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La production de chaussures artisanales est une activité clé de l'économie de la municipalité de Camajuani. Photo: Freddy Pérez Cabrera

Bien qu'elle soit à égalité de conditions avec les autres municipalités de Villa Clara, Camajuani obtient des résultats économiques uniques, ce qui démontre que, même au milieu des circonstances complexes que traverse le pays, lorsqu'il y a de l'initiative, de la créativité et une bonne gestion, l'économie peut se développer dans l’intérêt de la population.

L'année dernière, par exemple, ce fut la seule municipalité de Villa Clara, et l’une de celles du pays, qui sont parvenues à dégager un excédent, clôturant l'année 2021 avec 212 millions de pesos, un chiffre bien supérieur aux prévisions. À ce jour, la commune a réussi à maintenir ces résultats, en dépassant les recettes prévues aux mois de janvier, février et mars, preuve que l'économie locale est bien gérée, bien que marquée par les limitations imposées par la pandémie et le renforcement du blocus contre Cuba.

En ce sens, il conviendrait de se demander ce que Camajuani fait différemment pour obtenir de tels résultats, sachant que ses paysans, artisans et travailleurs subissent les mêmes limitations de ressources que celles dont souffrent les autres acteurs économiques du pays.

Iban Higuera Garcia, intendant (maire) de la municipalité, n'hésite pas à affirmer que la clé de la réussite réside dans la capacité du peuple de la terre des vallées et des parrandas à surmonter les difficultés, et à le faire de manière créative, comme l'a demandé le Premier secrétaire du Comité central du Parti et président de la République, Miguel Diaz-Canel Bermudez.

Pour le démontrer, il parle avec fierté du travail réalisé par les 25 petites et moyennes entreprises agréées dans cette région, et des plus de 4 000 travailleurs à leur compte, qui sont capables de produire près d'un million de paires de chaussures, de bottes ou de tongs par an, en plus des vêtements de travail, des uniformes et des objets artisanaux de différents types, pour lesquels ils ont dû chercher diverses alternatives et des enchaînements productifs leur permettant de pallier le déficit en matières premières et autres intrants.

La contribution de ses plus de 3 000 paysans, emmenés par la centaine de membres du mouvement politique productif « 90 pour les 90 », créé en 2016, à l'occasion de l'anniversaire de Fidel, a été des plus significatives. Ils parviennent à produire suffisamment d'aliments pour maintenir quelque 80 points de vente où sont commercialisés les produits à des prix inférieurs à ceux pratiqués ailleurs.

À cela s'ajoute la contribution décisive des entreprises d’État, dont deux usines de conditionnement qui produisent la plupart de la charcuterie consommée dans la province, y compris par les secteurs clés comme le tourisme ; la société de boissons Cubanacan, trois unités avicoles, un nombre égal de mini-industries et une unité commerciale de base produisant des agrégats pour le programme de logements, entre autres entreprises de production, a cité l’intendant.

Selon Iban Higuera, le travail des organismes économiques, comme les Finances et les Prix, l'Économie et la Planification, le système bancaire et l'onat, tous dirigés par des cadres très expérimentés, a également été d'une importance capitale, ce qui a été une force et un grand soutien pour ceux dont la mission est de conduire les destinées du territoire.

Cependant, la situation financière favorable de Camajuani ne signifie pas que tout y est résolu, ni qu'il n'y a pas de problèmes à résoudre qui affectent la population, ce dont est conscient le jeune intendant, qui mentionne, parmi les principales préoccupations, le mauvais état des routes et des logements, la situation de l'approvisionnement en eau dans plusieurs communautés qui doivent être alimentées par camion-citerne, et le mauvais rendement de la récolte de sucre, entre autres questions qui préoccupent les autorités municipales.

Cependant, il est clair pour lui que plus les recettes du budget de la municipalité seront importantes, plus il sera facile d'entreprendre de nouveaux plans et il mentionne certains des principaux projets de développement local réalisés menés à bien grâce aux revenus dérivés du 1% de la production commerciale, parmi lesquels la construction de modules d'élevage et le financement des célèbres parrandas de Camajuani.

DES ENTREPRENEURS POUR LE
DÉVELOPPEMENT LOCAL

La qualité des chaussures fabriquées à Camajuani est bien connue, tout comme les améliorations apportées à leur production ces dernières années, grâce, avant tout, à la consolidation d'une culture artisanale très ancienne et à l'esprit d'entreprise et aux investissements réalisés dans ce domaine de production.

Aujourd'hui, par exemple, les ateliers de Luis Fernandez, dirigeant de l'entreprise Calzados Jona's, n'ont plus rien à voir avec le petit local où l'on produisait quelques centaines de paires de chaussures il y a quelques années, ce qui suffisait à peine à assurer la vente dans la localité.

Aujourd'hui, cette micro-entreprise dispose d'une technologie moderne qui, en plus d'humaniser le travail et d'augmenter la productivité, est capable de fabriquer environ 20 000 paires de chaussures par mois, à raison de mille paires par jour, y compris des sandales pour femme, des bottes de travail, des tennis, des tongs utilisées par les médecins et les infirmières en service, ainsi que des chaussures et des baskets pour hommes, entre autres produits.

Pour se faire une idée de l'accueil réservé aux productions de Luis Fernandez et de ses collaborateurs, il suffit de dire qu'elles ont généré des bénéfices supérieurs à 15 millions de pesos et que leur contribution à l'onat a dépassé les deux millions, indique Yoandy Riveron Gonzalez, directeur de la petite entreprise.

Une autre mini-entreprise qui contribue au développement de Camajuani est Jireh-Ebenezer S.R.L., qui, selon Ivan Cintra, l'un de ses dirigeants, produit un millier de paires de tongs et un nombre égal de bottes en pvc, ainsi que des vêtements textiles, des produits très demandés en raison de leur excellente qualité.

Il souligne également le travail d'enchaînement productifs de l'atelier Triple aaa, appartenant au Fonds cubain des biens culturels, dirigé par Domingo Pérez Rojas, qui travaille les chutes de cuir fournies par la tannerie Caibarién, pour produire des gants, des chaussures et des ceintures, entre autres articles, en plus d'autres produits tels que des combinaisons, des vêtements sanitaires et des uniformes pour certains secteurs.

Concernant les travailleurs à leur compte ou les membres de petites et moyennes entreprises, l’intendant de Camajuani, Iban Higuera, a déclaré que leur contribution, au-delà de ce qu'ils apportent à l'onat et des problèmes qu'ils résolvent dans l'approvisionnement en chaussures nécessaires à la population, réside dans leur engagement envers la société.

Pour l’illustrer, il a mentionné la réparation, par ces acteurs économiques, en collaboration avec le Fonds des biens culturels, certaines coopératives de crédit et de services et certaines entreprises, de 19 cabinets du médecin et de l’infirmière de la famille, ainsi que le soutien à d'autres institutions telles que les maisons de retraite et les foyers pour enfants sans soutien familial.

Leur contribution aux hôpitaux et aux centres d'isolement pendant la phase la plus complexe de la pandémie a également été importante, a souligné Iban Higuera, qui a affirmé qu'à Camajuani, il existe une grande famille engagée dans le développement de la municipalité.

Pour consolider les acquis, les autorités du territoire continuent à prendre des mesures pour désentraver tout ce qui freine encore le développement des forces productives dans le territoire ; des actions parmi lesquelles il a cité celles récemment lancées, conjointement avec le ministère du Commerce extérieur et des Investissements étrangers, pour faciliter la capacité d'exportation des entrepreneurs de Camajuani, en plus du renforcement de l’enchaînement productif avec d'autres entités et secteurs comme le tourisme, le ministère du Commerce intérieur et la zone spéciale de développement de Mariel.

EN CONTEXTE

  • Selon l'article 168 de la Constitution de la République, la municipalité constitue l'unité politico-administrative primaire et fondamentale de l'organisation nationale, et jouit de l'autonomie et de la personnalité juridique à toutes fins utiles.
  • La municipalité dispose de ses revenus propres et des dotations budgétaires qu'elle reçoit du gouvernement de la République, conformément au développement économique et social de son territoire et aux autres objectifs de l'État, sous la direction de l'Assemblée municipale du Pouvoir populaire.

L’article 169 de la Constitution établit que l'autonomie de la municipalité comprend, entre autres éléments, la faculté de décider de l'utilisation de ses ressources, et ce, dans le respect des principes de solidarité, de coordination et de collaboration avec le reste des territoires du pays, sans porter préjudice aux intérêts supérieurs de la nation. •

source : https://fr.granma.cu/cuba/2022-04-20/comment-une-municipalite-peut-elle-etre-autosuffisante-a-cuba

Tag(s) : #Cuba

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