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L'élevage avicole, qui a commencé avec 500 volailles et qui en compte aujourd'hui 15 000, est le principal programme en cours. Photo: Eduardo Palomares

SANTIAGO DE CUBA. — Ancrée dans la topographie irrégulière qui constitue le versant sud des collines du site de la Gran Piedra, et privé de sources abondantes, la ferme La Fortaleza doit son nom aux mains laborieuses et à l'esprit d'entreprise d'Aida Dolz Mariño, une femme installée dans ces lieux avec sa famille en provenance de cette ville, il y a 25 ans.

Même si son fils Ciro Verdecia conserve son diplôme de médecine dans le bureau improvisé, il a obtenu son autre doctorat grâce à son attachement à ces terres, qu'il a indirectement inculqué à sa mère, lorsqu'il lui a proposé l'achat des 500 poussins qu’ils ont élevés sur le toit de leur maison, ce qui, en pleine période spéciale, a contribué à répondre aux besoins alimentaires de la famille et, telle une Mariana de cette époque, elle parvint à intégrer tout le monde dans cet effort.

Dans un premier temps, un peu plus d'un hectare leur fut attribué en usufruit. C’est cette exploitation familiale, qui comprend aujourd'hui 44 hectares, que le président de la République, Miguel Diaz-Canel Bermudez, a parcouru lors de sa dernière visite dans la province, au terme de laquelle il a déclaré avec admiration que les résultats obtenus constituent un exemple de programme de développement local digne d'être généralisé dans le pays.

À propos de cette rencontre, Aida Dolz a déclaré à Granma qu'elle avait contribué à multiplier son amour et sa gratitude envers la Révolution, tandis que son fils Ciro Verdecia, qui a accompagné le chef de l'État au cours de cette visite, a déclaré que c'était un rêve devenu réalité, car il ressentait au plus profond de lui la valeur du travail accompli et le sentiment que les producteurs agricoles peuvent vraiment compter sur la direction du pays.

« J'avais toujours souhaité que le président et Raul puissent voir ce que nous faisons comme une contribution à la Révolution, et nous ne ne savions pas qu'il viendrait ; ce fut donc comme un miracle tant espéré devant lequel je me suis demandé : et maintenant que vais-je lui dire ? Mais dès qu'il a été devant moi, avec sa gentillesse et sa simplicité, ce fut comme un échange amical entre de vieilles connaissances », s’est exclamé Ciro.

PUISER LA FORCE DE L’INTÉRIEUR

Comme le président cubain a pu le constater, la ferme se distingue par tout un système productif composé d’un ensemble programmes efficaces articulés et axés en premier lieu, en raison de son ampleur productive, sur le secteur de l’élevage porcin, suivis de près par l'aviculture, l'élevage de lapins et l'engraissement de taureaux, auxquels s'ajoutent les cultures pour l’alimentation humaine, de plantes protéiques pour les animaux et de plantes médicinales.

Pour le millier de tonnes de viande de porc à livrer dans des conditions optimales chaque année, ils disposent de granges d’engraissement initial d’une capacité de 4 500 porcelets et de la possibilité de 2,2 cycles de production, dont la première livraison s’opère à travers la sélection d'animaux qui, à quatre mois, atteignent un poids de cent à 110 kilogrammes et sont immédiatement remplacés par des porcelets destinés au parc d’engraissement.

La discipline et la rigueur dans la manipulation sont essentielles pour Alexiuber Barroso Barroso, dont la préoccupation majeure est d’engraisser ses 365 animaux le plus rapidement possible et au coût le moins élevé. Autrement, ils ne pourraient guère tirer parti de la technologie alimentaire composée de vitamines, de minéraux, de miel, de soja et de fourrage à base de bananes et de plantes protéiques telles que la moringa oleifera, le mûrier blanc et la tithonie.

Concernant l'élevage avicole, que Ciro Verdecia a commencé avec un demi-millier de poussins, et dont la production s'élève aujourd’hui à 15 000, il souligne qu'il s'agit actuellement du principal programme en cours de développement, grâce à la construction de deux nouveaux bâtiments d’élevage qui portent la capacité installée à
20 000 volailles, selon une technologie moderne qui permet cinq cycles de production par an.

Grâce à l'utilisation efficace d'un crédit bancaire, la ferme comprend des installations équipées de nébuliseurs et de ventilateurs qui réduisent la température ambiante, des luminaires led pour éclairage optimal, des mangeoires et des abreuvoirs automatisés, une hygiène parfaite et une protection latérale contre les intempéries, afin de palier un stress éventuel des volailles.

Tout comme pour les autres productions, les ventes de cette viande sont destinées à l'État et, pour l'année prochaine il est prévu d'introduire le cycle fermé depuis l'obtention de l'œuf, l'incubation, l'engraissement de la volaille, l'abattage, le conditionnement et la congélation du produit dans la même exploitation. Une production dont la qualité sera assurée par une technologie de pointe et la formation d’un personnel technique qualifié.

Conscients de l’importance de la souveraineté alimentaire, ils pratiquent la cuniculture, qui offre elle aussi des perspectives prometteuses. La ferme compte actuellement 400 lapines reproductrices, qui lui a permis de livrer cette année 4 tonnes de viande, et elle a commencé il y a quelques mois un élevage de taureaux d’engraissement composé de 120 bêtes dont l’alimentation complémentaire comprend des protéines végétales.

LE TRAVAIL COMME SOURCE DE SATISFACTION

« Tout ce que nous avons fait jusqu’à ce jour a eu pour seul but de soutenir le pays dans ses priorités, et quand on part de zéro, rien n'est facile, on commet des erreurs, et le mieux est de travailler dur afin que lorsqu’on s’adresse à ceux qui ont plus d’expérience et aux institutions scientifiques et technologiques, ils soient sûrs que leur coopération sera fructueuse », a souligné Ciro Verdecia.

En vertu de ce principe, les 123 travailleurs permanents et une vingtaine de travailleurs temporaires, pour la plupart originaires de la région, partagent la technologie et les pratiques agro-écologiques mises en œuvre, la culture organisationnelle, les techniques agro-écologiques et les mesures de protection de l'environnement au moyen de l'utilisation et la gestion adéquate des déchets, le reboisement et les systèmes de drainage.

De même, plusieurs accords ont été conclus avec l'Université d’Oriente et des institutions scientifiques du ministère de l'Agriculture, sur des projets de production d'énergie renouvelable, de recyclage de l'eau, d'étude des sols, de croisements génétiques, de production d’engrais biologiques et d'utilisation de la technologie la plus avancée possible.

« À cet égard, nous sommes ouverts à l'échange avec les structures étatiques et les producteurs, et c’est ce dont nous avons fait part au compañero Diaz-Canel, lorsqu’il a souligné que notre petit bout de terre est aussi le pays, et nous lui avons dit qu’il pouvait nous confier toute tâche, aussi complexe soit-elle », a affirmé Ciro Verdecia.

« L'entendre dire que l'application de notre expérience contribue à trouver des solutions plus rapidement est pour nous très gratifiant et une expression de la reconnaissance de la contribution des producteurs. Cette visite merveilleuse a renforcé notre engagement à continuer produire la nourriture nécessaire à l’alimentation de la population » . •

LES INDICATIONS DU PRÉSIDENT

C'est une expérience qui doit être appliquée immédiatement. Quand on voit la passion et le savoir faire du personnel de cette ferme, ainsi que l’expérience acquise au fil de nombreuses années de travail, les conquêtes qu’ils ont faites grâce à leur approche commune sur la façon de gérer et de tirer profit, de la manière la plus efficace, de la terre, la première chose que l'on se demande c’est : eh bien, pourquoi si nous avons l'expérience sur la manière de bien faire les choses, ne sommes nous pas capables de multiplier ces expériences plus rapidement ?

Cette exploitation agricole est un exemple de culture organisationnelle, de gestion, d'innovation. Ils ont des liens avec l'Université (d’Oriente) et avec presque tous les centres scientifiques des sciences agricoles du pays. Tout le monde est passé par là, et ils ont mis en place des expériences d'innovation avec la quasi-totalité de ces institutions.

Les choses que nous avons critiquées ailleurs fonctionnent bien ici, ils ont pu utiliser le crédit bancaire avec un financement cubain. Ici, il n'y a pas de projet de coopération internationale, non. Ils ont obtenu la même chose que ce que nous avons vu dans d'autres projets de coopération internationale.

C'est un projet de développement local en soi. Ici, il y a un développement technologique, ici, le travail est basé sur l'une des priorités du pays, ici, on a donné un emploi aux gens de la région et ici il y a une démarche de développement durable, car ils ont aussi cette culture de la durabilité, ce souci de ne pas nuire à l'environnement.

C'est un système productif local qui a généré des opportunités d'emploi pour plus d'une centaine de personnes qui à présent ont une perspective de développement dans leur vie, et leurs projets de vie coïncident avec ceux de ce programme de développement.

Ils produisent un millier de tonnes de viande de porc par an, 230 tonnes de viande de poulet et d'autres tonnes de lapin. Prenons la viande de porc. Si nous arrondissons à 200 000 tonnes dans le pays, avec 200 producteurs comme eux, le problème sera résolu dans le pays. Mais nous n’allons pas en rester là, nous allons doubler cette production, avec 400 producteurs de porc comme eux, nous résoudrons les problèmes du pays. Que devons-nous faire maintenant ? Il nous faut identifier ces 400 producteurs, dont les potentialités sont souvent insoupçonnées.

Il faut le faire pour le porc, la volaille, pour chacun de ces produits, toucher les agriculteurs qui développent des cultures variées, et nous en obtiendrons les proportions, afin que tous puissent y participer et apporter leur contribution. Il s'agit de décomposer le problème en petits morceaux, afin de savoir comment, d'une manière plus efficace, nous pouvons obtenir de meilleurs résultats.

source : http://fr.granma.cu/cuba/2020-11-25/comment-renforcer-la-dynamisation-du-developpement-local

Tag(s) : #Cuba

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