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Manifestations en Équateur contre les mesures économiques annoncées par Lenin Moreno. Photo: AFP

LE volcan Pichincha observe. Il y a du sang dans les rues de Quito. Des civils et des policiers sont parmi les victimes. Une fois de plus, le néolibéralisme est en cause.

Là-bas, en plein milieu du monde, un volcan est devenu patrimoine des Équatoriens : le guagua Pichincha, qui tient son nom d’une légende populaire sur la rivalité entre deux guerriers andins, les volcans Cotopaxi et Chimborazo, qui luttèrent pendant pendant plusieurs siècles avec des éruptions constantes pour les beaux yeux de la belle Tungurahua.

Le guerrier Chimborazo sortit victorieux de ce combat. II gagna l'amour de la princesse et de son union naquit le Guagua Pichincha. (fils, enfant en Quinchua).

Depuis les collines proches de Quito, la capitale équatorienne, le Pichincha semble veiller sur une nation qui, au cours des dernières décennies, a été secouée par d'autres mouvements qui ont laissé des blessures que l'on croyait guéries durant les années de gouvernement de Rafael Correa, mais qui sont à l’ordre du jour de l'agenda néolibéral qui, comme une maladie mortelle, se répand dans plusieurs pays.

Ces derniers jours, une population, lasse des promesses néolibérales, est descendue dans la rue pour exiger le retrait des prétendues réformes mises en œuvre par le président Lenin Moreno, qui venaient ajouter davantage de pénurie et d'insécurité sociale.

L'intervention de la police et les affrontements durant ces 8 journées se sont soldés par 8 morts, 1 340 blessés et des 1 192 arrestations.

Finalement, le président a cédé au terme d’une longue séance de négociations avec les représentants des populations indigènes.

Au début des manifestations, Lenin Moreno avait déclaré qu'il ne négocierait pas et qu'il ne retirerait pas les mesures visant à mettre un terme à la subvention du prix du carburant, qui furent l’élément déclencheur des troubles. Un message largement marqué – malgré le moment critique – par l’improvisation. Il y alléguait le fait qu'il faisait face à la situation du pays aux prises à la corruption et aux autres problèmes sociaux de « cette époque ».

Il faisait référence aux années de gouvernement de Rafael Correa, tout en semblant oublier qu'il en avait été le vice-président, lorsque les Équatoriens bénéficiaient d'un grand programme social et, principalement, lorsque Correa s’était proposé de récupérer la dignité du pays, l'union nécessaire de la région, la promotion des institutions progressistes et éthiques pour défendre les peuples, et réclamé de toutes ses forces la souveraineté de la nation andine.

Par ses déclarations, Moreno semblait davantage faire partie de l'opposition durant les gouvernements de la Révolution citoyenne.

Sans oublier que ces événements sont la conséquence d’avoir cédé aux réformes exigées par le FMI, auprès duquel Lenin Moreno a demandé un prêt de 4, 209 milliards de dollars.

Il est loin le temps où l’on dénonçait au niveau international la compagnie pétrolière étasunienne Chevron pour le déversement de plus de 80 000 tonnes de déchets pétroliers dans la région du Lago Agrio en Amazonie équatorienne. Une pollution qui couvrit environ 500 000 hectares.

En 2011, la justice équatorienne avait décidé de condamner Chevron à verser 500 millions de dollars aux habitants de la région polluée. Face à son refus de payer, le gouvernement de Rafael Correa fit appel devant la Cour d'arbitrage de La Haye, qui, comme on pouvait s’y attendre, ne sanctionna pas Chevron.

Face à une décision aussi injuste, l’ancien président écrivit sur son compte Twitter : « Il est clair que ces traîtres ont déjà passé des accords avec cette entreprise corrompue et corruptrice. »

Dans un autre twit, il signalait : « Il est évident que Chevron est coupable et qu'il a détruit notre jungle. Seul un ordre mondial immoral et un gouvernement traître peuvent la laisser dans l’impunité. »

Ce qui est lamentable, en réalité, c'est que tout cela se produise sous un gouvernement qui était censé donner continuité à la grande œuvre entreprise durant les dix années de la Révolution citoyenne. Arrivé au pouvoir, il n'a pas fallu une journée pour que Lenin Moreno se mette à inverser tous les progrès réalisés et, en premier lieu, à tenter de diffamer Rafael Correa, à vouloir l'emprisonner – comme Lula au Brésil –, en plus de faire expulser manu militari le fondateur du site WikiLeaks, Julian Assange, de l’ambassade à Londres où il était réfugié et de le remettre aux autorités de ce pays.

Quitter l’Unasur, abandonner l'ALBA, entre autres, sont des actions qui identifient le gouvernement actuel de l'Équateur.

Pendant ce temps, depuis le sommet de la montagne près de Quito, le volcan Pichincha continue d'observer à quel point le peuple équatorien souffre, entraîné dans une phase de régression politique et sociale. Des blessures que l'on croyait déjà guérie..., mais qui aujourd’hui se sont remises à saigner.

source :  http://fr.granma.cu/mundo/2019-10-15/equateur-sous-loeil-du-pichincha

Tag(s) : #equateur

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