se sont efforcés de promouvoir une société civile virtuelle qui a accompagné, depuis ses titres universitaires, les tentatives de légitimation des actions visant à induire un coup d'État en douceur depuis fin 2020.
Ce n'est un secret pour personne que, dans la lignée de la dépêche de Farrar, la masse relativement importante de créateurs artistiques et littéraires de Cuba, dont une partie significative de la production ne trouve pas d'épanouissement économique à l'intérieur de nos frontières et cherche, comme leurs collègues d'autres pays, à s'insérer dans les circuits internationaux, a été la cible de chantages et de pressions de la part de la machine médiatique financée par les États-Unis. Ces collaborateurs de la stratégie subversive qui, sous couvert de la bannière de la liberté d'expression, ont organisé une manifestation devant le ministère de la Culture et ont réussi à entraîner des personnes honnêtes derrière eux, ont agi, consciemment ou non, pour défendre leur intérêt économique, qui ne peut plus renoncer aux revenus ou à la célébrité de ces projets. Il est vrai qu'ils sont désormais discrédités et démasqués, mais le fait qu'ils aient pu initialement présenter un autre visage et tromper plus d'une personne est aussi le résultat de nos faiblesses.
Parallèlement, dans les domaines de la consommation culturelle plus massive et commerciale, comme cela s'est produit avec certaines figures du reggaeton, l'action combinée de la machinerie de séduction (le marché de Miami) et de la terreur psychologique (les nouveaux médias et influenceurs qui ont émergé sous l'administration Trump) a permis à la stratégie de guerre culturelle de compter sur des leaders d'opinion cubains à son service. Dans ce scénario, l'absence de débat systématique sur ces questions a permis au petit groupe de personnes liées à la stratégie étasunienne de se présenter comme les porte-drapeaux de la liberté d'expression et de la lutte contre la censure face à l' « État répressif ».
Le tournant que le 11 juillet 2021 a représenté pour notre façon d'agir a porté ses premiers fruits dans la défaite, en novembre dernier, des plans impérialistes visant à provoquer un bain de sang dans le pays. Cela a abouti au démantèlement d'une grande partie de leur cinquième colonne à l’intérieur du pays. Cela a été possible, dans les pires circonstances économiques et alors que nous avons encore beaucoup de bureaucratisme dans notre fonctionnement institutionnel, grâce à l'information opportune du peuple, à l'émergence de nouveaux espaces révolutionnaires de communication physique et médiatique et à la mobilisation populaire, en particulier de la jeunesse, pour défendre la Révolution, ce qui démontre que peu importe les ressources dont disposent nos ennemis, ce qui est décisif, c'est ce que nous faisons, ce sont nos actions. Cependant, ce qui rendra notre victoire irréversible, en plus de la durabilité économique, c'est la consolidation de notre contre-hégémonie dans le champ des subjectivités.
Ce n'est pas que nous sommes passés à l'offensive et qu'il n'y a plus de danger de retour en arrière. Aussi énorme que soit le capital politique de la Révolution et les réserves éthiques qu'elle a semées parmi le peuple, il faut assimiler les dures leçons de ces dernières années pour comprendre que l'hégémonie n'est pas un produit fini, toujours le même, achevé ; mais un processus qui implique des relations, de l'hostilité, des confrontations en tout genre, dans des espaces ou des instances qui doivent être conquis quotidiennement.
Il est donc urgent et essentiel que nous soyons capables de produire et de reproduire une contre-hégémonie (en opposition, en rupture et en dépassement de l'hégémonie bourgeoise qui nous parvient dans sa version la plus médiocre via Miami). Cela doit se traduire par la production – consciente, planifiée, organisée, réfléchie, projetée, créative, multilatérale – de goûts, de désirs, d'aspirations, de coutumes, d'habitudes... qui reproduisent le socialisme cubain – comme étape transitoire vers le communisme. Il s’impose de consolider l'hégémonie du socialisme cubain dans tous les domaines de la vie. Pour ce faire, il est indispensable de mobiliser tous ses espaces, toutes les organisations, toutes les institutions révolutionnaires de la société civile. Une bataille dans laquelle la communication sociale est aujourd'hui au centre de la contre-offensive des idées. •

source : https://fr.granma.cu/cuba/2022-04-12/cuba-les-lecons-dune-guerre-inachevee

Tag(s) : #Cuba

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