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L'unification monétaire et, surtout, des taux de change devrait contribuer à homogénéiser les méthodes actuelles de formation des prix et à éliminer les distorsions qui affectent le commerce intérieur et extérieur et le système des entreprises

Auteur: Yudy Castro Morales | yudy@granma.cu

10 novembre 2020 12:11:44


Les transformations prévues en matière de prix doivent s'accompagner d'autres changements dans des secteurs stratégiques, dans les politiques commerciales, salariales et fiscales qui, dans leur ensemble et de manière progressive, permettent des avancées importantes dans la vie économique et sociale de notre pays. Photo: Ariel Cecilio Lemus
Combien de fois n’avons-nous pas contesté le fait qu’un même produit sur le marché ait des prix différents ? Un exemple suffirait pour illustrer ce point.

Une bouteille de soda Tukola de 1,5 l produite par l’entreprise Los Portales coûte 1,50 cuc dans le réseau de magasins qui vendent dans cette monnaie. Si l’on multiplie ce prix par le taux de change actuel, le prix devrait être de 37,50 cup. Or, dans les boutiques du commerce intérieur, cette même boisson coûte 25,00 cup. Idem pour ce qui est des canettes et autres marchandises qu'il serait impossible d'énumérer ici.

Ces différences, qui provoquent le mécontentement constant de la population, reflètent les profondes distorsions avec lesquelles l'économie a fonctionné depuis plusieurs années, en grande partie en raison de la dualité de la monnaie et surtout du taux de change.

C’est pourquoi, même si l'unification ne saurait être considérée comme une baguette magique, loin s’en faut, elle devrait contribuer à homogénéiser les méthodes actuelles de formation des prix et à éliminer les distorsions qui ont un impact sur le commerce intérieur et extérieur et sur le système des entreprises.

RETOUR AUX SOURCES... DES DISTORSIONS

Pour en arriver aux distorsions que l’on constate aujourd’hui, selon Margarita de la Caridad Acosta Rodriguez, directrice de la Politique des prix au ministère des Finances et des Prix (mfp), Cuba a parcouru un long chemin depuis les années 1990, période durant laquelle elle s’est vu obligée à instaurer la dualité monétaire et à adopter des mesures de restructuration financière, comme, par exemple, l'augmentation des prix des produits non essentiels et la suppression de diverses gratuités.

Mais ce n'est qu'en 2003, rappelle-t-elle, que le peso convertible (cuc) a été introduit dans les relations entre les entreprises et dans la formation des prix de gros, comme un mode de reconnaissance de la composante importée des productions et des services.

Déjà en 2004, ajoute-t-elle, les « magasins collecteurs de devises », nés dans les années 90 qui commercialisent leurs produits en dollars étasuniens, vendent désormais en cuc et, un an plus tard, le gel des prix de détail en cuc est établi pour les produits très demandés.

Depuis lors et jusqu'à ce jour, de nombreuses mesures ont été mises en œuvre pour tenter de corriger les déformations dans cette catégorie de l’économie que sont les prix, dont l'une des plus complexes et des plus controversées qui a un lien spécial avec les politiques salariales, fiscales et commerciales.

Selon Acosta Rodriguez, ce qui ressort, c'est la disposition prise en 2016 pour augmenter le pouvoir d'achat du peso cubain, qui prévoyait une baisse des prix d'une gamme importante de produits alimentaires, d'hygiène et de toilette commercialisés en cuc.

Les prix de certains produits agricoles ont également été plafonnés et, en juin 2019, il a été décidé qu'il n'y aurait pas d'augmentation des prix de gros et de détail afin de ne pas contrecarrer les effets de l'augmentation des salaires dans le secteur subventionné, ainsi que les pensions.

En résumé, souligne-t-elle, l'économie a fonctionné dans un environnement de dualité monétaire et de taux de change composé par deux circuits :

Celui des relations entre les entreprises ou le circuit de gros, avec un taux de change de : 1 usd = 1 cuc = 1 cup.
Celui des relations avec la population ou le circuit de détail, avec un taux de change de 1 cuc = 25 cup.
Dans le même temps, se sont maintenues de fortes restrictions matérielles et financières causées par le blocus économique imposé par les États-Unis, dont l’escalade agressive n’a pas cessé. Il n'a pas été possible, malgré les tentatives, de renverser la forte dépendance à l'égard des importations, alors que Cuba ne pouvait échapper aux effets des crises internationales, auxquelles se sont ajoutées les hausses de prix sur le marché étranger.

Nous ne pouvons pas non plus ignorer, selon Acosta Rodriguez, le mandat impératif des documents directeurs des 6e et 7e Congrès du Parti communiste de Cuba (pcc), de revoir le système des prix et de le perfectionner de manière intégrale.

C’est sur ces points que s’appuie le diagnostic réalisé, qui a pris en compte les facteurs qui influent sur les aspects liés au contrôle et à l'identification des distorsions de l'économie exprimées dans les prix.

Aujourd'hui, en termes généraux, explique la spécialiste, « les prix ne donnent pas de signaux sur le comportement du marché, du fait de la déconnexion entre les prix de gros et de détail, qui est due à l'existence d’aides et au fait que plusieurs produits servent à collecter de devises ».

UN PRIX QUI NAÎT BANCAL... PEUT-IL SE REDRESSER ?

La distorsion la plus « coûteuse », économiquement parlant, est peut-être celle qui est associée au taux de change actuel pour les relations entre les entités (1 usd = 1 cuc = 1 cup). Selon la responsable du mfp, « cela empêche les prix de mesurer objectivement les faits économiques et décourage les exportations et la substitution des achats à l’étranger, du fait de distorsions dans le calcul des coûts et des dépenses ».

En d'autres termes, avec le taux de change 1 x 1 pour les relations entre les entreprises, en général, le prix du produit importé est inférieur à celui du produit national, ce qui est totalement contradictoire et accentue la tendance à l’importation de l'économie, un réel fardeau pour la compétitivité et la créativité.

Selon Acosta Rodriguez, « la plupart des productions, qu'elles remplacent les importations ou qu’elles soient destinées à l'exportation, reçoivent des montants élevés de subventions ou bénéficient d’aides implicites qui sont couvertes par les prix d'autres biens et services. Cependant, il existe des prix de gros qui utilisent d'autres convertisseurs, qui ne sont pas au taux de change 1 x 1 ».

De toute évidence, insiste la spécialiste, le contexte de dualité monétaire et de change a limité la flexibilisation de la formation des prix et des tarifs, qui, globalement, a été dissociée des prix du marché étranger.

De telles procédures, ajoute-t-elle, se sont appuyées sur des méthodes de dépenses, ce qui favorise la dissimulation des inefficacités et leur transfert dans l'économie, sans que cela soit visible, aussi bien pour des raisons structurelles, technologiques, des difficultés dans les registres comptables, la non mise en œuvre des systèmes de coûts et d'autres irrégularités.

Une autre distorsion notable est la vente de produits identiques à des prix de gros différents, principalement en raison de l'existence d'un marché en cuc et d'un autre en cup. Un même produit est généralement vendu :

À des entités étatiques, à un prix qui contient des composantes en cup et en cuc.
À des entreprises mixtes, à un prix dont le montant total est en cuc.
À des chaînes de magasins et au tourisme, à un prix qui contient, dans la majorité des productions nationales, la composante en cuc, alors que l'industrie est financée par la différence en cup.
Compte tenu de ces déformations, la responsable du mfp reconnaît que les prix ne couvrent pas toujours toutes les dépenses encourues. À cette situation s’est ajoutée l'approbation de paiements de prime d’encouragement en cuc aux travailleurs de divers secteurs.

Par ailleurs, des convertisseurs autres que 1 x 1 ont été appliqués, à titre expérimental, pour le traitement de la rémunération des travailleurs dans des zones prioritaires, en tant que mécanismes de stimulation de cette main-d'œuvre, qui ne sont pas pris en compte dans leurs coûts. C'est le cas de :

Les investissements étrangers.
La Zone spéciale de Développement de Mariel.
La construction dans des ouvrages prioritaires.
Dans tous ces cas, souligne-t-elle, la formation des prix à 1 x 1 est reconnue. Cependant, la différence avec le convertisseur approuvé est financée par le Budget de l'État, ce qui signifie incontestablement une surcharge pour ce dernier.

La spécialiste fait également référence aux différents traitements dans la formation des prix pour le secteur étatique et les formes non étatiques et, elle souligne en même temps la déconnexion entre les prix de gros et ceux pour la population. Et d’ajouter qu’aujourd’hui les producteurs ne reçoivent pas non plus la majeure partie de la valeur finale.

De même, nous ne saurions ignorer les niveaux élevés de subventions accordées aux prix de détail des produits qui composent, en particulier, le panier familial réglementé, à savoir le riz, les haricots, le sucre, le poulet, d'autres types de viandes réglementées, ainsi que les services de base tels que l'électricité, le gaz, l'eau et la téléphonie de base.

Unification monétaire et des taux de change : notre socialisme exclut l'application des thérapies de choc. Cependant, l’attribution d’aides aux personnes est encore très limitée, du fait que les dispositions contenues dans tous les documents programmatiques qui sous-tendent la mise à jour du modèle économique n'ont pas été appliquées.

Pour Acosta Rodriguez, d'autres problèmes structurels pèsent également sur la détermination des prix, comme l'existence de nombreux niveaux de circulation des marchandises jusqu’à leur destination finale.

Et bien que l'approbation des prix de gros ait été décentralisée, l'attribution de telles compétences aux entreprises est encore insuffisante, estime-t-elle.

Par ailleurs, les prix de détail sont encore très centralisés et il a été attribué peu de pouvoirs aux autorités municipales dans ce sens.

Tout cela influe également sur le non-respect du principe constitutionnel qui insiste sur l'autonomie des territoires.

Le manque de personnel qualifié en matière de prix, l'insuffisance des actions de contrôle et d'inspection, les déficiences dans la formation et l'absence d'un fonctionnement systémique de l'information sur les prix, depuis leur formation, leur approbation et leur application, constituent des facteurs aggravants, tout aussi importants, lors de l'analyse d’un quelconque dysfonctionnement.

LES PRIX DES ENTREPRISES ET LEURS (DÉS)AJUSTEMENTS

Actuellement, rappelle la directrice de la Politique des Prix du ministère des Finances et des Prix, les prix expriment le comportement de l'économie avec toutes leurs irrégularités.

Selon elle, le manque de flexibilité, tant dans les méthodes de formation que dans les facultés d'approbation des prix par les différentes structures d'entreprises, a limité l'autonomie dans ce domaine. Les conséquences, devenues des nœuds gordiens pour l'économie, se traduisent par des retards et de faibles niveaux d'efficience et de compétitivité des produits et services cubains.

Par ailleurs, indique-t-elle, jusqu'en juillet 2019, date à laquelle a été établi la règlementation sur la non-augmentation des prix, il y avait une tendance marquée des entités à se développer dans cette catégorie afin d'obtenir de plus grands bénéfices et d'augmenter les paiements par résultats, ce qui a introduit une nouvelle distorsion.

LES PRIX DANS LE COMMERCE DE DÉTAIL, UNE AUTRE ÉPÉE DE DAMOCLÈS

Afin d'évaluer l'impact des distorsions des prix de détail dans le commerce intérieur, il est indispensable de tenir compte de la segmentation du marché : un marché réglementé en cup, un marché en vente libre en cup et en cuc et, récemment, un autre en monnaie librement convertible (mlc).

Quant au marché réglementé, Yosvany Pupo Otero, directeur général des Services au ministère du Commerce intérieur (Mincin), rappelle que ses origines remontent à 1962, avec l’application de la loi n° 1015, qui instaurait un système d’approvisionnement rationné d'articles de consommation courante, par le biais de « la libreta » [le carnet d'approvisionnement] qui existe aujourd'hui.

Il attire également l'attention sur les niveaux auxquels les prix sont déterminés à Cuba, considérant que parmi les éléments fondamentaux de cette catégorie économique figurent : celui qui les approuve et comment ils sont déterminés.

À l’heure actuelle, indique Pupo Otero, l'approbation des prix de détail des produits et services ayant un impact élevé sur la population est centralisée au sein du Comité exécutif du Conseil des ministres et du ministère des Finances et des Prix, dans le but de soutenir les politiques sociales et les besoins fondamentaux.

Par ailleurs, la détermination de la valeur d'un autre groupe de produits et de services relève de la faculté du ministère du Commerce intérieur, du Groupe des entreprises de vente en gros de produits alimentaires et autres biens de consommation, du Groupe de commercialisation des produits et services industriels, ainsi que des Conseils d'administration provinciaux et de la municipalité spéciale de l'île de la Jeunesse.

Comme on le sait, le marché réglementé correspond, fondamentalement, au panier familial, par le biais duquel une série de produits est commercialisée à des prix subventionnés, c'est-à-dire que le prix payé par la population pour ces produits est bien inférieur au coût réel, et la différence est assumée par le budget de l'État.

De même, ajoute Pupo Otero, certains produits sont vendus à des prix subventionnés pour les régimes chroniques des enfants, qui comptent quelque 11 817 enfants, et pour les régimes communs, qui couvrent 1 360 332 personnes.

Plusieurs programmes garantissent également la vente de certains produits non alimentaires à des prix de détail subventionnés :

Layette : module textile, matelas et berceau.
Patients prostrés et incontinents : module composé de tissu antiseptique, de serviette, d’alèse et de savons. L’État prend en charge le paiement de ce programme.
Uniforme scolaire pour 'enseignement primaire, secondaire, pré-universitaire et polytechnique. Une moyenne annuelle de 3,8 millions de vêtements sont vendus à des prix subventionnés allant de 2,00 à 9,80 cup.
Chaussures orthopédiques : vendues sur ordonnance, selon la politique de distribution.
Selon le directeur général des services du Mincin, ces programmes comportent des principes de base incontournables :

Les consommateurs sont liés à des établissements spécifiques [ la bodega].
Les produits acquis sont annotés dans le carnet (dans le cas du panier familial réglementé) et pour le reste des programmes selon des procédures établies.
La commercialisation est effectuée sur une base per capita,
selon la politique de distribution approuvée chaque année.
La distribution se fait par cycle (mensuel, semestriel, annuel).
Concernant la formation des prix sur le marché en vente libre en cup, Yosvany Pupo explique qu’il existe une composante en cuc, en règle générale pour les matières premières et les matériaux importés, et une composante en cup.

Afin d’éviter les détails techniques, il prend comme référence le programme des matériaux de construction, dans lequel coexistent plusieurs méthodes de formation des prix.

Ainsi, les produits sont commercialisés à des prix non subventionnés, qui comprend la composante cuc, avec un multiplicateur de 25, et la composante en cup du prix de gros.

Toutefois, dans le cas des produits taxés au titre du programme d'économie de l'eau et d'achèvement de la construction d’un logement, l'algorithme de formation des prix est différent et des convertisseurs plus faibles sont utilisés, ce qui a un impact sur les marges bénéficiaires des entreprises.

Et, enfin, ce même programme garantit, chaque année, les besoins pour la construction de logements de base, ou ce qui est la même chose, les subventions pour des actions constructives, reflet du cours que, tôt ou tard, l'économie devra suivre : subventionner des personnes et non des produits.

Pupo Otero donne également quelques autres exemples pour bien marquer les multiples distorsions existantes.

Il s’agit des prix de la ligne économique et avec des subventions qui sont appliqués dans les programmes du Système d'Attention à la Famille (saf) et le goûter scolaire, tous deux inclus dans les activités de la gastronomie.

Dans le premier cas, des repas répondant aux besoins nutritionnels établis sont proposés au prix de 1,00 cup. Plus de 76 000 personnes (recensées) en bénéficient, dont plus de 11 000 sont couvertes par l'Assistance sociale. Mais, une fois de plus, le coût réel des produits est plus élevé, ce qui affecte la gestion des entreprises.

En ce qui concerne le programme du goûter scolaire, les distorsions sont encore plus prononcées, puisque qu’il est distribué gratuitement pour compléter le repas des élèves et des enseignants, dans un réseau de plus de 774 écoles, où déjeunent 138 851 élèves et 30 984 travailleurs.

À La Havane, en revanche, l'expérience de l'inclusion du montant de la collation dans le salaire des enseignants a été bien accueillie, de sorte que chacun peut la financer avec ses propres revenus. Un principe qui devrait être la règle plutôt que l'exception dans un futur scénario d'unification monétaire et des taux de change.

Sans aucun doute, comme l'avait déjà averti Margarita de la Caridad Acosta Rodriguez, directrice de la politique des prix du mfp, « les transformations prévues en matière de prix doivent s'accompagner d'autres changements dans les secteurs stratégiques, dans les politiques commerciales, salariales et fiscales qui, dans leur ensemble et progressivement, permettront d'importantes avancées dans la vie économique et sociale de notre pays ». •Pie de foto

QUELQUES CONCEPTS :

LES PRIX : Expression monétaire de la valeur des marchandises. En pratique, les prix sont associés à la valeur de biens-produits et des tarifs, pour les services. Quand on parle de prix, les tarifs sont également inclus.

SYSTÈME DE PRIX : Ensemble de différents types de prix interconnectés, leurs cadres juridiques, les réglementations, les entités et autres sujets qui forment, approuvent et appliquent les prix, ainsi que la population, tels les consommateurs, qui sont un élément très important et dynamique du système.

LES PRIX PEUVENT ÊTRE :

De gros : entre entités, personnes morales.
Du secteur agricole : du Système de collecte aux producteurs agricoles.
Au détail ou prix à la population : y compris les tarifs des services.
LA RÉORGANISATION MONÉTAIRE INCLURA :

Le salaire qui tiendra compte d'un panier familial de référence, avec pour principe de couvrir les besoins du travailleur et de sa famille.
Les personnes seront subventionnées et non les biens ou les services. Dans un délai de 48 heures, la demande d’aide d’une personne, considérée comme insolvable, sera prise en charge.
Dans un premier temps, les subventions totales pour des produits spécifiques destinés aux enfants de 0 à 6 ans seront maintenues.
Les médicaments pour les maladies chroniques seront subventionnés. Parmi les 42 produits à prix centralisés, figureront également : le yaourt, le fromage fondu, la mortadelle, les pâtes, les saucisses, le carburant, l’électricité, l’eau, le ciment, le sucre, le café, la viande hachée, les compotes et le lait. Les entreprises établiront le d'autres prix, mais avec des limites.
Il a été prévu une avance sur salaire de manière à ce que, le jour où les nouveaux prix seront mis en place, les travailleurs pourront faire face à la situation.
Il existe une stratégie d’aide financière des entreprises déficitaires afin d’éviter leur fermeture, le chômage et l'impact sur les services à la population.
source : http://fr.granma.cu/cuba/2020-11-10/unification-monetaire-quel-impact-les-distorsions-de-prix-ont-elles-sur-le-commerce-interieur-aujourdhui

Tag(s) : #Cuba

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