Turquie: éducation, droits de l'homme et relations internationales

Publié le par anonyme

Ankara, 19 juillet (PL) Le Ministre de l'Éducation, Ismet Yilmaz, a expliqué que le nouveau programme scolaire en Turquie exclura la théorie de l'évolution mais intégrera le concept de « jihad » dans le cadre de la loi islamique.


« Le devoir du Ministère de l'éducation est d'enseigner chaque concept à juste titre, de manière correcte, puis c'est également notre travail de corriger les choses qui se perçoivent ou s'enseignent de manière erronée », a-t-il assuré.

C'est dans ce sens qu'il a justifié la polémique décision d'exclure la théorie de l'évolution, soulignant que cette aptitude « est au dessus  du niveau des étudiants et n'est pas directement pertinente ».

Il a au contraire signalé que « le jihad est un élément de notre religion », et qu'il fera donc partie « des leçons sur la loi islamique et les sciences religieuses basiques ». Puis il a défini le concept en accord avec la doctrine musulmane établie par le prophète Mahomet. 

Pour le président de l'Union des Travailleurs de l'Éducation et la Science, Mehmet Balik, « ces changements vont dans la direction erronée et détruisent les principes séculiers et scientifiques dans l'éducation ».

En ce qui concerne les droits de l'homme dans ce pays, le commissaire de ces derniers au Conseil de l'Europe, Nils Muiznieks, a critiqué la décision de la justice turque d'emprisonner six activistes, dont deux étrangers, accusés de terrorisme.

Dans un message publié sur son compte du réseau social Facebook, Muiznieks a rappelé que « les personnes concernées, qui ont été détenues alors qu'elles participaient à un séminaire sur la sécurité digitale et la gestion de l'information, font maintenant face à des accusations infondées d'aide à une organisation terroriste ».

Le 5 juillet dernier, sur l'île de Büyükada, à Istanbul, la police a arrêté 10 militants des droits de l'homme alors qu'ils réalisaient une formation. Parmi eux se trouvaient des membres de la Coalition des Femmes, la directrice d’Amnistie Internationale en Turquie, ainsi que des membres des associations pour l'Agenda des Droits de l'Homme et du Contrôle de l'Égalité des Droits.

La Cour d'Istanbul a ordonné l'admission en prison de six d'entre-eux, et la liberté conditionnelle pour les quatre autres, selon les charges d'« appartenance à une organisation terroriste armée et réunion illégale ».

Pour le commissaire européen, « la persécution pénale des militants pour les droits de l'homme en vertu de tels arguments représente une violation flagrante de la liberté d'association et d'expression protégée par la Convention Européenne des Droits de l'Homme ».

Sur la scène internationale, la Turquie a de nouveau insisté sur son opposition catégorique au fait que le Gouvernement Régional Kurde (KRG) du nord de l'Irak réalise un référendum au sujet de son indépendance.

Après que certains médias aient interprété un changement de posture, le porte-parole de la Chancellerie turque, Hüseyin Müftüoglu, a considéré ces informations comme « complétement infondées » et qu'elles paraissaient diffuser l'idée selon laquelle la « Turquie reconnaitrait l'indépendance du KRG sous certaines conditions ».

Müftüoglu a rappelé le fait que le « gouvernement turc est opposé à la décision du KRG de mener à bien un référendum sur l'indépendance » et qu'il n'existait « aucun changement de position à ce sujet ».

« Ankara défend le maintien de l'intégrité territoriale et de l'unité de l'Irak, qui sont des principes irrévocables de notre politique extérieure », a-t-il souligné.

La Turquie considère qu'un scrutin sur l'indépendance serait « une grave erreur et serait suivi de conséquences indésirables pour la paix et la sécurité régionales ».

Par ailleurs, et selon le quotidien pro-gouvernemental Yeni Safak, les Forces Armées de Turquie ont envoyé leur troisième contingent au Qatar.

Les troupes participeront à des manœuvres conjointes avec l'armée du pays arabe. Selon ces mêmes sources, les exercices militaires ont pour objectif de développer des plans pour lutter contre le terrorisme et élaborer des opérations de maintien de la paix.

Depuis le début de la crise diplomatique entre des pays du golfe et le Qatar, Ankara a ouvertement soutenu ce dernier et a demandé à l'Arabie Saoudite de mettre fin aux sanctions. Le Parlement de Turquie a également ratifié deux accords qui permettent le déploiement de plus de troupes au Qatar et de mener à bien des programmes de formation supplémentaires pour l'armée de ce pays.

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source: https://frances.prensa-latina.cu/index.php?option=com_content&view=article&id=880351:&opcion=pl-ver-noticia&catid=49

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