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Côte d’Ivoire : après la libération de 61 étudiants, il faut en finir avec la répression en milieu universitaire

le 03 août 2016

Le 18 juillet, au cours du sixième jour d’une grève nationale étudiante en Côte d’Ivoire appelée par les organisations FESCI et COEECI, de violents affrontements avec la police ont provoqué plusieurs blessés dans le campus de Cocody. Du gaz lacrymogène a été utilisé contre les étudiants en débrayage. Des interpellations d’étudiants ont eu lieu dans tous les campus du pays, provoquant 61 arrestations dont 14 délégués syndicaux. Le 26 juillet, à la veille du procès qui devait se tenir à huis-clos, l’ensemble des étudiants a été libéré.

Après la renonciation du gouvernement ivoirien au projet de déplacement des résidents des Cité-U pour les Jeux de la Francophonie 2017, la libération des 61 détenus avant même leur procès marque une nouvelle victoire de la mobilisation étudiante. Pourtant, à travers cette vague d’arrestations et d’interventions policières sur les campus, le gouvernement a réussi à briser la grève étudiante. La guerre aux associations étudiantes reste toujours ouverte en Côte d’Ivoire avec la complicité des pouvoirs politique, militaire et judiciaire. Un membre du gouvernement a récemment déclaré qu’il n’est pas nécessaire de fournir des preuves pour justifier la détention d’un étudiant après son interpellation. Les autorités ivoiriennes sont derrière le retour de la violence dans les campus, par la persistance de la culture de l’impunité et par le refus de garantir les libertés démocratiques en milieu universitaire.

L’Union des Etudiants Communistes salue la libération des 61 étudiants grévistes et réaffirme une fois de plus sa solidarité avec les associations étudiantes ivoiriennes qui luttent pour de meilleures conditions d’étude et pour la démocratie en milieu universitaire. Nous soutenons la grève nationale étudiante et la plateforme revendicative qui avait été avancée, réclamant plus de sécurité dans les conditions de formation et plus d’infrastructures pédagogiques (nouveaux amphis et laboratoires). Nous dénonçons toutes les pratiques mises en place par le gouvernement pour faire taire la colère estudiantine et mettre les associations les unes contre les autres (radiations, suspensions des activités, interventions policières, arrestations...). Après la libération récente du secrétaire général de la FESCI Assi Fulgence Assi, nous réclamons la libération et la réintégration de tous les autres étudiants prisonniers politiques, parmi lesquels figurent encore Berté Seydou (secrétaire général de l’AGEECI) et David Semba (président de la Coordination des indignés de Côte d’Ivoire).

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Tag(s) : #UEC, #afrique

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