Cinq raisons pour lesquelles Trump n’est pas le bienvenu en Belgique

Publié le par anonyme

Le 25 mai, le président Trump participera en Belgique à un sommet de l’Otan. Le Premier ministre Charles Michel a réagi avec enthousiasme, mais plusieurs milliers de personnes ont déjà exprimé leur intérêt pour une grande marche de protestation lancée sur Facebook.

 

Dans le journal télévisé de la VRT, le Premier ministre Charles Michel a réagi en disant qu’il estimait « positive » la visite de Trump en Belgique, « parce qu’elle confirme notre rôle international ». Interpellé par le député PTB Marco Van Hees, le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders a confirmé que le gouvernement trouvait positif cet événement.

Pourtant, plusieurs milliers de Belges ne sont pas d’accord. D’ailleurs, ils sont nombreux à avoir témoigné de l’intérêt pour une grande marche de protestation contre Trump, le 24 mai. Voici cinq bonnes raisons pour lesquelles Trump n’est décidément pas le bienvenu chez nous.

1. Un gouvernement du 1 %

Le milliardaire Trump et son gouvernement ne représentent que l’establishment. Le gouvernement est presque exclusivement constitué de personnes qui font partie du 1 % les plus riches : des CEO, de gros banquiers et des généraux. Dans The Nation, la journaliste Naomi Klein écrivait à ce propos : « Ils suppriment désormais les intermédiaires et font ce que font tous les patrons quand ils veulent que les choses soient bien faites : ils les font eux-mêmes. Exxon comme ministre des Affaires étrangères. Hardee comme ministre de l’Emploi. General Dynamics comme ministre de la Défense. Et les types de Goldman Sachs pour à peu près tout ce le reste. Après avoir démantelé et privatisé l’État pendant des décennies, ils vont désormais se charger eux-mêmes du gouvernement. L’ultime limite du néolibéralisme. »

Ils mèneront naturellement une politique au profit de leurs propres intérêts, contre ceux des 99 %. Quel signal entend envoyer notre Premier ministre en accueillant ainsi à bras ouverts le chef d’un gouvernement de milliardaires qui ne pensent qu’à se servir ?

2. Une politique guerrière

Avec Trump au pouvoir, le danger de guerre s’accroît. Bien que les Américains consacrent près de 600 milliards de dollars à leur armée, soit 54 % du budget total de l’État, Trump compte investir de 500 à 1000 milliards en plus. Qui plus est, il attend des États membres de l’Otan, comme la Belgique, qu’ils augmentent fortement eux aussi leurs dépenses militaires. La militarisation que Trump vise a deux objectifs.

Primo, il veut être en mesure de pouvoir dominer le principal concurrent économique des États-Unis, la Chine. Trump a déjà annoncé à plusieurs reprises qu’il voulait lancer une guerre commerciale contre la Chine. Ce genre de guerre risque de dégénérer en une vraie guerre, d’où le fait que Trump entend désormais armer les États-Unis de pied en cap. Le conseiller personnel de Trump, Steve Bannon, a déjà laissé entendre que, d’ici cinq à dix ans, les États-Unis pourraient entrer en guerre contre la Chine. Le gouvernement belge doit refuser toute collaboration militaire avec un gouvernement qui flirte aussi ouvertement avec une nouvelle guerre mondiale.

Secundo, Trump et les généraux de son gouvernement vont mener une nouvelle guerre au Moyen-Orient afin de s’emparer des gisements pétroliers aux mains de Daech. Le gouvernement belge devrait rejeter cet aventurisme militaire et certes pas se laisser entraîner dans la très dispendieuse course aux armements de l’Otan.

3. Le climat en danger

Trump et son gouvernement veulent sacrifier le climat pour les profits du big business. Dans le passé, Trump avait déjà déclaré qu’il « ne croyait pas » dans le changement climatique et il avait promis de retirer les États-Unis de l’accord climatique conclu l’an dernier lors de la COP21 à Paris. Un peu plus tard, il avait nuancé ses propos dans les médias, mais il a quand même désigné des négationnistes du changement climatique à la tête des secteurs politiques de l’environnement et de l’énergie. Pour satisfaire aux grandes industries, Trump veut supprimer toute une série de réglementations de protection environnementale imposées aux entreprises. Avec, entre autres, l’ancien CEO du géant de l’énergie fossile ExxonMobil dans son gouvernement, le message est clair. Leurs bénéfices passant avant la protection de la planète, notre climat va continuer à se dérégler, avec la montée du niveau des mers et des conditions météorologiques extrêmes comme conséquences. En Belgique aussi, cela aurait des retombées graves et notre gouvernement, au minimum, devrait s’employer à faire respecter l’accord de Paris.

4. En guerre contre les femmes

En deux temps trois mouvements, Trump a remonté de plusieurs décennies dans le temps, sur le plan des droits des femmes. Durant la première semaine de sa présidence, entouré d’hommes en costume cravate, Trump a signé une loi qui interdit que l’argent de l’État fédéral aille à des associations et ONG qui appliquent l’avortement ou qui diffusent des informations sur le sujet. Le secrétaire d’État Alexander De Croo (Open Vld) s’est alors rangé derrière une initiative hollandaise proposant d’aider les ONG qui perdraient leur soutien financier en raison de cette loi. Mais, maintenant que le président Trump veut venir prendre le café chez nous, les libéraux du gouvernement belge préfèrent ne pas s’obstiner. Une occasion manquée, donc, de montrer clairement qu’il est intolérable que l’on fasse marche arrière dans les acquis des droits des femmes.

5. Un gouvernement de haine et de division

Le gouvernement belge doit également condamner avec vigueur le « Muslim Ban » du gouvernement américain. Cette mesure empêche les citoyens de sept pays arabes de se rendre aux États-Unis. L’introduction de la mesure a tout de suite provoqué le chaos dans de nombreux aéroports internationaux. Des compagnies aériennes comme la KLM, EgyptAir et Qatar Airways ont refusé de transporter des passagers de ces sept pays. Des dizaines de personnes ont été arrêtées arbitrairement dans des aéroports américains, bien qu’elles aient généralement disposé d’un visa. Il est ahurissant que le gouvernement américain discrimine des citoyens parce qu’ils sont originaires d’un certain pays. En faisant passer tous les habitants de ces pays pour des terroristes, Trump attise le racisme et la division au sein de sa population et il prépare de façon idéale les esprits à une nouvelle guerre au Moyen-Orient. Le gouvernement belge doit plaider en faveur de l’abandon de cette mesure dangereuse et raciste, à l’instar des très nombreux juristes et experts des droits de l’Homme qui l’ont déjà fait dans le monde entier.

 

« Trump en Belgique : Marche de protestation le 24 mai »
 
Avec cette marche de protestation, les organisateurs entendent prendre position contre le « gouvernement de milliardaires de Trump » : « Cette marche revendique la paix ete l'opposition aux aventures militaires, la sauvegarde de notre planète et de son environnement, la défense des droits humains de toutes et de tous, le combat contre le sexisme, racisme et les discriminations », peut-on lire sur la page de l’événement.
source: http://chengetheworld.be/fr/articles/cinq-raisons-pour-lesquelles-trump-nest-pas-le-bienvenu-en-belgique

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