Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

 

Il subsiste en Amérique latine et dans les Caraïbes un niveau honteux d'inégalité économique et sociale. Photo: Estudio Revolución

(Traduction de la version sténographique de la Présidence de la République)

Votre Excellence, Monsieur Carlos
Alvarado Quesada, Président de la République du Costa Rica ;

Votre Excellence, Monsieur Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations unies ;

Votre Excellence et chère Madame Alicia Barcena, Secrétaire exécutive de la cepal ;

Mesdames et Messieurs les ministres, chefs de délégation, délégués et invités :

C'est un honneur pour Cuba de participer avec vous, même si ce n'est qu’en mode virtuel, à l’ouverture de la 38e Période de sessions de la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes, notre chère Cepal, dont nous avons célébré le 70e anniversaire à La Havane, en mai 2018, lorsque notre pays a assumé la présidence pro tempore de la Commission, que nous remettons aujourd'hui au Costa Rica.

En ces plus de 70 ans de travail inlassable pour la promotion du développement économique, social et durable en Amérique latine et dans les Caraïbes, on relèvera toujours la participation active de Cuba en faveur du multilatéralisme, de l'échange de connaissances et de la coopération, ce qui nous renforce notre sentiment de faire partie de la Cepal.

Depuis la présidence pro tempore de la Commission, de son Comité pour la coopération Sud-Sud et du Forum des pays d'Amérique latine et des Caraïbes sur le développement durable, Cuba a travaillé intensément, consciente des énormes défis que représente l'engagement à promouvoir la coopération et le développement durable dans la région, en particulier avec les nations sœurs des Caraïbes, pour répondre à l'initiative « La Caraïbe d’abord » de la Cepal.

Durant son mandat à la présidence, qui a été prolongé de quelques mois en raison de la pandémie de covid-19, Cuba s’honore d'avoir accompagné les principaux processus visant à mettre en œuvre l'Agenda 2030 et à renforcer la coopération Sud-Sud et Triangulaire aux niveaux régional et international, dans le but d'élargir et d'approfondir les réalisations et de dépasser les objectifs.

En travaillant à réduire les écarts existants et à consolider l'espace régional, nous avons parié sur la recherche de solutions concertées et intégrales aux problèmes communs ou similaires, toujours avec comme prémisse de « ne laisser personne en arrière ».

À propos de ces deux dernières années, je souhaiterais souligner la tenue de la 3e Réunion du Forum des pays d'Amérique latine et des Caraïbes sur le développement durable, en avril 2019, au cours de laquelle a été présenté le rapport de bilan quadriennal sur les progrès et les défis de la région dans la mise en œuvre de l'Agenda 2030.

Avec la participation de plus de 1 200 personnes, dont des représentants de la société civile et du secteur privé, et avec plus de 50 événements parallèles, cette réunion aura marqué l'histoire du Forum.

Chers délégués

:

En Amérique latine et dans les Caraïbes, un niveau honteux d'inégalité économique et sociale persiste. Les écarts structurels et systémiques entre les nations, et au sein de chaque pays, demeurent et se creusent dans un contexte international complexe et difficile dans tous les domaines : santé, économie, finances, social et environnement.

Le fait est que la pandémie a accentué les difficultés de nos systèmes de production et a fait ressortir toutes nos vulnérabilités.

Son impact économique et financier et les coûts sociaux qui en découlent conduisent à des projections décourageantes. La région, dont la croissance économique connaît une décélération encore plus prononcée que dans d'autres parties du monde, enregistre une performance inférieure à celle des sept dernières décennies.

Cela n'a pas été dit par d'autres. La Commission régionale elle-même, notre Cepal, prévoit une baisse de 9,1 % pour 2020, soit le pire Produit intérieur brut de l'histoire de la région.

Pendant ce temps, le changement climatique continue à frapper de plein fouet nos pays, notamment les États insulaires. On estime que d'ici 2050, le coût économique du changement climatique dans la région représentera entre 1,5 et 5 % du pib régional actuel.

Face à cette perspective dramatique, il est urgent de promouvoir des politiques globales en matière de développement durable, d'atténuation, d'adaptation et de résilience.

Il est vital de créer de meilleures conditions et des compétences pour la gestion et la réduction des risques dans les Caraïbes, de combler le fossé technologique, ainsi que de promouvoir la coopération et l'accès opportun aux ressources indispensables pour atténuer les effets du changement climatique.

Nous sommes fermement convaincus que seule une réponse articulée entre les pays à tous les niveaux peut nous aider à surmonter les multiples crises auxquelles l'Amérique latine et les Caraïbes sont confrontées aujourd'hui.

Pour y parvenir, il est indispensable de continuer à parier sur un multilatéralisme renouvelé et renforcé, sur la coopération solidaire et sur la recherche de solutions concertées et innovantes. Le multilatéralisme, la coopération et la solidarité doivent être des mots d'ordre par les temps qui courent.

Il est de notre devoir de protéger la paix entre tous, prémisse indispensable au développement, au droit et à la revendication historique de nos peuples.

Je tiens à réaffirmer ici ce que nous avons déclaré il y a deux ans lors de la réunion de La Havane : « Il n'y aura pas de développement sans paix, et pas de paix sans développement ». Et, par conséquent, nous soulignons la validité des postulats de la Proclamation de l'Amérique latine et des Caraïbes comme Zone de paix.

Il est impossible d'ignorer dans ce scénario notre condamnation du blocus économique, commercial et financier imposé par le gouvernement des États-Unis, qui s'est brutalement intensifié ces deux dernières années, même en période de pandémie de covid-19.

Cette composante essentielle de la politique étasunienne d'hostilité envers Cuba cherche à nuire à la nation dans son ensemble afin d'obtenir des concessions politiques et de provoquer le chaos.

L'escalade opportuniste de ce siège criminel, telle qu'elle est reconnue par l'actuel gouvernement étasunien, vise à étrangler totalement notre commerce, notre accès au carburant et aux devises, et renforce son statut d'obstacle réel au développement national.

La récente mesure découlant de ce siège brutal pourrait être décrite comme un acte de férocité, d'une extrême cruauté, de barbarie humaine : bientôt, la famille cubaine sera privée de recevoir des transferts d'argent du pays où réside le plus grand nombre de ses émigrés.

Comme nous l'avons souligné à maintes reprises, le blocus est reconnu comme un acte de génocide et constitue une violation flagrante, massive et systématique des droits humains de notre peuple, mais il ne nous écartera pas d'un millimètre de nos programmes de développement.

Cuba persiste dans son engagement à mettre en œuvre l'Agenda 2030.

Nous disposons d'un Plan national de développement économique et social à l’horizon 2030, dont les axes stratégiques sont étroitement liés aux objectifs de développement durable, ainsi que d'une « Stratégie économique et sociale pour relancer l'économie et faire face à la crise mondiale causée par la covid-19 » en vue du redressement du pays.

Une fois de plus, nous réitérons ici notre engagement en faveur d'une coopération solidaire fondée sur le respect mutuel, l'aide désintéressée et la complémentarité, conformément à notre principe indéfectible de partager ce dont nous disposons et non ce que nous avons en trop.

Ni le blocus ni la plus féroce des campagnes de diffamation lancées aujourd'hui contre la coopération médicale solidaire offerte par Cuba ne sauraient entamer la vocation humaniste de sa Révolution, notamment face au panorama international complexe et aux exigences pressantes générées par la pandémie.

Je tiens également à exprimer la plus profonde gratitude de l'État cubain pour l'action de la Cepal et de Madame Alicia Barcena, pour son dévouement et ses efforts en faveur du développement durable en Amérique latine et dans les Caraïbes.

Et pour son regard limpide et sans préjugés vis-à-vis de Cuba, qui a été accueillie au sein de la Cepal durant son mandat dans un esprit de coopération ouvert et constructif qui fonctionne dans deux sens : en sollicitant respectueusement d’éventuelles contributions et en appuyant, avec une volonté et un engagement élevés, nos demandes d'assistance technique.

Au cours de ses années à la tête de la Commission, Cuba a senti que la direction de l'actuelle Secrétaire exécutive non seulement se caractérise par l'efficacité d'un travail professionnel et responsable, mais aussi par la passion et l'engagement d'une véritable défenseure d'un environnement de paix et de coopération pour parvenir au développement.

Je tiens également à exprimer notre soutien au Costa Rica et à son président, Carlos Alvarado, ainsi que nos meilleurs vœux pour l'exercice de la présidence pro tempore de la Commission, que nous remettons officiellement aujourd'hui. Comme l'a déclaré notre leader historique, le commandant en chef Fidel Castro Ruz, à la clôture du 1er Sommet du Sud, qui s'est tenu à La Havane le 14 avril 2000 : « Tout dépendra de nous. »

Comptez toujours sur Cuba pour rendre possibles les objectifs de développement durable et l'Agenda 2030 dans notre Amérique. C'est une dette envers tous les héros de l'indépendance américaine et envers les rêves d'émancipation de ses peuples.

Tout ce qui dépendra de nos efforts, nous le ferons.

Je vous remercie.

source : http://fr.granma.cu/cuba/2020-10-27/diaz-canel-aujourdhui-le-multilateralisme-la-cooperation-et-la-solidarite-doivent-etre-des-mots-dordre

Tag(s) : #Cuba

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :