Discours de Clôture du Secrétaire General de la FSM, Giorgos Mavrikos, lors du 17e congrès syndical mondial – durban

Publié le par anonyme

19 Oct 2016

 

Chers amis et collègues,
Je tiens avant tout à vous remercier pour la confiance que vous avez montrée envers moi par ma réélection au poste du Secrétaire General. De la part de PAME et du mouvement syndical de classe de Grèce, nous vous remercions du soutien que vous offrez pour encore une fois. Ma réélection me rend encore plus conscient de ma grand responsabilité envers vous et je m’engage à faire de mon mieux, à employer toute mon énergie dans la lutte du renforcement de la FSM et celle de l’émancipation de la classe ouvrière mondiale.
Chers frères et sœurs,
Dès mon élection en 2005 au poste du SG, j’ai toujours essayé d’entretenir avec vous une relation de camaraderie et de sincérité, directe et claire. Aujourd’hui je veux faire le même, en vous informant que ce mandat sera mon dernier mandat au poste du Secrétaire General à la FSM. Lors de notre prochain congrès, nous élirons un camarade plus jeune, selon les critères appropriés. Dans la famille de la FSM, nous y avons des militants compétents, remarquables et dévoués à notre cause. Nous choisiront collectivement un tel militant et nous lui confierons la direction de notre Organisations pour les années suivantes.
C’est notre devoir et obligation de faciliter en actes concrets, non en paroles, la promotion de nouveaux cadres. Et en même temps, savoir et se rendre compte du moment où il doit se retirer, c’est une capacité importante pour chaque dirigeant. Un dirigeant du mouvement syndical de classe doit se retirer et ne pas être renvoyé. Il doit partir au bon moment et donner sa place à des personnes plus jeunes. Notre mouvement compte plusieurs cadres compétents. Personne n’est irremplaçable. Les irremplaçables n’existent qu’aux cimetières.
Chers collègues,
Laissez-moi remercier tous ceux qui ont travaillé dur, hors des feux de la rampe, pendant environ une année pour l’organisation de ce congrès. Remercier nos camarades Sud-Africains, Zola, Lucien, Loulamile, Zanele, Schumbuzo, Ntombi, Louphert et bien d’autres, ainsi que le personnel des Offices Centraux d’Athènes, les traducteurs, les chauffeurs, les journalistes qui sont ici aujourd’hui et le personnel de l’ICC et des hôtels qui nous hébergent. De la part de tous les délégués et les observateurs, nous leur exprimons notre appréciation et notre amour.
En ce moment, permettez-moi de procéder aux conclusions du Congrès.
Première Conclusion: Nous avons réalisé un Congrès ouvert, démocratique, de classe, et internationaliste∙ un congrès qui convient à l’histoire de 71 ans de la FSM, et qui la reflète. 112 orateurs de 103 pays ont pris la parole. Ils ont parlé librement. Ils ont faits leurs propositions, leur critique, quelques-uns ont fait même leur autocritique. L’autocritique est d’une valeur très importante, parce qu’elle est un indicateur de courage, et avec l’émulation et la critique, elle fait partie des instruments principaux pour l’amélioration d’un militant.
Nos séances pendant tous les jours étaient ouvertes à tous les Médias, à tous les observateurs et les invités. La direction du Congrès et le fonctionnement de tous les comités étaient de bon niveau.
Hier nous avons voté à bulletin secret que l’Autorité Indépendante IEC a organisé et nous avons élu le Secrétaire General. Nous avons voté démocratiquement et librement il y a une heure et nous avons élu le camarade Mzwandile Makwayiba au poste du nouveau Président. Son élection est encore un pas en avant pour notre organisation, tout en soulignant la priorité que nous accordons au continent africain et à l’effort du renforcement du mouvement syndicale. De plus, dans environs une heure, un deuxième vote à bulletin secret sera organisée par l’Autorité Indépendante de l’Afrique du Sud, pour élire le nouveau Conseil Présidentiel et le nouveau Comité du Contrôle Financier.
Tout à l’heure, nous avons voté tous ensemble le nouveau Programme d’action, la Plateforme 2016-2020, laquelle à été présentée par le camarade Swadesh Devroye de la part du Comité de décision. Une décision qui est à la fois ambitieuse et réaliste∙ actuelle et nécessaire. Une décision qui constitue le résultat aussi bien de nos propositions avant le congrès, que des discussions réalisées ici, pendant notre Congrès.
Cette image que réaffirme-t-elle?
Le caractère démocratique, ouvert, unificateur de notre Congrès.
Deuxième conclusion de notre Congrès:
Des nouveaux devoirs organisationnels pour tout le monde. Des responsabilités encore plus grandes pour nos cadres. Des devoirs plus élevés, des demandes plus sérieuses pour que le mouvement syndical de classe se renforce encore plus organisationnellement. Parce que seulement un mouvement organisationnellement plus solide, massif et militant peut défendre efficacement et avec succès ses membres et l’ensemble des travailleurs.
Alors dans le niveau organisationnel nous nous engageons à:
– Nouveaux membres à la FSM
– Nouveaux secteurs à nos OIS
– Nouveaux pays et régions dans nos rangs.
Nous venons d’approuver les trois nouveaux syndicats de Russie, de l’ Angola et des États-Unis. L’adhésion de ces syndicats importants est très significative pour l’histoire de la FSM, mais surtout elle ouvre des nouvelles voies pour le présent et l’avenir.
Nous décidons donc, tous ensemble, ici aujourd’hui et nous votons en faveur tous à l’unanimité la décision d’essayer afin d’avoir, jusqu’à notre 18e Congrès, 100 millions de membres dans nos rangs. Travaillons tous avec un plan d’action, avec contrôle, pour atteindre ce but. Nous avons la possibilité de l’atteindre.
Nous ciblons au renforcement du mouvement syndical à la base. Dans les lieux de travail, dans les multinationales, dans tous les secteurs, toutes les régions, tous les pays et tous les coins du monde.
Nous avons besoin des syndicats vifs à la base, des syndicats massifs, qui peuvent unir les travailleurs contre l’exploitation et la bourgeoisie. Nous nécessitons des syndicats de base qui seront des vraies écoles pour les travailleurs, qui leurs enseignent tout concernant la lutte des classes et les combats. Nous nécessitons des syndicats qui peuvent travailler largement dans les masses et qui ne sont pas des clubs fermés, réservés aux bureaucrates ou aux petites élites, mais aux écoles ouvertes et militantes.
J’insiste sur le domaine organisationnel parce que je veux aussi souligner la nécessité d’améliorer le fonctionnement du Conseil présidentiel et du Secrétariat. Les réunions doivent être essentielles, concrètes, avec un sujet précis, afin d’éviter les généralisations creuses et les simples descriptions des problèmes. Nous ne sommes pas des écrivains, pour décrire les images que nous rencontrons dans nos pays et dans nos secteurs. Nous sommes des cadres, des dirigeants dont le devoir c’est de rallier des forces et d’organiser des luttes des classes pour changer le monde∙ pour le rendre socialement juste.
Les mêmes obligations concernent aussi nos bureaux régionaux et nos OIS. Beaucoup de discours qui ont fait référence au rôle de nos organisations sectorielles ont apporté des exemples utiles et corrects. Tous ont partagé l’avis que dans les conditions contemporaines avec les multinationales, les cartels, les fusions des entreprises et les privatisations, le rôle des OIS se renforce encore plus. Cela signifie que plus d’aide, attention et soin sont nécessaires.
Les femmes qui ont pris la parole, les personnes jeunes et les immigrants ont présenté très vivement le besoin organisationnel du renforcement et du fonctionnement des Secrétariats respectifs. Les femmes et la jeunesse qui travaillent, les migrants et les réfugiés ont raison d’avoir des attentes élevées de la part de la FSM.
Nous proposons aussi la mise en place d’un Comité des Juristes et des Scientifiques Spécialisés qui défendront les syndicats et les travailleurs en difficulté.
En outre, nous sommes tous d’accord et nous appelons le nouveau Secrétariat à étudier et apporter une proposition bien documentée pour la mise en place des nouvelles OIS et des nouveaux Bureaux Régionaux. À partir d’aujourd’hui nous approuvons la création d’un Bureau de la FSM pour la Région d’Eurasie ayant comme siège la Moscou.
La troisième conclusion qui ressort de notre Congrès et des plusieurs discours, c’est la nécessité du renforcement de nos syndicats au niveau idéologique et politique. Nous n’agissons pas dans une ambiance stérile. Nous vivons et luttons entourés des amies, des opposants et des ennemies. Alors, au sein de nos Organisations et de nos Directions, il faut avoir une connaissance très claire de qui nous sommes et où nous allons.
Nous avons donc raison de lutter pour de meilleurs salaires. Nous avons raison de faire la grève contre les privatisations, de demander des conventions collectives, des conditions d’hygiène et de sécurité, l’éducation publique et gratuite, la santé, un environnement plus sain. Tout cela est inclut dans notre rôle principal. Nous devons continuer à jouer ce rôle.
Mais en même temps, en tant que mouvement syndical de classe – en même temps, j’insiste,- nous devons radicaliser nos demandes. Nous devons améliorer le contenu et les formes de notre lutte, ayant comme objectif immédiat l’émancipation de la classe ouvrière de l’exploitation capitaliste. Pour que la classe ouvrière devienne la classe pionnière et dirigeante et accomplisse son objectif stratégique.
L’art ici c’est la lutte combinée pour les problèmes quotidiens, pour les besoins quotidiennes contemporaines de chaque famille ouvrière, et en même temps, la lutte qui élèvera le niveau de conscience des couches populaires qui ne supporteront plus vivre dans la situation odieuse de l’exploitation.
Alors si quelques-uns disent « aujourd’hui, je lutterai pour les salaires, et le mois prochain, je lutterai pour élever le niveau de conscience des masses », ils se trompent lourdement.
Nous ne pouvons pas ce mois-ci lutter contre les privatisations de la mine, et l’année prochaine lutter pour convaincre les ouvriers que la richesse leur appartient.
Nous ne pouvons pas, cette année-ci, lutter pour les conventions collectives et après, l’année prochaine, dire que nous allons lutter pour l’émancipation. Il n’ya pas de lutte des classes dans des boîtes stériles.
Nos instruments principaux pour le renforcement de notre cible idéologique ce sont l’Internationalisme, l’Unité de notre classe et notre Orientation Militante. Nous croyons que presque tous les discours ont soutenu et ont enrichi ce que nous avons mentionné concernant ces sujets lors de notre contribution. Nous sommes donc d’accord et nous avançons.
Ici nous soulignons que notre bon et clair niveau idéologique et politique va nous aider à notre confrontation avec la bourgeoisie internationale et ses instruments, ses marionnettes au sein des Médias et des dirigeants syndicaux.
Les Capitalistes aujourd’hui sont mieux regroupés au sein de leurs propres organisations, ils ont des mécanismes puissants partout, ils contrôlent presque toutes les Organisations Internationales, ils exacerbent leur agressivité contre les syndicats et les militants du mouvement syndical.
Pour faire face d’une manière efficace à l’attaque des employeurs, nous devons disposer des connaissances théoriques et idéologiques. Ainsi, avec la puissance organisationnelle, nous serons capables de nous défendre et contre-attaquer avec succès∙ au bon endroit et au bon moment.
La quatrième conclusion:
Nous devons croire en notre puissance, en la puissance et la supériorité du mouvement syndicale des classes sur la tactique des syndicats jaunes. Les syndicats jaunes constituent une menace pour le mouvement syndical parce qu’en réalité ils séparent la classe ouvrière, ils soutiennent le grand capital, ils soutiennent les multinationales et les monopoles. Ils sont les alliés et les marionnettes de l’impérialisme. Les syndicats jaunes ont d’importants ressources économiques et corrompent des syndicalistes, ils rachètent leurs consciences.
Nous, la famille de la FSM, nous devons convaincre la nouvelle génération que la lutte vaut la peine. Nous devons devenir l’exemple positif pour que le mouvement syndicaliste regagne son prestige. Seulement les militants avec une orientation des classes peuvent assumer la responsabilité d’apporter de nouveau des amples masses populaires dans les rangs des syndicats.
Nous avons de la Supériorité Morale, Idéologique et Politique sur les dirigeants du syndicalisme jaune.
Nous avons de la Supériorité Morale, Idéologique et Politique en ce qui concerne nos cadres.
Nous avons des cadres qui ne peuvent pas être rachetés même avec tous les diamants de la terre africaine. Nous ne vendons pas notre idéologie. Nous ne vendons pas notre Histoire. Nous ne vendons pas notre Classe.
Je peux voir ici, devant moi, le camarade Nasario du Pérou. Combien des chantages a-t-il reçu en Juin à Genève afin de retirer la dénonciation de la FSM contre le gouvernement du Chili! Les ambassades du Pérou et du Chili le menaçaient, à minuit plein, et des Ministres, des bureaucrates et des syndicalistes jaunes faisaient le même! Nasario n’a pas cédé. Je suis à la FSM, leur disait-il avec fierté.
Bravo Nasario. Félicitations. Nous te remercions pour la leçon que tu leur as donnée par ton comportement.
Là-bas, dans l’autre coin, il se trouve Émile Olsen du Danemark. Il a été renvoyé des comités de son syndicat parce qu’il est à la FSM. Ils lui ont demandé de quitter la FSM pour ne pas perdre son travail. Il est resté à la FSM. Il a perdu son travail mais il a gagné du prestige et du respect dans les secteurs des constructeurs au Danemark où il est considéré comme un vrai leader par les travailleurs.
Tels sont nos cadres. Tel est notre trésor. Telle est la réponse en actes de la part de la FSM envers ces syndicalistes compromis qui prétendent être nos amis en nous disant: « Nous soutenons profondément la FSM mais… « . Compromis, vous vous mentez! Vous essayez de vous moquer même de vous-mêmes.
Votre cœur et votre poche est avec les dirigeants du syndicalisme jaune.
Je conclus chers camarades en vous appelant à propager largement dans les masses le message et les décisions de notre Congrès. À lutter tous ensemble pour la mise en œuvre des décisions. Nous devons mettre en lumière la valeur et la nécessité des luttes dans le monde contemporain. Défendre par tous les moyens le droit sacré de la Grève.
De cette manière, nous deviendrons de dignes successeurs de l’histoire glorieuse de 71 années de la FSM. Et il faut dire aux travailleurs que quand nous faisons référence à l’Histoire et aux Luttes de la FSM, nous ne le faisons pas par nostalgie. Nous le faisons pour profiter des leçons positives et négatives, pour construire le mouvement syndical des classes de l’avenir. Et sans le passé on ne peut pas construire l’aujourd’hui et le demain.
Nous honorons donc notre histoire.
Nous honorons les martyres des luttes.
Nous gardons les deux pieds sur terre et nous regardons à l’avenir.
Et nous tous, engageons-nous de contribuer par notre action, et inscrire nos noms dans les nouvelles, contemporaines et militantes pages de l’Histoire de la FSM.
Vive la Classe Ouvrière du continent africain!
Vive l’Internationalisme et la Solidarité!
Vive la Classe Ouvrière Mondiale!

 
source: http://www.wftucentral.org/discours-de-cloture-du-secretaire-general-de-la-fsm-giorgos-mavrikos-lors-du-17e-congres-syndical-mondial-durban/?lang=fr

Publié dans syndicat, monde

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