Plus de 50 ans après : le blocus s’intensifie ?

Publié le par anonyme

QUELLES que soient les administrations républicaines ou démocrates, au cours des 54 dernières années une question a toujours figuré à l’agenda du président en exercice concernant ses relations avec Cuba : le blocus économique, commercial et financier.

Même si le blocus est souvent considéré comme une disposition unique et abstraite, il s’agit en réalité d’un vaste corps législatif qui réglemente toute une série de sanctions contre Cuba.

À cet égard, les Réglementations relatives au contrôle des avoirs cubains (CARC) du Département du Trésor des États-Unis, constituent l’ensemble le plus important des mesures économiques, commerciales et financières découlant du blocus exercé contre notre pays.

RÉGLEMENTATIONS RELATIVES AU CONTRÔLE DES AVOIRS CUBAINS

Elles stipulent que ce régime est applicable à toutes les opérations commerciales et financières avec l’Île, y compris celles impliquant tous les citoyens des États-Unis et les personnes naturelles et juridiques résidant de manière permanente dans ce pays.

De même, elles prévoient le gel de tous les avoirs cubains aux États-Unis ; l’interdiction des importations cubaines vers ce pays, ainsi que de toutes les transactions financières et commerciales en dollars nord-américains par le gouvernement cubain, sauf en cas d’autorisation spéciale, approuvée par une licence. Il est également interdit à toute personne physique ou morale des États-Unis ou de pays tiers de faire des transactions avec Cuba ou ses citoyens en dollars étasuniens.

Depuis lors, les préjudices économiques causés par le blocus États-Unis au peuple cubain se montent à 753 688 000 000 dollars. Ceci se traduit notamment par des dommages dans les domaines de la santé, l’éducation, le sport, la culture et d’autres sphères stratégiques pour le développement intégral du pays.

LES CACR APRÈS LE 17/12

Après le 17 décembre 2014, le président des États-Unis de l’époque, Barack Obama, a reconnu l’échec de la politique traditionnelle de son pays vis-à-vis de Cuba.

À partir de cette date, il a annoncé une série de mesures exécutives visant à modifier certains aspects du blocus, dont les CACR.

Dans la sphère des voyages, les visites de citoyens étasuniens à Cuba ont été autorisées dans 12 catégories établies par la loi, ainsi que les voyages éducatifs « de peuple à peuple », à titre individuel, et il a été décidé du rétablissement des vols réguliers entre les deux pays. Cependant, les citoyens nord-américains ne peuvent toujours pas voyager librement à Cuba, conformément à la loi de ce pays.

Du point de vue financier, l’utilisation du dollar des États-Unis dans les transactions internationales de Cuba a été autorisée (à ce jour cette mesure n’a pas pu être matérialisée et l’Île continue de faire l’objet d’une traque financière), de même que l’octroi de crédits par les banques étasuniennes aux importateurs cubains des produits étasuniens autorisés.

Cependant, les banques étasuniennes et étrangères craignent, compte tenu du climat de peur que font régner les lourdes amendes imposées à plusieurs d’entre elles, d’engager des opérations avec Cuba, bien que celles-ci soient devenues légales, ce qui annule complètement l’effet de cette mesure dans la pratique. Par ailleurs, Cuba ne peut toujours pas ouvrir des comptes de correspondants dans des banques étasuniennes.

Ceci empêche l’établissement de relations bancaires directes entre les deux pays et renchérit les opérations commerciales.

Dans le domaine commercial, les communications et le secteur non étatique de l’économie ont été favorisés, conformément à la politique de « soft power » prônée par le président Obama visant à promouvoir la subversion pour renverser le socialisme dans l’Île.

En général, les mesures adoptées par l’administration Obama ont confirmé que le président des États-Unis pouvait faire usage de ses prérogatives exécutives pour franchir des pas et modifier substantiellement l’application du blocus, sans avoir recours au Congrès.

Mais toutes ces mesures ont été insuffisantes et ont eu une portée limitée, car de nombreuses restrictions et obstacles importants ont empêché leur mise en application efficace et les progrès qui auraient pu être réalisés dans les sphères économique et commerciale.

LES CACR APRÈS L’ÉLECTION DE DONALD TRUMP

L’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis a suscité une polémique et une incertitude énormes à l’échelle mondiale.

La politique de ce pays vis-à-vis de Cuba n’échappe pas à cette réalité. Le 16 juin dernier, Trump a annoncé un changement dans la politique de son gouvernement envers l’Île, politique qui entrera en vigueur dans les prochains mois.

Il faut s’attendre à ce que ces mesures contrastent avec celles adoptées précédemment par Barack Obama, autrement dit à une réactivation des articles des CACR et des restrictions du Département du Trésor contre Cuba.

Dans ce contexte, les modifications introduites impliqueraient un retour en arrière dans le processus de normalisation des relations entre Cuba et les États-Unis, car elles limiteraient les voyages des Étasuniens à Cuba et les relations commerciales et financières entre les entreprises des deux pays.

*Étudiants de l’Institut supérieur des Relations internationales « Raul Roa Garcia »

source: http://fr.granma.cu/cuba/2017-07-13/plus-de-50-ans-apres-le-blocus-sintensifie

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