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Face à la campagne de blanchiment de Juan Carlos Borbón : ne nous trompez pas !
Le 2 juin 2019
Face à la monarchie corrompue des capitalistes, construisons la Troisième République des travailleurs !

Aujourd'hui, 2 juin, le roi Juan Carlos Ier se retire de la vie publique, et nous assistons à une campagne de propagande des médias du grand capital au service du régime de 1978 et de sa monarchie dans laquelle sa figure est saluée comme le roi de tous les Espagnols et un des architectes de la démocratie.

Ni le PCE ni les peuples d'Espagne ne doivent quoi que ce soit au monarque : c'est sa figure qui a assuré la légitimité et la loyauté de l'appareil franquiste (surtout l'armée) au nouveau régime, concrétisant l'expression que Franco a tout laissé "attaché et bien attaché". C'est d'ailleurs ce qui s'est passé lorsque le roi Juan Carlos a prêté serment, en 1969, à son successeur, au chef de l'État et aux principes du mouvement dans les instances franquistes.

A partir de ce modèle, l'illégitimité du monarque, en tant que successeur du franquisme, à régner après la transition n'était pas un problème car l'appareil d'Etat de la dictature n'a pas été modifié dans son noyau essentiel pendant la transition, comme c'est le cas des Forces armées, le corps de sécurité de l'Etat ou la justice. Adolfo Suaréz lui-même, devant la journaliste Victoria Prego en 1995, a reconnu dans un enregistrement caché à tous les Espagnols, hommes et femmes, jusqu'après l'abdication, que si un référendum avait été organisé pour décider de la forme de l'Etat, la république aurait été la plus votée. Bref, ce n'est qu'à partir de 23F que le roi Juan Carlos Ier a construit sa légitimité devant le peuple espagnol. C'est un épisode sombre avec des sources détruites et cachées qui ne nous permettent pas d'analyser vraiment ce qui s'est passé, mais ce que nous pouvons dire, c'est que c'est avec son discours le jour même où le coup d'État prétendument s'est arrêté que Juan Carlos 1er a été le roi qui défend la démocratie.

La figure de Juan Carlos Ier n'est pas seulement discutable en raison de son origine antidémocratique, mais aussi en raison du rôle qu'il a joué pendant ses 40 ans de mandat : Les cas de corruption à la Maison royale, son rôle présumé de lobbyiste au service des grands capitalistes espagnols à l'étranger, ses relations politiques et économiques avec des autocrates comme les rois d'Arabie saoudite et du Maroc, sa fortune personnelle accumulée pendant son règne ou d'autres cas comme l'épisode de la chasse aux éléphants, sont des exemples qui nous renvoient aux siècles passés où les sujets avaient à porter les armes et les poches des monarques.

N'oublions pas le mur de l'impunité absolue qui entoure l'actuel roi émérite, avec une justice qui détourne le regard chaque fois qu'il s'agit d'enquêter de façon minimale sur les nombreux comportements présumés criminels qui entourent l'activité personnelle du Bourbon.

La tradition républicaine, profondément enracinée dans les forces progressistes de notre pays, émerge chaque fois qu'un mouvement populaire propose une alternative au régime existant. Face à la période de mobilisation 2010-2014, le monarque n'a eu d'autre choix que d'abdiquer, puisque sa légitimité et sa popularité sont tombées et tombent encore aujourd'hui. Ceci est démontré par l'avancée de l'opinion en faveur d'une république, et la tenue d'un référendum pour décider de la forme de l'Etat, une avancée qui a amené la CEI à éliminer de ses sondages toute question à ce sujet.

La République est inévitablement la forme de gouvernement souhaitable pour l'avenir de notre pays, non seulement en tant que seul système pleinement démocratique dans lequel toutes les institutions de l'État, y compris le chef de l'État, sont éligibles. C'est aussi une concrétisation du nouveau modèle de pays dans lequel les droits de la classe ouvrière sont une réalité et pas seulement un catalogue dans une grande charte que les pouvoirs publics refusent de respecter quand il s'agit d'améliorer les conditions de vie des travailleurs. La bourgeoisie espagnole, qui a amassé sa fortune avec l'exploitation coloniale d'autres peuples et avec la dictature fasciste, ses médias de propagande et ses partis ont désespérément tenté de sauver la figure de Juan Carlos I pour donner une légitimité à la Monarchie et en garantir un peu à son fils Felipe IV, qui ne trouve toujours pas son 23F, peu importe combien il va essayer au 1er octobre. Même s'ils font taire et emprisonnent les voix dissidentes et serrent les rangs autour de cette institution pré-moderne, ni les communistes ni les démocrates et les progressistes ne sont dupes. En démocratie, la seule légitimité d'un chef d'État vient de l'expression périodique et démocratique de la volonté du peuple lors des élections.

Vive la République !

source :  https://www.pce.es/ante-la-campana-de-blanqueamiento-de-juan-carlos-borbon-no-nos-enganan/

Tag(s) : #Espagne, #Communiste, #PCE

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