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LA COMMUNE DE PARIS : 150E ANNIVERSAIRE DE LA PRISE D'ASSAUT DU CIEL PAR LA COMMUNE DE PARIS
18 mars 2021
Tribune populaire
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Wladimir Abreu.

Professeur d'histoire et membre du Comité central du PCV

L'histoire du mouvement ouvrier et révolutionnaire est ancienne et héroïque ; elle n'a pas commencé hier, et ses prodiges de courage et d'héroïsme font pâlir beaucoup de "pseudo-révolutionnaires" d'aujourd'hui. La Commune de Paris, en tant que premier État ouvrier et socialiste au monde, a été un prédécesseur dans l'éradication de la bureaucratie et de la corruption dans la gestion de l'État, choses qui aujourd'hui sévissent dans le Venezuela du soi-disant "socialisme du XXIe siècle".

Par un coup d'État le 2 décembre 1852, Napoléon III prend le pouvoir en France, cette période sera très travaillée par Marx dans plusieurs textes : " La lutte des classes en France 1848-1850 ", " Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte " et " La guerre civile en France ".

Le 19 juillet 1870, l'aventurisme impérialiste de Napoléon III le conduit à déclarer la guerre à la Prusse, mais l'Empire français corrompu ne résiste pas à l'assaut de la machine industrialo-militaire prussienne huilée. Après une série de défaites, l'empereur est fait prisonnier par les Allemands. Pendant la guerre, la ville de Paris est assiégée et le peuple parisien, en majorité des ouvriers, fabrique avec ses propres moyens des armes de défense (fusils et canons), organise une milice populaire, "la Garde nationale", qui élit ses commandants par un vote démocratique. Devant ce Paris prolétaire et armé, les armées prussiennes se sont contentées d'encercler la ville et ne se sont pas risquées à la prendre d'assaut.

Le gouvernement monarchiste de Napoléon III est tombé, un gouvernement bourgeois se lève dans la ville de Versailles dirigé par Thiers, il a plus peur des ouvriers armés que des Prussiens eux-mêmes et le 18 mars 1871 a ordonné de saisir les fusils et les canons que les ouvriers parisiens avaient fabriqués de leurs propres mains et ressources, lorsque les troupes de Versailles tentent de leur enlever leurs armes, les femmes prolétaires de Paris, les coupent, alertent le reste de la population, font vaciller les troupes de Versailles ; lorsque les généraux Lecomte et Thomas ordonnent de tirer sur la foule, les soldats passent du côté des ouvriers, arrêtent et exécutent les généraux bourgeois. La Commune de Paris est née.

Marx qualifie ces ouvriers parisiens de "courageux jusqu'à la folie" et "prêts à prendre le ciel d'assaut".

Le Comité central, organe dirigeant de la Garde nationale, qui était le pouvoir intérimaire de la Commune, convoqua les élections de la Commune de Paris dans ses différents arrondissements et remit le pouvoir à une assemblée de 92 membres ; à l'Hôtel de Ville, siège de la Commune, on fit flotter le drapeau rouge, symbole du pouvoir ouvrier, premier État de la classe ouvrière au monde.

En quelques jours, la Commune a démontré son caractère de classe, le travail de nuit et des enfants a été supprimé, la guillotine a été interdite, les loyers ont été réglementés, l'église a été séparée de l'État, des pensions ont été accordées aux veuves des gardes nationaux tombés pour la défense du pouvoir ouvrier, la restitution des biens des ouvriers dans les monts-de-piété a été ordonnée, l'intérêt des dettes a été supprimé, le droit de contrôle et la propriété ouvrière des usines abandonnées par la bourgeoisie ont été accordés.

La Commune de Paris est l'avant-garde de l'internationalisme, le Hongrois Leo Frankel en est le chef, le général et patriote polonais Dombrowsky en est le chef militaire et tombera héroïquement pour la défendre ; la Commune ordonne la démolition de la colonne Vendôme qui commémore les aventures impériales de Napoléon Ier.

La compilation réalisée par le témoin et participant de la Commune, H.P. O Lissagaray, est inestimable. O Lissagaray dans son livre "Histoire de la Commune de Paris", où il raconte les vicissitudes des 3 mois de pouvoir ouvrier dans la capitale française ; 3 mois pendant lesquels prostituées, lumpenprolétariat et bourgeois ont disparu de la ville ; le Paris des femmes qui faisaient des heures supplémentaires dans les usines de munitions pour la défense, des enfants et de leurs parents ouvriers brandissant des fusils sur les barricades pour combattre une armée professionnelle qui s'était rendue aux Prussiens mais qui était maintenant "courageuse" pour défendre la bourgeoisie française.

Le sort de la Commune était scellé dès le début, Marx les avait prévenus, même les conditions de la prise du pouvoir n'étaient pas données, mais Marx après le soulèvement a compris qu'il fallait la soutenir, que le premier et grand acte héroïque de la classe ouvrière nécessitait le soutien solidaire de la classe ouvrière internationale. Un révolutionnaire ne peut qu'éprouver de l'admiration pour le courage des ouvrières parisiennes dans les tranchées et sur les barricades.

Les conceptions socialistes anarchistes et utopiques, la démagogie populiste et pseudo-révolutionnaire ne contribuèrent en rien au soutien de la Commune ; son défensisme ; la réticence à avancer contre le réactionnaire Versailles le moment venu ; la crainte de s'emparer de la Banque de France et de ses importantes réserves monétaires ; la solidarité de la bourgeoisie prussienne, qui a rapidement oublié la guerre et libéré les troupes capturées pour renforcer l'armée bourgeoise française, la défaite des tentatives de formation de communes dans d'autres villes françaises, tout cela a contribué à sa fin sanglante.

Le 2 avril, l'assaut final est déclenché, les troupes versaillaises brisent les défenses de la Commune et font irruption dans la ville, c'est un combat brutal jusqu'au 28 mai, la résistance est frénétique, les ouvriers mettent le feu à la ville, ils se battent jusqu'à la dernière cartouche au cimetière du Père Lachaise, dans la dernière semaine de vie de la Commune de Paris, 30 000 ouvriers vont mourir pour la défendre. 000 travailleurs sont morts en défendant la "Semaine sanglante", un total de 100 000 sont tombés dans la lutte, 50 000 d'entre eux ont été exécutés.

La Commune doit être sauvée comme un exemple glorieux de l'action révolutionnaire de la classe ouvrière, un exemple pour apprendre de ses erreurs et de ses succès, pour apprendre de la décence et de l'héroïsme de la classe ouvrière au pouvoir, de ce qu'il ne faut pas faire, et de ce qu'il faut faire, et la Commune de Paris est un exemple de beaucoup de choses qui doivent être faites.

Karl Marx a été enterré enveloppé dans un drapeau qui flottait dans la Commune de Paris, en hommage à sa contribution à la construction de l'outil idéologique et organique de la classe ouvrière ; le vaisseau spatial soviétique Vostok I a transporté dans son voyage spatial une bannière de la Commune, les paroles de l'Internationale, l'hymne mondial du prolétariat est né, sur les barricades de la Commune.

Aujourd'hui, alors que l'anticommunisme semble resurgir avec force au Venezuela et que l'histoire des communistes est remise en cause de manière ignoble et vile, nous devons regarder ce 150e anniversaire de la Commune de Paris, comprendre l'exemple héroïque des travailleurs parisiens et comprendre ce que Marx nous a déjà enseigné ; la société capitaliste génère en son sein les contradictions qui finiront par la mettre à bas et a créé à son tour la seule classe sociale capable de mettre fin, avec les autres classes exploitées, au système d'oppression capitaliste : LA CLASSE OUVRIERE.

source : https://prensapcv.wordpress.com/2021/03/18/la-comuna-de-paris-150-aniversario-de-la-toma-del-cielo-por-asalto/

Tag(s) : #Communiste, #Venezuela, #PCV

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