Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

 

Avec le projet de la nouvelle Constitution de la République, nous nous dirigeons incontestablement vers une étape supérieure de notre ordre social. Photo: Dunia Alvarez

LORSQUE j'avais six ou sept ans, une idée belle mais assez naïve me traversait l’esprit. Je croyais que tous les matins, au moment où je me levais pour aller à l'école, tous les enfants du monde en faisaient de même. À l'époque, je n'aurais jamais imaginé que ce qui pour moi était un acte normal et quotidien n'était qu'une utopie, un rêve inaccessible pour des millions d'enfants, et qu’alors que je ne sentais sur mes épaules que le poids des livres dans mon sac à dos, ces enfants portaient sur leurs épaules un fardeau qui n'était pas fait de lettres et de chiffres, mais de faim, de misère et de désespoir.

Il ne me fallut pas longtemps pour comprendre pourquoi ma réalité était si différente de la leur. L'essentiel était que j’étais née dans la Cuba de Fidel, de la Révolution et que le principe suprême de cette société selon lequel « la première loi de la République est le culte de la pleine dignité de l'être humain », qui nous a donné les droits indispensables au plein développement de l'être humain sur les plans individuel et social, dans le reste du monde était limité aux minorités les plus privilégiées.

Cette certitude avec laquelle nous naissons nous rend incontestablement privilégiés, notamment parce que le peuple cubain n'a jamais été un observateur passif, silencieux et inanimé, mais un décideur par excellence de son destin. C'est pourquoi, lorsque la Génération du Centenaire proposa l'alternative, le peuple fit basculer la balance du côté de la justice, et fit sien les arguments invoqués par la pensée visionnaire de Fidel face aux tyrans dans sa plaidoirie historique. Ce même plaidoyer qui allait devenir la plateforme programmatique de l'essence de la lutte, et où fut définie la vérité la plus absolue : les droits refusés au peuple doivent être revendiqués et portés à leur expression maximale. Tel était l’objectif le plus pressant des révolutionnaires. Il le fut après janvier 1959 et il constitue toujours la raison d'être de cette grande œuvre qu’est la Révolution.

CARACTÈRE HUMANISTE

Le caractère humaniste marqué de la Révolution cubaine fut évident dès ses débuts. La matérialisation du programme de la Moncada a montré que ceux qui ont mené à bien la dernière étape de nos luttes pour l'indépendance étaient cohérents avec chaque idée avancée avant la victoire.

Les lois radicales entrées en vigueur au début des années 1960, allaient ouvrir la voie à la réalisation d'objectifs plus ambitieux, visant l'égalité des chances et l'accès de tous à un éventail de services sans précédent dans l'histoire de Cuba. Si quelqu'un avait des doutes, l'épopée qui mit fin à l'analphabétisme démontra qu'aucun obstacle ne pouvait empêcher même le plus humble des Cubains d'être illuminé par le soleil levant de la dignité.

La profonde transformation associée au processus révolutionnaire donna naissance à un État de droits qui évolua avec la consolidation même du socialisme. La propriété sociale des moyens de production a permis la distribution équitable de la richesse et donc le rôle croissant du peuple dans la construction de son propre bien-être. Il y a toujours existé chez Fidel, et chez ceux qui, avec lui, ont mené la Révolution, la certitude que seul le peuple serait capable de renverser tout ce qui avait été acquis, ou de le rendre indestructible.

Mais une fois de plus l'Histoire a parlé, parce que l'être humain n'est jamais plus libre que lorsqu'il jouit de tous les droits qui donnent du sens à sa condition, si bien que les humbles pour et à travers lesquels l'œuvre est née, ont maintenu le cap, et sont devenus le pilier qui l’a préservée indemne jusqu'à aujourd'hui. Fidel a souvent parlé de cette relation de réciprocité, dans laquelle il est démontré qu'aucun sacrifice au nom de la plus haute égalité sociale ne se fait en vain.

« La Révolution réalise une tâche qui ennoblit l'Homme, qui le remplit de dignité et de ses meilleures valeurs. C'est précisément la Révolution, la Révolution qui cherche une société juste, un mode de vie supérieur, une société plus élevée, celle qui place les valeurs patriotiques et les valeurs humaines au plus haut niveau. Le droit de l'Homme d'acquérir une culture, une école, de travailler, de vivre. Le droit de l’être humain au vrai bonheur. »

Les réalisations extraordinaires de notre Île en matière de droits de l'Homme vont au-delà de la signature de traités internationaux ou du fait d'être un fier membre du Conseil qui, depuis l'Assemblée générale des Nations Unies, œuvre en faveur du respect de la Déclaration universelle adoptée à cet effet en 1948. Cuba a choisi de matérialiser les principes les plus élémentaires de la dignité de notre espèce, même dans les moments où le renoncement aurait été plus facile que la lutte intense. Mais il faut dire que ce n'est pas un peuple habitué à la facilité. Il l’a prouvé à maintes reprises.

LA MONCADA D’AUJOURD’HUI

C’est aujourd’hui que les générations qui n’ont pas pris les armes, qui n’ont pas combattu dans la Sierra et n’ont pas risqué pas leur vie dans la clandestinité vivent leur Moncada. Aujourd'hui, ils s’attaquent à l'avenir, ce qui implique une vision renouvelée sans perdre l'essence de notre système social, l'adaptation aux temps nouveaux avec la seule arme nécessaire : un patrimoine historique, moral et idéologique inébranlable.

Mais que personne ne s’y trompe : peu importe si 59 ans nous séparent de ce 1er Janvier 1959. Ce qui a été fait alors et ce qui se construit aujourd'hui partagent le même objectif : rendre la Révolution durable, pour sauvegarder avec elle l'une des plus belles pages de l'humanisme écrites de par le monde.

En ces temps de « coups d’État doux », de néolibéralisme exacerbé et d'incitation à la violence, se savoir Cubain implique aussi de se sentir dans le giron protecteur de la stabilité sociale, du dialogue comme base des transformations, du respect de la paix comme point de départ de la création du consensus, essentiellement lorsqu'il s'agit de la construction collective de la société dont nous rêvons.

Après avoir étudié la proposition de la nouvelle Constitution de la République et constaté la profondeur de l'analyse de nos députés, nous pouvons sentir que nous nous dirigeons invariablement vers une étape supérieure de notre ordre social et que, pour ce faire, il est essentiel de se doter d’une Constitution beaucoup plus avancée capable d’étayer ce bond en avant.

Je pense qu'avant même que le peuple ne procède à l’analyse du document, il n'y a pas de place pour le doute : les droits de l'Homme, qui par ailleurs constituent la bannière de la Révolution cubaine, demeurent intacts. Mieux encore, toute modification introduite à cet égard répond à l'intérêt évident d'élargir cet éventail de droits et de rendre notre société de plus en plus inclusive.

Cuba est et restera, par notre propre décision, la preuve que la pleine dignité humaine n'est pas une utopie. C'est un acquis tangible, mais elle n'est pas donnée, elle est conquise à force d'engagement et de sacrifice, de courage et de dévouement sans limites. Depuis la génération des pères fondateurs de notre nationalité, en passant par ceux qui n'ont pas laissé mourir l'Apôtre dans l'année de son centenaire, jusqu'à ceux qui sont nés après le triomphe, il y a suffisamment de témoignages à ce sujet.

Ce sentiment incomparable de se sentir protégés sous le manteau de la démocratie et du respect infini de la condition humaine, doit toujours nous accompagner, afin que la confusion et le désenchantement qui, malheureusement, affligent notre Amérique aujourd'hui et qui empêchent les peuples de voir clairement de quel côté est la justice, ne touchent le nôtre.

Pour ma part, j’aimerais que l'image qui m'a accompagné dans mon enfance continue d'exister. Je veux continuer à rêver de la possibilité que tous les enfants du monde puissent aller à l'école, et que le seul poids qu’ils portent sur leur dos soit celui des livres qui les rendront plus cultivés et donc plus libres. Mais d’ici là, alors que nous sommes engagés dans la bataille pour transformer ce rêve en réalité, j’aimerais qu'il ne cesse jamais d'exister dans ma patrie, où il constitue la réalité la plus pure.

Nous sommes engagés collectivement pour le présent et pour l'avenir, mais à notre manière, sans l'ingérence néfaste de ceux qui n'ont d'autre intérêt que d'éroder les fondements du socialisme cubain, que nous avons construit à partir de notre perspective et de nos expériences.

Nous sommes prêts à déployer des efforts encore plus grands, parce qu'en chacun de nous, primera toujours cette maxime de Fidel de loyauté : « … la Révolution, c’est l'instrument de l'éducation, de la culture, du sport, des valeurs humaines, des valeurs spirituelles. »

source:

http://fr.granma.cu/cuba/2018-08-09/revolution-soleil-de-dignite

 

Tag(s) : #cuba

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :