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La Libye dévastée par un conflit sans fin. Photo : SPUTNIK

EN 2011, le Moyen-Orient a subi une reconfiguration de sa carte politique à travers des mouvements de révolte, encouragés de l'extérieur et des interventions travesties en aide.

Cette série d'événements est entrée dans l'histoire sous le nom de « Printemps arabe », mais la ressemblance avec le mot utilisé pour désigner l'une des saisons les plus festives de l'année n'est que vocabulaire, cette région géographique ayant été depuis en proie à des crises internes récurrentes qui se traduisent par un climat d'instabilité permanente.

Telle est la situation qui prévaut aujourd’hui en Libye, un pays qui, pendant 40 ans décennies, s’était engagée sur une voie de stabilité et de progrès sous la conduite du colonel Mouammar Kadhafi, un dirigeant qui misa sur le développement social et économique dans de ce pays d'Afrique du Nord.

Que s'est-il passé ? Une formule habile de manipulations, de mensonges et d' « intervention humanitaire » conçue par le gouvernement des États-Unis et soutenue par l'Union européenne (UE) fut appliquée contre la Libye, ce qui semble étrangement familier avec la situation à laquelle fait face actuellement le peuple vénézuélien.

Les forces d'opposition furent armées pour lutter contre l'armée libyenne, un conflit fut construit par les médias, comme « le bombardement de son propre peuple par Kadhafi » ou « la prise de Tripoli », tournés dans des studios de cinéma et de télévision, avec des figurants engagés, qui montraient les massacres, les dégâts provoqués par les bombes, dans le meilleur style du cinéma hollywoodien, pour ainsi de fournir un prétexte pour « justifier » l'intervention du tandem États-Unis-OTAN sous couvert de « préservation de vies humaines ».

De faux blogueurs furent créés, censés écrire depuis Tripoli sur les événements en temps réel, mais quelques mois après la fin de la mise en scène, on apprenait que la quasi-totalité de ce « journalisme citoyen » se faisait à des milliers de kilomètres du sol libyen, depuis de confortables bureaux à Londres, New York ou Berlin.

Pour semer le chaos, les grands médias internationaux procédèrent à une « mythification » du leader libyen, arguant qu'il gouvernait par le chantage et l'humiliation.

Cette fausse image, étayée par des fake news sur l'exécution de civils dans les affrontements entre l'armée de Kadhafi et les milices, fut relayée et amplifiée par de grands journaux et publications de droite.

La guerre contre la Libye fut dont basée sur des mensonges. Pour la simple raison que ce pays recèle les plus grandes réserves de pétrole léger d'Afrique qui faisaient l’objet de la convoitise des compagnies pétrolières occidentales. En outre, quelques mois auparavant, Kadhafi avait exhorté les pays africains et musulmans à adopter une monnaie unique : le Dinar Or, indépendant du dollar étasunien, menaçant ainsi les devises de l'empire.

Mais la vérité n'a rien à voir avec cette histoire. Le montage médiatique, combiné aux bombardements nord-américains et de l'OTAN, a non seulement mis fin à la vie du dirigeant libyen, mais il a également fait de ce pays l'État défaillant qu'il est encore aujourd'hui.

QUARANTE ANS DE PAIX

La Libye demeura une colonie italienne jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, lorsque, sur l’accord de puissances comme la Grande-Bretagne, la France et les Nations Unies, la France et la Grande Bretagne se partagèrent le contrôle du pays. Les Britanniques présidèrent aux destinées des régions de Cyrénaïque et de Tripolitaine, et les Français occupèrent la région d'El Pezzan, jusqu'en 1951, date à laquelle le pays obtint son indépendance.

Cependant, jusqu'en 1969, lorsque Kadhafi renversa la monarchie du roi Idris, le peuple de ce pays vivait dans des conditions difficiles, avec de faibles taux de développement, comme en témoigne un article intitulé « La Libye selon l'ONU et la dure réalité », de Thierry Meyssan, journaliste et militant politique français, qui affirme notamment que seuls 250 000 sur un total de 4 millions de personnes savaient lire et écrire.

Avec l'indépendance et la construction progressive d'un État caractérisé par ses réalisations sociales, la Libye allait atteindre l'un des niveaux de développement humain les plus élevés, et le plus fort PIB nominal par habitant d’Afrique.

Plusieurs sources affirment que le dirigeant libyen avait fait de son pays un exemple pour l'Afrique et le monde arabe en unifiant la nation et en prenant des mesures comme la création d’organismes et de ministères pour renforcer les institutions.

Le mouvement promu par Kadhafi était connu sous le nom de « Révolution verte » et il eut parmi ses réalisations le début d'une réforme agraire, l'impulsion d'un système de sécurité sociale, la santé à la portée de tous et les revenus tirés des ressources telles que le pétrole au service du peuple.

Pour atteindre cet objectif, le gouvernement libyen nationalisa l'industrie pétrolière, utilisant ces revenus substantiels pour subventionner des droits humains essentiels tels que l'accès à l'eau potable ou à l'éducation, qui étaient auparavant considérés comme un véritable luxe.

ll procéda à une réforme agraire et le gouvernement accordait aux agriculteurs un crédit et un apport en machines, semences, ainsi qu’une assistance technique.

Le logement était considéré comme un droit de l’Homme et l’électricité et l’eau parvenaient gratuitement à tous les ménages.

Selon la chaîne TeleSur, les prêts de toute nature étaient assortis de taux d'intérêt zéro et la Banque centrale de Libye était une institution souveraine au service des citoyens.

Kadhafi œuvra pour la coopération des pays africains à travers l'Union africaine (UA), fondée en mai 2001, dans le but de trouver un moyen de renforcer ces pays sans l'intervention des puissances occidentales.

ADIEU À LA DÉMOCRATIE

Le quotidien espagnol El País, a présenté dans de nombreux articles la vision d'un Kadhafi obsédé par le pouvoir et le sexe. Cependant, en 2016, cinq ans après sa disparition physique, ils ont dû accepter et publier que la Libye est en train de vivre un véritable cauchemar, où le peuple est relégué aux oubliettes.

L'instabilité politique en est un exemple. Ces derniers temps, la Libye a eu jusqu'à trois gouvernements, dont deux dans la capitale, qui se disputent le pouvoir dans l'ouest du pays, et un autre à Tobrouk, qui domine les régions orientales et contrôle les principales ressources en pétrole.

D'un autre côté, Usef Shakir, spécialiste des problèmes libyens, a déclaré à Sputnik : « Autrefois, la Libye était un État stable et sûr. Le système d'État fonctionnait avec précision et ne cessait de se développer, alors qu'à présent, depuis déjà plus de sept ans, le chaos et la peur règnent dans le pays. Certaines de ses villes sont toujours sous le contrôle de groupes armés. On peut en déduire que la Libye est passée de pays souverain à un mélange de groupes opposés. »

Il convient de noter que depuis 2011, plus de 5 000 personnes ont perdu la vie et près d'un million ont fui leur foyer par peur d’attaques et de l’insécurité régnante. Par ailleurs, les exportations de pétrole brut ont chuté de 90 % et les pertes du PIB s'élèvent à environ 200 milliards d'euros depuis les huit dernières années, selon les chiffres recueillis par Middle East Monitory.

Les droits des femmes, respectés sous le gouvernement de l'ancien dirigeant, sont bafoués sans vergogne. Selon le site officiel d'Amnesty International, « le conflit en cours est particulièrement préjudiciable aux femmes, affectant de manière disproportionnée leur droit à la liberté de circulation et à la participation à la vie politique et publique ».

La Libye est un exemple éloquent de ce que l'intervention militaire étasunienne a laissé au monde : le chaos, l'instabilité politique, l'appropriation des ressources par les transnationales occidentales et une « oasis » où convergent des groupes terroristes, des milices locales et autres, en plus d'être un exemple de trafic et d'extorsion des migrants en transit vers en Europe à travers la Méditerranée.

EN CONTEXTE :

         En janvier 2011, plusieurs pays du Moyen-Orient ont été secoués par des révoltes, des soulèvements, des protestations et des interventions secrètes qui ont entraîné un remaniement de la carte de la région. L'Occident a qualifié ces événements de « Printemps arabe ».

- Tout a commencé avec la soi-disant révolution tunisienne, déclenchée le 17 décembre 2010 par l'immolation de Mohamed Bouazizi, un garçon de 26 ans qui avait protesté contre la police, le 4 janvier 2011.

- Derrière tous ces soulèvements se cachait la main des puissances occidentales avec, comme toujours, les États-Unis et la France, en tête.

- Un rapport de renseignement extérieur, cité par le journaliste et intellectuel français Thierry Meyssan, révèle que le 4 février 2011, l'OTAN a organisé une réunion au Caire pour lancer le « Printemps arabe » en Libye et en Syrie. Selon le document, elle était présidée par le sénateur républicain John McCain.

Source: TELESUR

 

source :  http://fr.granma.cu/mundo/2019-03-28/apres-8-ans-de-printemps

Tag(s) : #Libye

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