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Édité par Reynaldo Henquen
2021-07-28 18:14:56

 

 

Par : Guillermo Alvarado

 

À partir de ce mercredi, le président du Pérou est l’enseignant, professeur et dirigeant syndical José Pedro Castillo Terrones, une figure nouvelle dans la vie politique mouvementée du pays, formé dans les luttes populaires dans la région andine pauvre et oubliée de Cajamarca.

Jeune homme, il a participé aux "rondes paysannes", comme on appelle une sorte d’organisation autonome des zones rurales, dont les fonctions principales sont de surveiller le territoire pour éviter le vol de bétail et défendre les droits des habitants.

A 51 ans, Castillo a été maître d’école primaire et a été lié au syndicat des travailleurs du secteur de l’éducation, prenant de l’importance lors d’une grève des enseignants qui a mis en échec le gouvernement de Pedro Pablo Kuczinsky en 2017 et qui a réussi à arracher d’importants acquis pour les enseignants.

En 2021, le parti Pérou Libre l’a proposé comme candidat à la présidence et il surpris tout le monde en se plaçant d’abord à la tête au premier tour des présidentielles puis en s’imposant à la candidate de droite Keiko Fujimori, au second tour.

On connaît toutes les manœuvres auxquelles s’est livrée son adversaire, soutenue par la droite, les grands médias et même par des secteurs opposés à son père, l’ex-dictateur Alberto Fujimori, pour essayer de lui arracher sa victoire.

Après avoir surmonté tous les obstacles, Castillo entame une période de gouvernement entouré d’un grand optimisme, surtout des plus pauvres du pays qui ont toujours été oubliés par les secteurs puissants installés à Lima, la capitale.

Au niveau régional, on attend du Pérou un revirement de politique étrangère, une rupture de la soumission que les précédents dirigeants ont montrée aux États-Unis et une participation aux efforts pour une intégration qui tienne compte des besoins des peuples et non des intérêts de Washington.

Mais il y a aussi une grande incertitude parce qu’il travaillera dans un pays où l’instabilité politique fait partie de la normalité, comme le montre le fait qu’il y a eu quatre présidents au cours des cinq dernières années.

Même sans prendre les rênes du pays, déjà "El Profe" (Le prof en français), comme on l’appelle, a subi son premier revers quand, dans une manœuvre obscure, la droite représentée au Parlement s’est emparée de la présidence de l’Organe législatif, ce qui annonce une relation orageuse dans l’avenir immédiat.

Il s’agit d’un Congrès atomisé, avec dix partis politiques en son sein et aucun avec une majorité absolue. Le Pérou libre est celui qui compte le plus de députés, avec 37 des 130 sièges et devra apprendre à négocier dans un environnement hostile.

Un premier pas audacieux serait de concrétiser la convocation de l’Assemblée  Constituante pour rédiger une nouvelle Constitution, contenant des règles démocratiques claires et effaçant ce que la droite traditionnelle a imposé pendant des décennies.

source ; https://www.radiohc.cu/fr/especiales/comentarios/265378-espoir-et-incertitude

Tag(s) : #Pérou

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