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Mathapelo Khanye – NUM Afrique du Sud, Coordinatrice du Comité des Femmes de la FSM, s’adressant à la plénière de la CCFNU63 au nom de la FSM, avec un discours intitulé: »Autonomisation des femmes: Le rôle des femmes au sein des syndicats »
20 Mar 2019


Autonomisation des femmes: le rôle des femmes au sein des syndicats

CCFNU 63, New York, Nations Unies

Chères femmes déléguées, cher (e) s collègues,

   Au nom de la Fédération Syndicale Mondiale (FSM), qui représente 95 millions de travailleurs et travailleuses dans 130 pays du monde entier, nous vous adressons nos sincères salutations.

  C’est une grande joie et un grand honneur d’être ici aujourd’hui, parmi des femmes du monde entier. C’est aussi une occasion pour nous de prendre position sur l’énorme tâche de rassemblement des femmes dans les syndicats, sur la nécessité de renforcer le pouvoir des travailleuses, le besoin même de renforcer la voix des femmes au sein des organisations syndicales.

   Dans un cadre international où la participation des travailleurs aux organisations de classe tend à diminuer, où la liberté d’association est gravement atteinte, les employeurs veulent affaiblir les syndicats, afin d’enlever tout engagement de justice sociale et de libération que les syndicats pourraient assumer. Globalement, ce débat fait partie d’un débat plus vaste qui, selon la FSM, est la lutte même pour un mouvement syndical international militant et exigeant, pour un mouvement syndical capable de répondre aux besoins contemporains des travailleurs.

   Évidemment, un tel objectif pour les syndicats aujourd’hui ne serait pas réaliste sans garantir la participation active des travailleuses. Autrement dit, l’autonomisation des syndicats passe par l’autonomisation des travailleuses, et inversement.

   Plusieurs fois, en essayant de calculer le pourcentage de participation des femmes dans les syndicats, nous notons que beaucoup de détails ne sont pas clairs, parfois même pas actualisés ou exacts. D’autres fois, l’augmentation du nombre de femmes travailleuses dans ce qu’on appelle «économie informelle» n’aide pas à faire des calculs exacts. Certes, le nombre de femmes affiliées aux syndicats est bien inférieur à celui des hommes, beaucoup plus faible que celui des hommes.

   Le problème est encore plus visible quand on considère que le nombre de femmes élues à des positions de direction au sein des organisations syndicales est particulièrement faible. Alors, comment une femme travailleuse pourrait-elle être autonomisée si elle ne peut pas co-décider, co-élaborer le programme du syndicat, par des positions syndicales – clés?

   En fait, il est de plus en plus nécessaire de renforcer la participation des femmes aux syndicats si nous gardons à l’esprit les données concernant la situation des femmes des couches populaires à travers le monde. Selon les données statistiques de l’Union Européenne (Eurostat), les deux tiers des 800 millions d’analphabètes dans le monde sont des femmes. Parmi les enfants qui ne vont pas à l’école, 3 sur 5 sont des filles. Selon les mêmes données, trente et un pour cent (31%) des femmes travailleuses en Europe sont employées à temps partiel. Les données révèlent également qu’environ un million de personnes sont victimes du trafic sexuel chaque année, dont 900 mille femmes et filles. Les conditions pour les femmes sont extrêmement mauvaises sur tous les continents. En Afrique, le sida se propage parmi la population féminine. En Inde, près de deux mille grossesses sont interrompues chaque jour prématurément, car les familles ne souhaitent avoir que des fils. Environ 90% des victimes des affrontements armés et des guerres sont civils, dont la grande majorité sont des femmes et des enfants. Les données et les chiffres parlent d’eux-mêmes.

   Malheureusement, ce catalogue n’est pas court. De nos jours, les «blessures» qu’une femme doit soigner ne sont pas seulement non guéries, elles ne peuvent pas non plus être guéries sans sa participation active. À cet égard, un syndicat peut être un refuge de lutte, un lieu d’inspiration, une structure capable d’enseigner et de sensibiliser.

   Cette année, la FSM a choisi, pas par hasard, le slogan suivant pour la Journée Internationale des Femmes Travailleuses du 8 mars: «La FSM contre toute forme d’exclusion, d’inégalité et d’exploitation», en montrant ainsi la demande contemporaine sur le rôle que les syndicats devraient jouer.

   La Fédération Syndicale Mondiale, depuis sa fondation, lutte fermement pour l’égalité des femmes travailleuses et pour l’amélioration de leur position dans tous les domaines de leur vie sociale. Pour un an de plus, nous joignons notre voix aux travailleuses et soutenons leurs revendications:

– Travail décent et dignité au travail
– Salaire égal pour un travail égal
– Allocation de maternité pour toutes
– Allocation social pour toutes
– Santé et sécurité dans les lieux de travail!

   La vraie perspective se trouve dans la lutte pour une vie meilleure, pour une plus grande égalité au travail, dans la société et dans la vie. De cette manière, certaines des demandes susmentionnées pourraient réactiver la participation des femmes aux syndicats. Cela pourrait amener davantage de femmes dans la lutte pour les droits contemporains, afin de donner naissance une fois de plus à l’espoir que ce monde puisse changer.

Nous devons juste assumer la responsabilité de le changer.

Merci bien.

source : 
http://www.wftucentral.org/mathapelo-khanye-num-afrique-du-sud-coordinatrice-du-comite-des-femmes-de-la-fsm-sadressant-a-la-pleniere-de-la-ccfnu63-au-nom-de-la-fsm-avec-un-discours-intituleautonomisation-des/?lang=fr

Tag(s) : #FSM

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