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Selon l’ONG Save the Children, plus de 5 millions d’enfants sont menacés de famine au Yémen

Auteur: Ana Laura Palomino García | internet@granma.cu

14 novembre 2018 13:11:53

« DOMMAGES collatéraux » est une expression que l’on utilise pour faire allusion aux pertes civiles en temps de guerre. L'expression est ironique, répugnante, une pure justification des horreurs vécues durant la guerre. Parfois, ce sont de simples chiffres, qui resteront enregistrés dans des rapports, puis oubliés pour laisser la place à de nouveaux chiffres.

Il est probable que la cruauté des conflits guerriers que vivent à l’heure actuelle de nombreuses régions dans le monde nous semble improbable, car elle est loin de la réalité cubaine. Or, il existe des endroits où ces « dommages collatéraux », ce sont des vies, des vies d'enfants en bas âge.

De nos jours, les luttes armées se sont intensifiées dans des zones habitées par les populations civiles, souvent menacées par des groupes terroristes ou des guerres civiles.

Signalons également la persécution envers certaines religions minoritaires, dont les adeptes sont harcelés dans le but de les exterminer. Citons l'exemple des musulmans Rohingyas, qui sont assassinés et persécutés.

Au cours de ces chasses à l’homme brutales, les enfants sont séparés de leurs parents, violés, mutilés et les survivants trouvent refuge dans d'autres pays où ils vivent dans des conditions

précaires.

Cependant, ce ne sont pas seulement les enfants rohingyas qui souffrent de ces injustices. En Irak, le groupe État islamique s’est donné pour objectif d’éliminer les adeptes d'autres religions que l'islam, ce qui a eu pour conséquence, entre autres, l'utilisation des jeunes filles chrétiennes yézidies comme esclaves sexuelles.    

En Syrie également, la vie et le développement des enfants sont menacés par les actions armées de groupes terroristes qui font des milliers de victimes et détruisent des maisons, des centres de santé, d’éducation et autres valeurs du patrimoine.

L’aviation étasunienne qui, au nom d'une coalition, bombarde ce pays et massacre quotidiennement des enfants et des adultes, contribue à cette situation mortifère. Elle multiplie les dommages collatéraux dans sa volonté de détruire l'armée syrienne.

Tout cela a pour conséquence un déplacement des familles et un manque d'accès aux services de base, souvent inaccessibles du fait même des combats, durant lesquels la ville devient un champ de bataille dangereux.

Selon le Conseil de sécurité des Nations Unies, les violations les plus graves contre les enfants dans les zones de guerre sont au nombre de six : assassinat et mutilation, recrutement et utilisation d'enfants par des groupes armés, attaque contre des écoles et des hôpitaux, violence sexuelle, enlèvement et blocage de l'aide humanitaire.

Par ailleurs, au fil des ans et avec la « sophistication » de la guerre, les armes utilisées dans les conflits sont mortelles et sans pitié.

Les mines terrestres ou les bombes à fragmentation, qui causent des centaines de milliers de mutilations dans la population civile et souvent utilisées contre les écoles ou les hôpitaux, en sont un exemple.

Récemment, Manuel Fontaine, directeur des programmes d'urgence à l'Unicef (Fonds des Nations Unies pour l'enfance), signalait au journal El Periodico que les attaques contre les mineurs, qui souffrent des conséquences directes de la guerre, ont atteint des « proportions alarmantes » l'année dernière. Selon Fontaine, « au Soudan du Sud, au moins 19 000 enfants ont été recrutés dans des groupes armés depuis le début du conflit, il y a quatre ans, et en Somalie seulement cette année, il y a eu plus de 1 740 cas de recrutement d'enfants à des fins de guerre ».

À ces faits s'ajoute l'enrôlement de jeunes dans des organisations terroristes, où ils finissent par perdre toute identité pour commettre d'atroces violations des droits de l'Homme.

Ce phénomène s'étend également aux filles, qui représentent un attrait nouveau pour les groupes armés : elles sont forcées de devenir les épouses de terroristes ou de commettre des actes abominables.

Ajoutons à cela la perte de culture et d'identité dont souffrent ces enfants qui, en raison des conséquences des conflits, sont déplacés de leur foyer pour partir à la recherche d'un lieu d’accueil sûr, souvent dans un autre pays.

À l’arrivée dans un nouvel endroit débute une autre des tragédies qui marquent la stabilité émotionnelle des enfants. Beaucoup d'entre eux sont obligés de travailler même s’ils n’en ont pas l’âge. Cependant, travailler par nécessité n'est pas seulement une contrainte dans les pays où ils ont été forcés d'émigrer : souvent la guerre les oblige à travailler dans leur propre pays, car ils sont devenus orphelins et livrés à leur propre sort.

Toutes ces données et ces chiffres nous amènent invariablement à repenser le monde dans lequel nous vivons, dont nous sommes une partie active et une force mobilisatrice et transformatrice. Il nous faudrait sortir de la stupeur, de l'étonnement et de la tristesse qu'une telle situation peut provoquer et faire en sorte que tant de vies marquées par le malheur puissent récupérer le temps perdu et panser leurs plaies. •

Enfants touchés par les conflits :

1 enfant sur 6 vivait dans une zone de conflits en 2016

Amérique : 6 %

Afrique : 21 %

Europe : 7 %

Moyen-Orient : 39 %

Asie : 14 %

Au total, 16 % de la population enfantine au niveau mondial, soit 357 millions d’enfants

Pays où les enfants sont le plus touchés (2016)

 

Syrie

Afghanistan

Somalie

Yémen

Nigéria

Sud-Soudan

Irak

République démocratique du Congo

Soudan

République centrafricaine

source: http://fr.granma.cu/mundo/2018-11-14/le-cote-le-plus-obscur-de-la-guerre

Tag(s) : #Yemen

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