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Le BRÉSIL a été le dernier pays d'Amérique à avoir aboli l'esclavage. La population noire et métisse représente plus de la moitié des habitants du géant sud-américain, 55,8% du total, selon les statistiques de l'Enquête annuelle auprès des ménages (PNAD) de 2018. Mais elle est aussi la plus vulnérable, celle qui gagne le moins, celle qui souffre le plus du chômage, celle qui a le moins accès à l'éducation et à la santé, celle qui perçoit les salaires le plus bas, même ayant le même niveau de scolarité.

Les hommes noirs ayant fait des études supérieures gagnent en moyenne 29% de moins que les Blancs, alors que la différence est de 27% pour les femmes, selon une étude de l'Institut brésilien de recherche, Locomotiva.

Parmi les 12,8 millions de chômeurs enregistrés aujourd'hui dans ce pays d'Amérique du Sud, 64,3% sont noirs ou mulâtres, selon l’agence Prensa Latina, qui cite des données PNAD.

Les chiffres témoignent également des inégalités dans le monde des affaires : les Noirs n'occupent que 4,7% des postes de direction et 6,5% des postes de décision, selon une étude de l'Institut Ethos, menée auprès des 500 plus grandes entreprises du Brésil.

CE SONT AUSSI CEUX QUI MEURENT LE PLUS DE MORT VIOLENTE

Selon le rapport Atlas de la Violence 2019, publié par l'Institut de recherche économique appliquée, en association avec le Forum national sur la sécurité publique, un total de 65 602 Brésiliens ont été ont été violemment tués en 2017. Selon le magazine Forum, plus de 75% des victimes étaient noires.

Les dernières statistiques publiées par l'ONU révèlent qu'environ 23 000 jeunes Noirs meurent violemment chaque année dans ce pays, ce qui équivaut à un décès toutes les 23 minutes.

Il ressort aussi de cette étude que les jeunes filles noires sont deux fois plus exposées aux homicides que les jeunes filles blanches.

Ce sont des chiffres qui, selon l'ONU, témoignent « du poids du racisme dans le climat de violence dans lequel baigne actuellement ce pays » En ce sens, une personne noire est beaucoup plus susceptible d'être assassinée que les autres citoyens, quels que soient son âge, son sexe, sa scolarité ou son quartier de résidence.

Les jeunes et adolescents noirs au Brésil sont aujourd'hui plus enclins au suicide que les Blancs, fait remarquer PL en citant une étude du ministère de la Santé, publié sur le site Internet d’informations G1.

De 2012 à 2016, le taux de mortalité par suicide chez les Noirs a augmenté de 12 %. Sur dix suicides de personnes de ce groupe d'âge, six étaient d'ascendance africaine.

Ces statistiques de la violence au Brésil peuvent s'aggraver avec les normes d’assouplissement de l'usage des armes décrétées par le président Jair Bolsonaro, si l’on sait que plus de 70 % des meurtres (47 500) ont été commis par armes à feu.

La moyenne nationale des homicides est de 31,6 décès pour 100 000 habitants, ce qui est beaucoup plus élevé que le taux de 10, déjà considéré comme une « épidémie de violence » par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), selon ABC International.

GÉNOCIDE NOIR ?

La discrimination et les inégalités raciales font que la population noire, et en particulier les jeunes, vivent dans une « situation de discrimination structurelle, dans laquelle leurs droits d'accès à l'enseignement supérieur, à la santé, au travail, à un logement décent, entre autres, sont gravement bafoués », selon le rapport de l’Atlas de la violence.

La simple présence de jeunes noirs dans certains lieux fait peur à certaines personnes, qui recourent aussitôt à « l'aide » de la police, ce qui limite leur présence dans les lieux publics de divertissement, une situation qui génère une forte pression sur ces jeunes et adolescents, qui voient leur espace social restreint en raison de la discrimination et des préjugés.

Dans bon nombre de ces cas, l'intervention de la police est violente et inutile. Les données sont particulièrement significatives parmi les jeunes Noirs, en particulier dans les favelas et les banlieues, où ils sont parfois massacrés en toute impunité, sous prétexte de lutte contre la drogue.

Sur les 99,5 % de victimes enregistrées comme « homicides résultant d'une intervention policière », 79 % des victimes étaient noires et 75 % jeunes. Ces données traitées par Amnesty International Brésil mettent lumière l’ampleur et la gravité du problème.

La violence qui gangrène le Brésil marque un nouveau record historique, et nous espérons que des mesures concrètes seront prises pour remédier à une situation aussi douloureuse, comme l'ont tenté les gouvernements du PT.

source :

http://fr.granma.cu/mundo/2019-09-02/bresil-le-risque-detre-jeune-et-noir

 

Tag(s) : #brésil

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